Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

10591 Billets

0 Édition

Billet de blog 11 nov. 2021

Les soulèvements en Afrique transforment les luttes sociales en France

Cet article est dédié à la lutte des femmes totalement invibilisée ici et plus particulièrement celles d'Afrique et d'origine africaine en France et au rôle capital qu'elles ont joué et jouent toujours dans les mobilisations sociales en France tout au long de ces dernières années.

Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Par Jacques Chastaing

La révolution au Soudan – particulièrement importante aux frontières du monde arabe et du monde africain - paraît lointaine et étrangère à nos préoccupations quotidiennes. Pourtant elle est déjà là, en France, parmi nous, sans que nous l'ayons remarquée et joue un rôle important dans les caractéristiques de la montée des luttes et protestations en France en particulier dans le tournant des luttes qu'a été dans notre pays, l'hiver 2017-2018 et le déroulement des luttes à sa suite jusqu'à aujourd'hui.

Dans les luttes récentes dans le monde arabe et en Afrique, tout particulièrement au Soudan qui en est le symbole rassemblé, les femmes ont joué un rôle essentiel, tout comme les femmes travailleuses dans les luttes en France ces dernières années. Cet article se situe à l'articulation qui s'est faite en France de ces deux mouvements. Il est dédié à la lutte des femmes totalement invibilisée ici et plus particulièrement celles d'Afrique et d'origine africaine en France et au rôle capital qu'elles ont joué et jouent toujours dans les mobilisations sociales en France tout au long de ces dernières années.

Le nouveau pillage de l'Afrique et ses conséquences

Avec la mondialisation, les multinationales en ce début de XXIème siècle ont mis à sac les ressources de l’Afrique. Cela a eu des répercussions importantes sur la situation politique et les luttes sociales de ce continent mais aussi en conséquenceindirecte sur les luttes en Europe et tout particulièrement en France où Paris est une des grandes villes africaines et d'Afrique du Nord.

Avant la pandémie, les flux d’investissements directs à l’étranger (IDE) vers l’Afrique ont bondi de 10 milliards de dollars en 2000 à plus de 55 milliards en 2015, faisant de ce continent la deuxième destination mondiale d’IDE immédiatement après la région Asie-Pacifique. Ce sont deux pays africains qui sont en tête des tableaux de croissance mondiale avec des taux de 6 à 9% par an. Six pays africains parmi les dix premiers sur cette échelle dans le monde. 

Cependant, si cette croissance s'est traduit par une relative industrialisation, certes bien inférieure que dans le processus chinois, on assiste surtout à une forte urbanisation, qui, toutes deux, ne se font pas au profit de la population africainesinon d'une minorité. 

La dette extérieure africaine est passé de 13 milliards de dollars en 1973 à 450 milliards aujourd’hui, pour les seuls Etats subsahariens ; l'accaparement des terres équivaut à près de 50% des terres accaparées à travers le monde ;  latransformation de l’agriculture de subsistance en une agriculture d’exportation ne répond plus aux besoins alimentaires despopulations locales ;  la vente à perte sur les marchés africains de produits agricoles états-uniens ou européenssubventionnés, met hors jeu les produits de l’agriculture locale ; la rapine des richesses piscicoles côtières détruit la pêchetraditionnelle ; le brigandage sur les matières premières, caoutchouc, or, pétrole, gaz, coltan, métaux rares finit de ruiner le continent ; le pillage des cerveaux et des qualifications des africains les plus qualifiés enterre un peu plus l'éducation ; latraite des femmes, dont les chaînes de commandement et les « consommateurs finaux » sont en Europe et dans les autres pays les plus riches, aggrave la condition des femmes. La signature d’Accords de Partenariat Economique (APE) avec l’Union Européenne accélère ces tendances. Et la concurrence féroce des multinationales avive les conflits militaires locaux - plus de 400 coups d'Etat en quelques décennies. Les conséquences visibles de ce pillage sont l'aggravation de la désertification, la sécheresse, les guerres et les famines.

La désertion des campagnes qui en résulte conduit à une explosion urbaine gigantesque et à un mouvement migratoireinterne en croissance rapide.. Les 68 millions de réfugiés en 2017 dans le monde venaient majoritairement d’Afrique. Le Soudan et la République Démocratique du Congo viennent en tête planétaire des déplacements de population. 

En Afrique, la révolution urbaine et ses bouleversements a concentrée en trente ans ce que l’Europe a connu en trois siècles.

Lagos et Le Caire comptent maintenant chacune plus de 23 millions d'habitants, - officiellement, beaucoup pluscertainement en réalité - , Gauteng (Prétoria, Soweto, Johannesburg) 15 millions, Kinshasa 12 millions, Luanda 10... Mais on assiste également à l’explosion d'une foule de villes « moyennes »: Khartoum 7 millions, Ibadan 6 millions, Dar es Salam 6 millions, Accra 5 millions, Kano 5 millions, Mbuji-Maji 4 millions... La population urbaine est passée de 14% en 1950 à 40% en 2017, doublant entre 1995 et 2015.

