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Billet de blog 7 mars 2021

Fascistes et macronards en campagne contre l'UNEF

L'extrême-droite et la droite s'acharne sur l'UNEF Grenoble en les accusant d'avoir proféré une "fatwa" et vont jusqu'à demander la "dissolution" du syndicat. Pourquoi? Tout simplement parce qu'ils ont repartagé un collage dénonçant des propos islamophobes tenus par des enseignants à Sciences Po Grenoble ! Voici leur communiqué qui détaille les faits.

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UNEF Grenoble

Communiqué UNEF Grenoble

Depuis quelques jours l’UNEF Grenoble est ciblée par une campagne nous accusant d’avoir proféré une « Fatwa » et l’extrême-droite demandant même notre « dissolution » parce que nous avions partagé sur nos réseaux un post et des photos d’un collage visant à dénoncer les propos islamophobes d’enseignants, mais aussi le sexisme à l’IEP.

En effet, à Sciences Po Grenoble, des propos que nous considérons islamophobes, racistes et réactionnaires ont été tenus par des enseignants. Et qu’il est de notre devoir de les dénoncer. Dans le cadre de la préparation d’un séminaire intitulé “Semaine de l’Egalité”, des échanges mails, expliquant l’opposition à l’ajout du terme islamophobie, ont présenté ce terme comme « une notion fourre-tout et inventée de toute pièce comme arme idéologique dans une guerre mondiale menée par des "Fou de Dieu" (au sens littéral) contre les peuples "impies", notion qui semble avoir envahi de nombreux cerveaux ».

Les mails poursuivent : « Je n'ai personnellement aucune sympathie pour l'islam en tant que religion (le rôle qui y est assigné à la Femme est l'une de mes raisons, importante - je préfère largement le Christ qui, lui, pardonne fameusement à la femme adultère (lisez le passage, c'est beau!); une autre raison, évidente, ce sont les crimes barbares qui sont sans cesse commis au nom de l'islam - et si vous me dites que les terroristes se trompent et que ce n'est pas l'islam, alors pourquoi n'y a-t-il pas des millions de musulmans dans la rue pour le crier haut et fort, immédiatement, après chaque attentat, pourquoi?). Donc, je le confesse, je n'aime pas beaucoup cette religion, parfois elle me fait franchement peur. » Et la liste des propos tenus est encore plus longue !

Un mail a par la suite été envoyé par l’un des enseignants aux étudiant.e.s pour interdire aux étudiant.e.s syndiqué.e.s, qui avaient dénoncé ces propos, de participer à certains cours.

L’UNEF Grenoble condamne ces propos et l’interdiction discriminatoire faite à des syndicalistes de pouvoir étudier.

D’une part car, en niant l’islamophobie, ils minimisent l’existence d’une haine envers les musulman.e.s, et surtout car ils décrivent tou.te.s les musulman.e.s comme des sympathisant.e.s passifs.ves des attentats terroristes. Nous condamnons aussi le fait d’exclure des étudiant.e.s des cours pour leurs appartenances syndicales.

C’est dans ce contexte que nous avons fait un post Facebook refusant « les violences de genre » et « la campagne islamophobe et sécuritaire » en reprenant et illustrant ce post par un collage auquel nous n’avons pas participé, qui dénonçait les propos islamophobes mais aussi les violences sexuelles et sexistes à Sciences-Po. Moins de 48h après publication, nous avons retiré les images qui visaient nommément les enseignants. Nous avons entendu l’émoi suscité chez eux et au-delà et nous ne voulions pas ajouter de la confusion à notre refus du racisme contre les musulmans suite à la campagne générée par la droite et l’extrême-droite. Nous avons donc retiré cette photo, mais nous ne retirons pas notre condamnation aux propos islamophobes et à la discrimination face aux études pour appartenance syndicale.

Depuis la publication de ces photos, la droite et l’extrême-droite ont lancé, en effet, une campagne haineuse sur les réseaux sociaux. Celle-ci est d’autant plus abjecte qu’elle instrumentalise la mort atroce de Samuel Paty pour prétendre que nous mettons en danger des enseignant.e.s-chercheur.e.s. Certains, comme Marine le Pen, l’UNI, la Cocarde étudiante ou même un député En Marche nous désignent en tant qu’Unef Grenoble. Nous ne plierons pas et nous répondrons y compris juridiquement à toute forme de diffamation ou de dénonciation calmonieuse. Certains tweets sont d’ailleurs éloquents.

Face à cette campagne contre nos libertés syndicales et académiques, nous continuons à affirmer notre refus de toute discrimination dans les établissements d’enseignement supérieur. Le racisme n’a pas sa place dans nos lieux d’études et ne saurait s’appuyer sur une quelconque démarche pseudo-scientifique. Nous invitons l’ensemble des étudiant.e.s, les enseignantEs et les organisations syndicales concernées souhaitant nous communiquer des situations de discrimination vécues dans ce cadre à prendre contact avec nous. Nous avons d’ores et déjà pris des contacts unitaires pour une réponse collective avec les organisations syndicales étudiantes et de personnels.

Nous ne céderons pas aux réactionnaires et à l’extrême-droite qui souhaitent mettre au pas l’université et la jeunesse et mettent en place cette campagne médiatique…qui par ailleurs relaie les photos nominative des deux enseignants incriminées.

En complément tous les jours la rubrique Jeunesse/Education de la nouvelle Revue de Presse Emancipation!

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