Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

10962 Billets

0 Édition

Billet de blog 5 janv. 2021

Les français sont majoritairement anticapitalistes

On parle souvent d’un âge d’or de la conscience de classe, dans les années 60-70, avec mai 68 puis la campagne de Mitterand, mais c’est une illusion. Durant cette période, les Français adhéraient par exemple nettement moins que maintenant à l’idée d’une lutte des classes. Ils n’étaient que 44% à décrire la société en ces termes, contre plus de 60% depuis le début des années 2010.

Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Source: Frustration

On lit et on entend souvent, sur les réseaux sociaux comme ailleurs, que « Les Français » seraient des « moutons », qui s’entassent dans les hypermarchés et n’auraient aucun sens de la révolte. Nous serions majoritairement soumis à la pensée capitaliste et néolibérale, séduits par ses atouts supposés. En réalité, si l’on regarde les grands sondages sur la question depuis une décennie, rien n’est plus faux ! Les français sont au contraire de plus en plus anticapitalistes. C’est d’ailleurs pour cela que l’on n’en entend pas plus parler.

Le capitalisme ne séduit plus la majorité des habitants de la planète, selon la dernière étude d’un des plus grands cabinets de relations publiques du monde, Edelman : 56% des sondés de tous pays estiment que le capitalisme fait plus de mal que de bien.

Dans une étude publiée en décembre et portant sur des jeunes français de moins de 30 ans, l’institut de sondage Ipsos pour l’Humanité décrit un sentiment hostile à l’égard du capitalisme pour 60% d’entre eux. Encore plus réjouissant, 83% des jeunes Français, toujours selon Ipsos, estiment que la lutte des classes est une réalité. Et encore plus intéressant, 75% d’entre eux pensent que c’est aux salariés, aux travailleurs, de “décider des choix de leur entreprise”. Les jeunes français sont bel et bien anticapitalistes, puisque le principe premier de ce système est la division entre capital et travail.

L’écologie participe certainement de ce sentiment anticapitaliste montant, tout comme les injustices sociales grandissantes. Un sondage BVA pour Greenpeace France montrait, en juin dernier, qu’une écrasante majorité des Français jugent le capitalisme incompatible avec la préservation de l’environnement.

On parle souvent d’un âge d’or de la conscience de classe, dans les années 60-70, avec les barricades de mai 68 puis la campagne de Mitterand, mais c’est une illusion. Durant cette période, les Français adhéraient par exemple nettement moins que maintenant à l’idée d’une lutte des classes. Ils n’étaient que 44% à décrire la société en ces termes, contre plus de 60% depuis le début des années 2010.  

Il est clair qu’il n’y a plus grand-chose à espérer du capitalisme, et que chaque crise montre que ce système ne survit que parce qu’il est sous perfusion du contribuable. Nos impôts financent les dividendes et les salaires des grands patrons. La fragilité du système et son coût est visible par tout le monde !

En 2021 donc, nous pourrons compter les uns sur les autres pour ne plus rêver des perspectives d’un système économique qui nous étouffe. Et nous pourrons donc penser à la société démocratique, écologique et prospère, pour toutes et tous, que nous voulons.

Sur notre site, vous trouverez quelques pistes de réflexion et d’action :

–        Nos 7 grandes propositions pour changer la société

–        Une proposition détaillée pour instaurer l’entreprise collective, ou comment rendre l’économie à celles et ceux qui bossent

–        Un entretien sur la Sécurité sociale de l’alimentation, projet très fort pour donner le droit à tous de manger sainement

–       D’autres propositions sur l’agriculture et l’alimentation

Tous les jours un outil unique au service des acteurs de l’émancipation. Cliquez sur le logo

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Europe
L’« année zéro » de la diplomatie allemande
La Russie vient de donner une rude leçon de géopolitique à l’Allemagne en lui rappelant sa vulnérabilité militaire et économique. Pour la diplomatie allemande, qui a misé sur la carte russe pendant vingt ans, l’humiliation est profonde, et le constat brutal. Premier volet de notre série sur « l’adieu au pacifisme » outre-Rhin.
par Thomas Schnee
Journal — Liberté d'expression
Un retour sur l’affaire Rushdie
Alors que Salman Rushdie a été grièvement blessé vendredi 12 août, nous republions l’analyse de Christian Salmon mise en ligne en 2019 à l’occasion des trente ans de l’affaire Rushdie, lorsque l’ayatollah Khomeiny condamna à mort l’écrivain coupable d’avoir écrit un roman qu’il jugeait blasphématoire. Ce fut l’acte inaugural d’une affaire planétaire, sous laquelle le roman a été enseveli.
par Christian Salmon
Journal — Climat
Près de Montélimar, des agriculteurs exténués face à la canicule : « Beaucoup de travail et de questions »
Mediapart a sillonné la vallée de la Valdaine et ses environs dans la Drôme, à la rencontre d’agriculteurs qui souffrent des canicules à répétition. Des pans de récoltes grillées, des chèvres qui produisent moins de lait, des tâches nouvelles qui s’accumulent : paroles de travailleurs lessivés, et inquiets pour les années à venir.
par Sarah Benichou
Journal
Perquisition chez Trump : les documents ultra-confidentiels saisis par le FBI
L’inventaire de la perquisition menée par le FBI au domicile de Donald Trump, en Floride, a été rendu public vendredi. Les agents fédéraux ont saisi dans la villa de l’ancien président plusieurs documents classés top secret et diverses notes, dont l’une concerne Emmanuel Macron. Trump est soupçonné d’avoir mis en danger la sécurité nationale.
par Patricia Neves

La sélection du Club

Billet de blog
Croissance énergétique : et si le nucléaire n'était pas la solution ?
On trouve ici et là des aficionados du nucléaire pour expliquer que pour continuer à consommer et à croitre sur le rythme actuel, il suffit de construire des centrales nucléaires. C'est d'ailleurs l'essence du plan pour l'énergie de notre renouveau président. Alors causons un peu croissance énergétique et centrales nucléaires.
par Haekel
Billet de blog
Réagir avant qu'il ne soit trop tard 2/4
L’avenir n’est plus ce qu’il était ! La guerre en Ukraine, la menace nucléaire, la crise alimentaire, le dérèglement climatique, les feux gigantesques de l’été, les inondations meurtrières, autant d’épisodes anxiogènes de la modernité face auxquels nous devons impérativement réagir. Ces désordres du monde constituent une opportunité à saisir pour modifier notre trajectoire
par HARPAGES
Billet de blog
Face aux recommandations du GIEC, comment réconcilier l’écologie avec le nucléaire
L'écologie politique a toujours manifesté une aversion contre le nucléaire. Pourtant, cette source d'énergie décarbonée n'est pas dénuée d'intérêt. D'où vient alors ce désamour pour le nucléaire ? Le nucléaire devrait se guérir de deux maux: sa filiation militaire qui met en exergue sa dangerosité, et l'absence d'une vision stratégique renouvelée et forgée avec l'adhésion de la société.
par francois brechignac
Billet de blog
Le nucléaire sans débat
Où est le débat public sérieux sur l'avenir du nucléaire ? Stop ou encore ? Telle est la question qui engage les générations futures. Une enquête remarquable et sans concession qui expose faits et enjeux. (Gilles Fumey)
par Géographies en mouvement