Des chiffres qui s'inscrivent dans une participation de plus en plus importante des femmes dans le travail en Afrique. Laféminisation du travail a été infiniment plus rapide que celle du vieux continent qui est maintenant à la traîne de l'Afrique dans ce domaine. Une révolution dont nous n'avons pas encore pris la mesure.

Si dans la plupart des pays du monde, 40% des travailleurs sont des travailleuses, les seuls pays qui dépassent la barre des 50% de femmes sur le marché du travail se trouvent en Afrique subsaharienne.

La plus forte concentration de main d’œuvre féminine se retrouve dans cinq pays, tous situés en Afrique subsaharienne. Il s’agit respectivement du Zimbabwe avec 52,8%, du Malawi (52,2%), de la Gambie (50,8%), du Liberia (50,6%) et de laTanzanie (50,5%). Mais dans tous les autres pays d’Afrique subsaharienne où les données sont disponibles, les femmesreprésentent plus de 40% de la main d’œuvre, que ce soit au Nigeria, à Madagascar, en Éthiopie, en Afrique du Sud, au Gabon ou au Mali ou encore à La Réunion avec 48%.

La révolution urbaine africaine a généré une révolution matrimoniale profonde libérant les femmes du joug familial patriarcal rural et de la religion mais pour les jeter dans l'enfer capitaliste du travail et des grandes villes.

On doit à cette révolution matrimoniale croisée avec des situations économiques dégradées le moteur de bien des révoltes en Afrique, notamment les révolutions tunisiennes, égyptiennes et soudanaises, où lors de la révolution de 2018-2019 au Soudan la très grande majorité des révoltés étaient des femmes, 70% selon les estimations. Dans les années 1990, onestimait que 35% environ des ménages au Soudan étaient dirigés par des femmes, aujourd'hui, ce chiffre aurait doublé. C'est pourquoi aujourd'hui encore, ce sont des femmes qui animent la résistance au coup d'Etat militaire avec acharnement, car on imagine facilement combien un succès des militaires serait un recul considérable pour les femmes au Soudan, dans le monde arabe et en Afrique.

Lors des luttes d'indépendances, les femmes avaient déjà joué un rôle important. Aujourd'hui, les luttes de femmes Afrique sont des luttes de travailleuses. Au cœur des luttes révolutionnaires, il y a les luttes de femmes travailleuses.

Cette fermentation se répercute de manière indirecte par la place inédite des femmes dans les instances politiques des pays d'Afrique indépendamment de leur couleur politique : le Parlement rwandais compte 64 % de femmes, le pourcentage le plus élevé au monde. Plus de 40 % des sièges dans les parlements du Sénégal, de l'Afrique du Sud, de la Namibie, deTimor, d'Ethiopie et du Mozambique appartiennent à des femmes, plus qu'en France. Le Libéria, la République centrafricaine, le Rwanda, le Malawi , les Seychelles, la Tanzanie, l'Ethiopie et Maurice ont eu une femme présidente à la tête. La moitié des ministères en Ethiopie sont dirigés par des femmes, dont celui de la Défense comme en Tanzanie ou 8 ministères sont occupés par des femmes. Les femmes occupent la moitié des postes à la Commission de l'Union africaine, contre le tiers occupé par leurs sœurs à la Commission européenne alors que son homologue européen est, depuis la nuitdes temps, un homme. Enfin en octobre 2021, le premier ministre nommé en Tunisie est une femme.

En même temps, depuis une dizaine d’années, la croissance de l'exode rural et de la démographie étant supérieure à celle des emplois nés du processus d'industrialisation et d'urbanisation, des dizaines de millions de migrants ne trouvent plus de débouché professionnel dans les villes et migrent obligeant les femmes qui restent à travailler et bien d'autres à migrer. 

Il y a 10 ans encore, la grande majorité des mouvements migratoires de l’Afrique se déroulaient à l’intérieur du continent et l’émigration africaine vers l’Europe provenait en majorité d’Afrique du Nord. Depuis, les migrations d' Afrique vers l'Europe, l’Amérique du Nord, le Golfe persique et l’Asie ont bondi.

Ce petit tableau des évolutions montre que la situation est très différente de ce qu'elle fut il y a vingt ou trente ans. Pourtant, nos esprits en Occident sont encore bloqués dans ce que fut le passé et n'arrivent pas à penser le temps présent et nos cerveaux n'enregistrent pas ce qui se passe sous nos yeux.

Mais l'aveuglement passe aussi par les organisations qui transmettent l'influence du passé sur le présent. Si la majorité des travailleurs devient des travailleuses, si la masse des participants aux mouvements sociaux est féminine, les leaders desvieilles organisations qui représente encore le mouvement social, restent des hommes. D'autre part la parole féministe est le plus souvent portée par des femmes des milieux des classes moyennes qui ne se font guère l'écho des luttes des travailleuses et qui, elles aussi, sont souvent restées dans un féminisme d'il y a trente ans.

