Elie Domota ne doit pas être condamné !

Le syndicaliste guadeloupéen Elie Domota, leader en 2009 de la grève générale qui avait paralysé l'île 44 jours et qui vient d'être reconduit pour la quatrième fois à la tête de l'UGTG, doit comparaitre ce jeudi 6 juillet 2017 au tribunal pour "violences en réunion" en avril 2016.

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 Communiqué du #FrontSocial - Paris le 5 juillet 2017

C'est pourtant lui-même qui avait victime de la violence de vigiles alors qu'il essayait à l'époque de parler à un responsable de la concession automobile BMW dont la direction venait de licencier la quasi totalité de la section syndicale UGTG. À l’origine des poursuites, le patron de cette concession BMW mais qui est surtout le président du Medef local.

C'est une une nouvelle tentative de s’en prendre à l’organisation syndicale pour essayer de la faire taire. Mais au delà, il s’agit d’un procès symbolique de la répression antisyndicale qui gangrène l’île puisque depuis 2009 ce sont plus de 100 syndicalistes de l'UGTG qui ont été poursuivis au pénal et qui atteint ici son sommet avec celui qui incarne la lutte des travailleurs au-delà même de la zone des Caraïbes.

Ce procès est ainsi doublement politique, d'une part parce qu'il est en droite ligne de l'héritage du système colonial mais aussi parce qu'il fait de ce territoire un laboratoire des politiques répressives et antisociales pour la France.

Avec ce procès, les attaques de toutes sortes contre les organisations syndicales et contre leurs militants d'abord en Guadeloupe mais aussi en France sont en passe de franchir une étape qui peut s’avérer lourde de conséquences pour l'avenir.

À l’époque de l'arrestation d'Elie Domota, un « pacte pour l’emploi » venait d’être signé entre patronat local et pouvoirs publics qui permettait aux entreprises d’embaucher des jeunes de moins de 30 ans en profitant d’une exonération totale de cotisations sociales, c'est-à-dire un salariat "gratuit".

Avant les ordonnances Macron dont l'objectif est le même et une répression qui n'a jamais été aussi forte, il est évident que défendre les libertés syndicales là-bas, c'est les défendre ici.

SOLIDARITE TOTALE ET RELAXE POUR ELIE DOMOTA

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