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Billet de blog 5 déc. 2021

Si tu trembles à chaque injustice, tu es mon camarade...

« Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire ». Che Guevara

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LES CARTES POSTALES NOUS PARLENT D'ERNESTO GUEVARA DE LA SERNA DIT LE CHE © Martine Laurence POINSOT

par Laurence Poinsot -Juin 2021.

LES CARTES POSTALES NOUS PARLENT du parcours d’ERNESTO GUEVARA DE LA SERNA, dit « Che », né le 14 juin 1928 à Buenos Aires en Argentine.

Au cours de ses études de médecine à Buenos Aires, Ernesto Guevara fait plusieurs voyages en Amérique latine. En 1951, il décide de partir depuis Buenos Aires en compagnie de son ami Adaberto Granado, chevauchant une moto pétaradante flanquée de deux sacs de toile et d’un porte-bagages surchargé, baptisée « Poderosa II », jusqu’à la région atlantique, la Pampa, la Cordillère des Andes, le Chili, le Pérou, la Colombie avec pour terminus prévu Caracas.

Mais la Poderosa II les lâchera en cours de voyage, les contraignant à utiliser divers moyens de transports jusqu’à leur arrivée à Santiago du Chili le 1er mars 1952. À ce propos, Ernesto écrira dans ses notes « Nous étions habitués à retenir l’attention des badauds avec notre accoutrement original et la silhouette prosaïque de la Poderosa II, dont le souffle asthmatique faisait pitié à nos hôtes, mais, d’une certaine façon, nous étions les chevaliers de la route. Nous appartenions à la vieille aristocratie errante et nous arborions, comme une carte de visite, nos diplômes qui faisaient énorme impression. Maintenant, c’était fini. Nous n’étions plus que deux clochards avec nos sacs à dos et toute la boue du chemin collée à nos combinaisons, comme un arrière-goût de notre conditions aristocratique » (Voyage à Motocyclette, p. 69, d’après les Archives du Che).

En tant que médecin, il écrira, à Valparaiso (Chili) en 1952, face à son impuissance devant la maladie d’une femme, « C’est là, dans les derniers moments de ces gens dont l’horizon le plus lointain a toujours été limité au lendemain, que l’on se rend compte de la profonde tragédie vécue par le prolétariat du monde entier. Il y a, dans leurs yeux moribonds, d’humbles excuses et aussi, bien souvent, une quête désespérée de réconfort qui se perd dans le néant, tout comme bientôt se perdra leur corps dans l’immensité du mystère qui nous entoure… ».

Dans ses notes toujours, il raconte le 22 novembre 1953 son voyage avec Adalberto sur le fleuve Amazone, sur le radeau qu’ils ont baptisé « Mambo-Tango » et la dure réalité des indigènes de la forêt vierge. Il fête ses vingt-quatre ans dans la léproserie de San Pablo : « le soir, un groupe de malades de la colonie est venu nous donner une sérénade où la musique locale, chantée par un aveugle, ne fit pas défaut. L’orchestre était formé d’un flûtiste, d’un guitariste et d’un joueur de bandonéon qui n’avait presque plus de doigts. […] Nous sommes passés ensuite à la partie discursive où quatre malades à tour de rôle ont élaboré leur discours comme ils ont pu en bafouillant. L’un d’eux, désespéré parce qu’il n’arrivait pas à continuer, a terminé par un « trois hourras pour les docteurs ! »

Ernesto Guevara participe à des activités politiques au Guatemala puis se rend au Mexique. À Mexico, il rencontre un groupe de révolutionnaires cubains en exil. Là, en juillet 1955, il fait la connaissance de Fidel Castro et rejoint l’expédition en préparation pour renverser le dictateur Rubén Fulgencio Batista y Zaldívar, président de la République de Cuba en 1940 puis sénateur en 1948 et revenu au pouvoir en 1952 à la suite d’un coup d’État. Les cubains finissent par appeler Ernesto Guevara « Che », une expression très utilisée en Argentine.

Aujourd’hui encore, l’image du Che est la plus reproduite de l'histoire de la photographie, le transformant en icône révolutionnaire. Les cartes postales le représentant et figurant dans ce diaporama proviennent directement de Cuba. Elles reproduisent les clichés, notamment d’Alberto Korda, de son vrai nom Alberto Diaz Gutiérrez qui, après avoir fondé son studio de photos de mode, avait en 1959 abandonné son projet pour suivre de près la révolution cubaine à laquelle il s'était rallié. C’est à lui que l’on doit l’expression révolutionnaire du visage du Che que l’on connaît. D’autres clichés sont dus au photographe cubain Roberto Salas qui documenta la révolution de la Sierra Maestra à la baie des Cochons. Le diaporama est enrichi de photos du Che prises à différentes occasions et qui n’ont pas été représentées sous forme de cartes postales.

Pour accompagnement musical, nous entendrons Hasta Siempre de Carlos Puebla, dans deux versions différentes dont le refrain est : « Aquí se queda la clara, la entrañable transparencia, de tu querida presencia, comandante Che Guevara. » (Ici reste la clarté, l’intime transparence, de ta chère présence, Commandant Che Guevara). Citation du Che : « Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire ». 

En complément tous les jours la rubrique Amérique Latine et Caraïbesde la Revue de Presse Emancipation!

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