Ces deux éléments masquent la révolution en cours, y compris en France.

En effet, il y a en France comme en Afrique, une explosion du travail féminin au point qu'il est devenu majoritaire en 2021 à 51% alors qu'il ne représentait que 35% des effectifs salariés en 1968. Cette énorme progression a eu comme conséquence que ce sont les femmes travailleuses qui sont à l'origine des principales révoltes ouvrières aujourd'hui dans leur nombre et leur radicalité – et en leur cœur des femmes travailleuses originaires d'Afrique ou des Antilles - à partir des secteurs de la santé, du commerce, du nettoyage ou de l'hôtellerie où les femmes sont ultra-majoritaires et où se sont concentrées la plupart des luttes qui ont le plus innové et ont eu le plus d'efficacité et d'influence sur le mouvement social dans son ensemble ces dernières années. Et nous ne sommes qu'au début d'un mouvement très important, très différent des précédents.

On peut en mesurer l'importance à l'épouvante et aux résistances de l'ordre établi en occident avec la fermeture de plus en plus violente des frontières européennes aux migrants et la transformation de la Méditerranée en tombeau d'au moins 30 000 migrants provenant d’Afrique. Mais aussi à l'évolution très à droite voire à l'extrême droite des « élites » européennes pour se protéger de cette évolution où la base sociale est tirée socialement à gauche par les femmes travailleuses et cherche maintenant à donner une expression politique à gauche à cette évolution sociale mais dans la lutte et hors des chemins institutionnels avec une multiplication à l'échelle mondiale depuis vingt ans des luttes, de leur importance, de leur radicalité.

L'évolution à droite des sommets est la réponse de cette évolution radicale de la base, notamment féminine, l'expression de la peur face aux prolétaires, face aux femmes, aux femmes travailleuses et tout particulièrement aux femmes travailleuses racisées. Cela entraîne trois nouvelles évolutions. D'une part, beaucoup en bas, sentent ce glissement du racisme officiel se mêlant et se confondant de plus en plus avec une haine des pauvres, des exploités, des « rien » et de ceux qui luttent comme les Gilets Jaunes.

D'autre part, l'immigration actuelle change de caractère, devenant plus politique, plus chargée d'expérience de luttes.

Enfin, l'opposition politicienne démagogique à l'immigration glissant vers une opposition encore plus forte aux luttes sociales au fur et à mesure que celles-ci augmentent, dans le monde, le monde arabe ou en Afrique, cela se traduitinsensiblement par des glissements d'attitudes en bas contre le racisme.

Les dirigeants européens craignent les effets ici des nombreuses luttes sociales d'Afrique

Le slogan de Matteo Salvini, ce dirigeant d'extrême droite, lorsqu'il était ministre de l’Intérieur du gouvernement italien avait été : "Une invasion d’Africains est en cours ! Nous devons les arrêter en Afrique !". La formule a d'abord eu un fort écho en Europe de l’Est, mais aussi en Norvège ou Autriche puis s'est placée au centre des politiques concrètes de plus en plus violentes et restrictives, propulsant la diffusion du racisme électoral populaire dans les pratiques institutionnelles de la France ou l'Allemagne dans des pays où les gouvernements se démarquaient il y a encore peu des violences verbales.

Mais ce qu'il faut souligner pour la période, c'est que cette politique n'est pas qu'anti immigrés, elle a aujourd'hui d'autres causes qui sont la peur de cette immigration africaine, plus politisée, instruite de l'expérience de nombreuses luttes. Elledésigne les luttes car il y a depuis une dizaine d'années d’intenses luttes économiques et politiques de la classe ouvrière et des exploités en Afrique qui ont changé le caractère de l'émigration mais aussi celui des immigrés.

La migration soudanaise en France par exemple est relativement récente et date d'après les soulèvements populaires de la période 2010-2013 lorsque bien des soudanais engagés dans ces combats ont fui la répression du dictateur Omar-el-Béchir avant qu'il ne tombe. Et si on parle souvent des populations de ces pays qui fuient les guerres et les bombes, on oublie la plupart du temps ceux qui fuient la répression parce qu'ils se sont engagés dans de nombreuses luttes.

Ces luttes et soulèvements de grande dimension ont commencé, encore une fois, au Soudan en 2010 et continués jusqu'en2013 en même temps qu'en Tunisie et en Égypte comme dans tout le monde arabe. Mais dans la foulée, ce qui a été totalement invisibilisé, c'est que ces soulèvements ont eu des prolongements sur tout le continent africain, qui a été traversé par une multitude de conflits sociaux depuis l’Afrique du Sud jusqu'au Tchad, en passant par le Liberia, le Mozambique, le Maroc, le Lesotho, l’Éthiopie, la Tanzanie, l'Algérie, le Burundi, le Zimbabwe, le Niger, le Mali, le Sénégal, la Mauritanie, le Bénin, Madagascar, le Nigeria, le Kenya, le Congo Kinshasa, la RDC, l'Angola, la Guinée, le Gabon, le Cameroun, la Guinée Bissau, la Côte d'ivoire, le Burkina Faso, le Togo... auxquels ont peut rajouter Mayotte ou la Réunion comme d'ailleurs tous les Dom Tom français.

L'évolution de ces luttes dans la durée a faire naître une forte conscience de classe et les organisations lui donnant expression. On a pu le mesurer par exemple en Afrique du Sud, où les travailleurs sont à la pointe des combats et où 147organisations ouvrières se sont fédérées en juillet 2018 pour porter la lutte de classe à un nouveau plus élevé et radical.Mais aussi plus généralement, de nouveaux mouvements politiques émergent, portés par des jeunes issus notamment de la culture urbaine et des quartiers périphériques, dasnl'horizontalité et la démocratie directe. Ils se nomment, entre autres : "Y’en a marre", au Sénégal ; "Balai citoyen", au Burkina Fason "Filimbi et Lucha", en République démocratique du Congo (RDC) et plus fortement encore pour leur rôle central dans la révolution, les "comités de résistance de quartiers" et leurs coordinations au Soudan.

Par ailleurs le signal de départ de la nouvelle vague mondiale de soulèvements populaires de la période 2018-2019 avant le covid qui a touché 54 pays est partie une nouvelle fois du Soudan, qui à partir de septembre 2018 – juste avant les GiletsJaunes en France en novembre 2018 - à mené la lutte jusqu'à faire tomber une des pires tyrannies qui soit, celle d'Omar El Béchir début 2019.

Et depuis cette date, les luttes en Afrique ont continué de plus belle en Algérie, Guinée Conakry, Éthiopie, Nigeria, Sénégal, Malawi, Zimbabwe, Mali, Angola, Ghana, Mozambique, Eswatini, Côte d'Ivoire, Afrique du Sud, République Démocratique du Congo... et toujours et encore au Soudan.

Au cœur de ces combats, il y a de nombreuses luttes de femmes : les femmes au cœur et au démarrage de la révolution au Burkina Faso en 2014 ; les femms pour l'égalité des droits dont l'obtention toute récente du droit à l'avortement en Algérie, du droit à l'héritage égal en Tunisie.... Mais il y a encore les luttes des femmes travailleuses ; femmes de ménagesde l’île Maurice à l'automne 2017 ; l'organisation d'un syndicats de femmes travailleuses en 2018 en Côte d'Ivoireregroupant des vendeuses sur les marchés, les pompistes, transporteuses, enseignantes ; la lutte en 2018 des femmesmineurs de fond en Afrique du Sud ; lutte des femmes pour la scolarisation de leurs enfants en Guinée en mars 2018 ; desfemmes paysannes qui prennent un rôle de leadership de plus en plus important dans les luttes paysannes en Afrique du Sud, au Mozambique, Swaziland, Lesotho, Malawi, Zimbabwe, Zambie, Namibie, Maurice et Angola… et la plupart des luttes à Mayotte depuis une dizaine d'années animées par les mouvement des "femmes leaders" qui allient la nouvelle condition des femmes à une longue tradition matrilinéaire qui s'est maintenue dans l'île. Tandis que si cette tradition est aussi présente au Soudan, comme ailleurs en Afrique, c'est plus dans la mémoire longue de ce que furent les lointaines sociétésmatriarcales, matrilinéaires et les royaumes féminins avant la colonisation mais qui fait que le féminisme africaincontrairement à l'occidental est aussi anti-colonialiste, anti-impérialiste.

Les classes ouvrières d'Europe peuvent voir déjà quelques effets directs des ces luttes africaines : dans le sud de l'Espagne en 2015, ce sont des travailleuses arabes des maraîchages qui font reculer les patrons contre les licenciements ; en Italie àl'été 2017 , ce sont des prolétaires arabes et subsahariens qui ont animé avec force les luttes dans le secteur de lalogistique ; en 2017 en Espagne, les grèves de femmes de ménage souvent africaines à Barcelone marquent l'opinion ;en août 2018, encore en Espagne ce sont des journaliers africains qui ont animé les luttes dans la tomate avec le mouvement des « casquettes rouges » ; en juin 2018 ce sont les manifestations de marocaines cueilleuses de fraises et en France, et, plus important pour leur poids sur les évolutions des formes de la lutte de classe en France, les luttes des femmes de ménage dans les grands hôtels, des femmes agents des sociétés de nettoyage, des employées de commerce et des agents des ehpad qui viennent se croiser et féconder les luttes des femmes en général encore dans les ehpad, dans la santé, le commerce, l'aide à domicile, la restauration scolaire, les aides maternelles, les bibliothèques, etc... J'y reviendrai.

Du coup, les capitalistes et gouvernants européens qui importaient en Europe depuis longtemps des paysans soumis etarriérés pour l'opposer à la main d’œuvre locale afin de faire baisser les salaires et dégrader les conditions de travail tout endéversant le poison raciste pour diviser, s'inquiètent maintenant des évolutions en Afrique et des nouvelles classes de ce continent qui deviennent dangereuses, s'inquiétant tout particulièrement avec les femmes de l'importation non plus d'une main d’œuvre soumise mais l'importation de la subversion.

Pour les capitalistes, il ne faudrait surtout pas importer, avec les travailleurs africains, les luttes des travailleurs d’Afrique et que les travailleurs d'Europe se mettent ainsi à voir dans les travailleurs africains des camarades de combat et non plus des concurrents méprisés. Il y a un risque pour les notables que la base de leur démagogie raciste ne s'effondre. Ce qui est un risque considérable pour l'ordre établi puisque tout leur pouvoir depuis quelques décennies s'appuie tout à la fois sur ladivision raciste des classes populaires et en même temps sur la crainte de la venue du RN au pouvoir (ou de Zemmour), comme on l'a vu encore une fois avec le succès électoral de Macron en 2017, élu par défaut "contre" M. Le Pen. 

Malheureusement, si les dirigeants occidentaux ont pris conscience de ces nouvelles "classes dangereuses" venues d'Afrique, ce n'est pas le cas des oppositions de gauche ou même d'extrême gauche qui en sont restées à ce qui se passait il y a plusieurs dizaines d'années et qui combattent le racisme sur un terrain moral et pas celui de la lutte de classe.

Pourtant, l'effet de ces luttes au quotidien en France est sous nos yeux.

Luttes des femmes africaines en France

Comme je l'écrivais plus haut, cette lutte des travailleuses africaines a croisé un autre phénomène en France, laféminisation du prolétariat français et la féminisation des luttes de travailleurs, tout aussi invisibles.

Les luttes syndicales traditionnelles d'importances qui avaient commencé en 2016 ont en effet été bousculées parl'émergence de courants de révoltes venant d'en bas, hors syndicats et dont le courant le plus visible a été celui des Gilets Jaunes mais qui a été précédé par bien d'autres luttes , celles de femmes dans les Ehpad, la santé, le commerce et le nettoyage qui avaient généré bien des bousculements des appareils syndicaux dans les manières de lutter. Or, les travailleurs et travailleuses d'origine étrangère, africaines tout particulièrement ont été au cœur de ce bousculement des luttes.

Le racisme dominant et des classes dominantes depuis des décennies a caché de grands changements dans les mentalitésdes classes opprimées depuis 2008-2010 à l'égard des travailleurs d'origine étrangère. Ces changements ont été souvent souterrains sans que nous en ayons eu bien conscience. C'est aujourd'hui l'absence de cette conscience qui fait croire à certains militants qui en restent à la surface des choses qu'il y a une fascisation du peuple, alors que le courant actuel dans les classes populaires est à son contraire – ce qui se mesure clairement à la baisse électorale du RN mais aussi à l'échelle internationale au mouvement Black Lives Matter, aux destructions de monuments à la gloire des racistes et colonialistes un peu partout - , tandis qu'il y a effectivement une fascisation des sommets qui entraînent dans leur sillage par leur propagande amplifiée ces militants de gauche qui se croient toujours dans les années 1980 au prétexte d'un supposé fascisme des classes populaires.

Il faut bien voir que le racisme dans les milieux populaires s'appuie sur l'argument que la perte d'emplois, la baisse des salaires et la dégradation ds conditions de travail seraient causés par la concurrence des travailleurs étrangers et notamment africains parce que ces secteurs seraient soumis, accepteraient tout et ne se battraient pas. Or ces arguments tendent à s'effondrer puisque non seulement on a assisté aux soulèvements arabes mais en plus ce sont ces secteurs qui sont à la base des progrès sociaux dans leurs professions en France (et dans les dom Tom où par exemple à Tahiti, après la Guyane ou Mayotte, les travailleurs ont obtenu de belles avancées) et des tentatives de mouvements généraux par ailleurs.

Le tournant d'état d'esprit des classes populaires en France et le basculement des mentalités sur le racisme a commencé à se mesurer en 2008-2010 et s'est amplifié ensuite parallèlement aux mobilisations sociales du monde arabe et africain, en Afrique comme en Europe.

2008-2010, c'est l'apparition des luttes des « travailleurs sans papiers » dont le nom avec le mot « travailleurs » gagné ces années-là par la lutte de plus de 10 000 travailleurs sans papiers, évoque plus la lutte de classe que l'esprit de charité ou la solidarité humaine. Ces luttes n'ont pas cessé depuis, avec celles de 2015 contre la CGPME ou les hôteliers-restaurateurs, celles de 2016  face à la Direction Générale du Travail, celles de 2017 sur le marché de Rungis et l'occupation de la tour Semmaris, celles au printemps 2018 avec la lutte simultanée des travailleurs de 6 entreprises parisiennes du BTP pour la régularisation des sans papiers jusqu'à ce mois d'octobre 2021 avec la lutte coordonnée de travailleurs sans papiers de plusieurs entreprises de la région parisienne sans oublier les nombreuses manifestations de sans papiers qui ont parfois étémassives quand les manifestations syndicales de leurs côtés peinaient à mobiliser.

Par ailleurs ces luttes de travailleurs migrants ont été accompagnées – et il y sûrement une relation de cause à effet – par un accroissement notable des mouvements de solidarité avec les migrants. Il y a toutes les manifestations et mobilisationscontre des crimes racistes à commencer par Adama et le fait que Cédric Herrou ait été choisi personnalité de l'année en 2017 par les lecteurs de « Nice Matin » qui en est tout un symbole. Bien sûr, le racisme est toujours immensément prégnant, mais il y a des évolutions dont une des plus importantes est qu'on passé d'une solidarité humaniste à un début de solidarité de classe et qu'en conséquence les électeurs des classes populaires ne votent pas RN mais s'abstiennent. Bien sûr, d'autres phénomènes entrent en jeu, mais celui-ci est totalement occulté.

Des luttes venues d'Afrique qui viennent de passer un cap en France

Or, comme je le signalais plus haut, ces luttes de travailleurs africains ou d'origine africaine en France ont encore passé un cap à l'hiver 2017 et surtout au printemps 2018 avec une évolution et des conséquences marquantes.

D'une part ces luttes étaient animées le plus souvent par des femmes au travail et d'autre part parce que mélangeant « avec » et « sans papiers », ces femmes en lutte ont pesé directement sur l'ambiance sociale et politique générale du moment en France en croisant un mouvement des femmes travailleuses et en entraînant avec ces dernières tout lemouvement social français dans son ensemble de l'année 2018 qui fut riche en luttes, qui n'a pas cessé depuis et marque une rupture.

On avait vu ces luttes de travailleurs et surtout travailleuses d'origine africaine apparaître en 2012 avec la grève des femmes de ménage de l'hôtel Campanile de Suresnes du groupe Louvre Hôtels, qui a été un tournant. Puis ça a été 2014-2015 avec les coiffeuses du Boulevard de Strasbourg à Paris. Puis à nouveau cette année-là les femmes de ménage de deux grands hôtels Park Hyatt. En 2016 ensuite la lutte a éclaté dans les hôtels Novotel, Intercontinental et B&B de Marseille... conduisant globalement en 2017 à une véritable Intifada sociale des femmes de ménage africaines à la BNF, au ministère des Finances, à Radio France ou encore fin 2017 à l'Holiday Inn de Clichy et dans la même période dans le nettoyage des gares du nord parisien chez Onet. Or au même moment dans le sud de la France naissait le mouvement dans les ehpad qui allait se voir au grand jour avec la grève de 2 000 ehpad fin janvier 2018 avant de devenir un phénomène de société avec les hashtags #balancetonehpad ou #balancetonhosto. Or ce secteur de la santé est le pire du point de vue des salaires et des conditions de travail mais aussi des conditions d'hébergement et de vie des résidents, où les femmes sont très largement majoritaires, surtout dans les tâches d'exécution et les femmes d'origine africaine et antillaises y sont nombreuses. C'est une conjonction explosive des secteurs du sous-prolétariat de la santé mis au contact  direct avec les seniors, au centre des attaques des gouvernements, un vaste problème de société qui touche tout lemonde. 

Pour penser l’événement de ces luttes de travailleuses africaines en France, il faut avoir en tête l'élément cité plus haut.

En France, les travailleuses représentent 51% de salariat populaire alors qu'en 1968, la proportion était de 35% et que la quasi totalité de la force de travail enrôlée depuis 50 ans est féminine.  Ces femmes au travail sont plus souvent issues de l'immigration que la moyenne  mais « jouissent d'une bonne réputation auprès d'une population qui peut s'imaginer vivre sans hauts-fourneaux mais pas sans écoles, hôpitaux, crèches ou maisons de retraite secteurs que les femmes ont investi.  L'attention parfois distraite du grand public aux conditions de labeur des cheminots et des manutentionnaires se change en préoccupation, voire en révolte, lorsqu'il s'agit de réduire le temps de toilette d'un parent dépendant, de fermer une maternité en zone rurale... Le salariat féminin de la santé, l'éducation,  la culture, le logement, la propreté tisse la vie collective. Il appelle de fait à une socialisation croissante de la richesse dessinant une perspective politique à long terme susceptible de le constituer en agent de l'intérêt général, un socialisme des services prioritairement déployé auprès des classes populaires vivant dans les zones périurbaines frappées par le retrait de l’État social et contrôlé par les travailleurs eux-mêmes. Les travailleuses produisent une richesse émancipatrice qui pave les fondements de la vie collective.

Le second élément notable des luttes du moment est que de leurs côtés, les gros bataillons des travailleurs en lutte derrière les directions syndicales s'efforçaient de ne pas perdre leurs acquis et donc tendaient à mener des combats défensifsacceptant plus facilement de les mener isolés parce qu'ils avaient le sentiment de défendre des « privilèges ». Par contre, les femmes travailleuses, les travailleuses africaines, elles, n'avaient rien à perdre. Elles se battaient au contraire pourobtenir des droits dans des professions où il n'y a traditionnellement aucun ou peu et donc avec l'idée qu'il faudrait une généralisation des combats pour de telles avancées.

Le troisième élément le plus notable et lié au premier et au second est que dans toutes ces luttes, les femmes y ont montré beaucoup de détermination. Une détermination appuyée le plus souvent sur la démocratie directe et horizontale des Assemblées Générales qui réunissaient tous les jours l'ensemble des grévistes avec de réelles décisions prises en commun, et non pas décidées d'en haut par des directions syndicales, donnant une dimension démocratique rare à ces conflits. En conséquence, la parole libérée de ces luttes a fait que souvent elles ont parlé au coeur de la population, pas avec le jargon syndical souvent incompréhensible, elles ont été à la une de l'actualité sociale bénéficiant du soutien de l'opinion publique et, au final, ont souvent gagné par exemple dans les hôtels et le nettoyage... Alors que dans le même temps, les combats menés par les directions syndicales traditionnelles contre les attaques de Macron perdaient et en concluaient à l'automne 2017 avec défaitisme  « qu'on ne peut rien faire contre Macron ». 

En conséquence de ces trois éléments exprimant la prise de conscience la plus avancée du moment, ce fut le mouvement de femmes dans les ehpad qui déclencha le grand mouvement de grèves du printemps 2018 avec les cheminots,électriciens et gaziers à leur suite qui globalement n'a pas cessé depuis. Parallèlement le mouvement « Colère » dans lemême esprit du moment de luttes menées par en bas et à vocation généralisante et socialisante, déclenché en janvier 2018 allait mener aux Gilets Jaunes en novembre 2018, mouvement qui lui non plus n'est pas fini aujourd'hui. Enfin, toujours dans cet esprit, apparaissaient deux organisations ouvrières originales et significatives de ce qui fermente sous l'influence de travailleuses. Ce fut d'abord au début des années 2010, l'apparition de CGT HPE (Hôtel de Prestiges et Économiques) qui en organisant les salariées des grands hôtels organisait essentiellement des femmes d'origine africaine ou antillaise, une organisation qui ruait dans les brancards et rompait avec la passivité de la confédération pour mener des conflits soutenus largement par les communautés militantes de base. Puis ce fut les « Licenci'Elles » mouvement de lutte lancée par les femmes employées des « 3 Suisses » qui avait regroupé une soixantaine d'entreprises en lutte dans les années 2012-2014, et dont les leçons tirées de cette expérience à l'occasion du conflit Goodyear menèrent à la création du Front Social en 2017 qui lui aussi en retour contribuait à l'émergence du déclenchement social de 2017-2018 et sa dimension politique.

Les femmes travailleuses étaient donc au centre de la radicalisation des luttes. Or une bonne partie de ces femmes avaient fait leurs premières armes aux côtés des luttes des « travailleurs sans papiers » elles-mêmes inspirées de l'ambiance de luttes en Afrique.

Bref, avec les femmes travailleuses et les travailleuses d'origine africaine en leur cœur et en écho aux luttes du continent africain mais aussi des nombreuses luttes dans les Dom-Tom, les anciennes colonies française pour lesquelles il faudrait tout un article, on passait en 2017-2018 d'un moment où on attendait tout des directions syndicales masculines voire de secteurs économiques clefs masculins dont on espérait une espèce de grève par substitution par leur blocage de l'économie ou encore des élections, à un autre moment où ayant pris la mesure de la faible volonté des directions syndicales et politiques à mener la lutte d'ensemble et jusqu'au bout, on commençait à tester ses forces avec les femmes travailleuses, à vérifier si les autres salariés mais aussi opprimés étaient prêts à ce blocage global et à partir de là, on libérait toutes les forces sociales qui aspiraient à prendre leur vie en main, ce qu'on voit encore par exemple aujourd'hui dans le mouvement anti-pass.

Bien sûr, et c'est le problème et le sujet de cet article, ces évolutions n'ont guère été perçues largement ni même dans les milieux militants traditionnels dont l'univers mental, resté figé il y a vingt ou trente ans, a intégré l'invisibilité des plus humbles, des femmes, des africaines et de leurs luttes et ne s'intéresse guère aux évolutions encours au sein du prolétariatet de ses luttes.

Et maintenant ?  Rendre plus visibles les luttes des femmes au travail et des travailleurs africains

Les forces des politiques racistes et sexistes reposent fondamentalement dans la supposée faiblesse de ces secteurs dans la lutte. Ce qui est faux on vient de le voir. Elles ne reposent plus aujourd'hui que sur la croyance en cette supposée faiblesse,c'est-à-dire en l'absence de volonté à souligner le rôle des femmes, des femmes immigrées aujourd'hui dans les luttes. 

Le mécontentement social, aujourd’hui instrumentalisé démagogiquement contre les migrants, les réfugiés et les femmes, ce qui base par exemple toute la campagne de Zemmour peut tout d'un coup changer de cible si l'on montre que les migrants, les femmes sont au cœur des luttes et de l'émancipation générale.

Nous devons mettre fin au silence sur les luttes ouvrières, féminines et populaires, sur les résistances au néocolonialisme, en cours en Afrique et leurs résultantes ici. En montrant que l’Afrique a cessé d'être seulement le continent des camps, des murs, des montagnes de cadavres d’émigrants, des coups d'Etats militaires, des guerres ouvertes ou secrètes, des massesmiséreuses qui menacent notre emploi en Europe  mais sont aussi devenues le continent infiniment jeune des luttes ouvrières et féminines qui redynamisent la lutte de classe sur le continent africain et dans la vieille Europe, nous casserons ainsi les propagandes nauséabondes des Le Pen et autres Zemmour.

Et pour commencer, parlons de la révolution actuelle au Soudan si importante pour le monde arabe et le continent africain et pour nous tous.

En complément tous les jours la rubrique Afrique Subsahariennede la Revue de Presse Emancipation!

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Discriminations
En Haute-Loire, au « pays des Justes » : la rumeur et les cendres
Le village de Saint-Jeures, réputé pour avoir sauvé des juifs pendant la guerre, n’est pas épargné par l’islamophobie. Quand Yassine, un jeune chef d’entreprise à son aise, décide d’y faire construire une maison et d’installer sa famille, les pires bruits se mettent à courir. Jusqu’à l’incendie.
par Lou Syrah
Journal — Extrême droite
Les « VIP » de Villepinte : l’extrême droite et la droite dure en rangs serrés
Parmi les invités du meeting de Villepinte, des responsables identitaires, des anciens d’Ordre nouveau et du Gud et des royalistes côtoient les cathos tradis de La Manif pour tous et les transfuges du RN et de LR. La mouvance identitaire s’apprête à jouer un rôle majeur dans la campagne.
par Karl Laske et Jacques Massey
Journal — Médias
« Le Monde » : Matthieu Pigasse vend la moitié de ses parts à Xavier Niel
Après avoir cédé 49 % de ses parts en 2019 au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, le banquier en cède à nouveau 49 % au patron de Free, qui devient l’actionnaire dominant du groupe de presse. En situation financière difficile, Matthieu Pigasse ne garde qu’une participation symbolique.
par Laurent Mauduit
Journal — Politique économique
L’inflation relance le débat sur l’augmentation des salaires
Avec le retour de l’inflation, un spectre resurgit dans la sphère économique : la « boucle prix-salaires », qui serait synonyme de chaos. Mais ce récit ancré dans une lecture faussée des années 1970 passe à côté des enjeux et de la réalité.
par Romaric Godin

La sélection du Club

Billet de blog
Présidentielle : ouvrir la voie à une refondation de la République
La revendication d’une réforme institutionnelle s’est installée, de la droite à la gauche. Celle d’une 6° République est devenue un totem de presque toutes les formations de gauche à l’exception du PS. Ce qu’en a dit samedi Arnaud Montebourg rebat les cartes.
par Paul Alliès
Billet de blog
Le convivialisme, une force méta-politique
Vu d'ailleurs le convivialisme peut sembler chose bien étrange et hautement improbable. Parmi ses sympathisants, certains s'apprêtent à voter Mélenchon, d'autres Jadot, Taubira ou Hidalgo, d'autres encore Macron... Ce pluralisme atypique peut être interprété de bien des manières différentes. Les idées circulent, le convivialisme joue donc un rôle méta-politique. Par Alain Caillé.
par Les convivialistes
Billet de blog
La Chimère Populaire
Pourquoi certain·es d'entre nous se sont inscrit·es à la Primaire Populaire et envisagent désormais de ne pas y voter ? Un petit billet en forme de témoignage personnel, mais aussi d'analyse politique sur l'évolution d'un choix électoral - parce que la trajectoire de l'électorat est mouvante, n'en déplaise aux sondages ou aux Cassandre de tous bords.
par Albin Wagener
Billet de blog
Et si nous avions des débats constructifs ?
La journée internationale de l'éducation de l'UNESCO, le 24 janvier, est l'occasion de rappeler que les savoirs et expertises de toutes et de tous sont essentiels pour nourrir les conversations démocratiques.
par marie-cecile naves