Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

10586 Billets

0 Édition

Billet de blog 12 mars 2021

Inde: les paysans sur le front éléctoral et contre les privatisations -J. Chastaing

La révolution se construit ainsi à travers ces étapes, avant de nouvelles explosions spontanées à un niveau plus élevé, et ainsi de suite.

Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Alors que des campagnes électorales pour l'élection des parlements et gouvernements se tiennent en mars et avril dans les Etats du Kerala, Bengale Occidental, Tamil Nadu, Assam, Pondichery, des Etats principalement du sud du pays, le soulèvement paysan s'est invité dans les élections en appelant partout à ne pas voter pour le BJP (parti au pouvoir) en organisant meetings et manifestations dans ces Etats. "Punissez le BJP, cassez son arrogance, soutenez le mouvement paysan... vous avez le sort du mouvement paysan et le votre dans vos mains avec votre vote, transformez le vote en une continuation du mouvement paysan... Nous ne nous battons pas que pour les paysans, mais pour tout le pays, pour l'avenir de la jeunesse, pour la démocratie" : voilà ce que disent les leaders paysans.

Par ailleurs les ouvriers de l'aciérie Vizag (33 000 salariés) dans l'Andrha Pradesh qui sont en lutte contre leur privatisation ont appelé à une grève illimitée à partir du 25 mars et ont appelé les paysans à un meeting commun le 28 mars pour construire la lutte ensemble en pensant notamment avec eux bloquer toutes les routes de l'Etat dans la foulée.

Les ouvriers de Vizag avaient déjà entraîné tout l'Etat (50 millions d'habitants) dans une grève générale massivement suivie fin février puis à nouveau dans un mouvement spontané de lutte de trois jours les 8, 9 et 10 mars. Ce n'est pas la première fois que les leaders paysans ont été invités par des ouvriers en lutte pour la radicaliser, par exemple les chauffeurs de bus de Bengalore (qui avaient de ce fait gagné), mais c'est la première fois que cela se fait à cette échelle et surtout autour de la question des privatisations qui concerne toutes les professions, puisque le gouvernement veut tout privatiser de l'Ecole à l'industrie de défense nationale.

Ainsi les banques et assurances font-elles grèves du 15 au 18 mars contre les privatisations suivies par les électriciens les 18 mars, après déjà ceux de la Défense, des mineurs de charbon, les cheminots, les enseignants, etc... les uns derrière les autres. Or le soulèvement paysan a pu commencer un début d'unification en appelant en commun avec les directions syndicales ouvrières à une journée commune de lutte contre toutes les privatisations le 15 mars en occupant ce jour-là les gares en soutien aux cheminots. L'appel à la lutte commune des ouvriers de Vizag pourrait donner une suite à ce combat mais cette fois initié par la base face à des directions syndicales plus que frileuses.

La révolution se construit ainsi à travers ces étapes avant de nouvelles explosions spontanées à un niveau plus élevé, et ainsi de suite.

PHOTOS

Mahapanchayat à Ballia dans l'Etat du Bihar, pour la première fois où a eu lieu un appel à tous les pauvres à rejoindre le soulèvement paysan : Mahapanchayat à Bihat dans l'Etat du Bihar ; Mahapanchayat à Rajpura dans l'Etat du Pendjab ; meeting paysan à Calcutta pour appeler à punir le BJP dans les élections régionales ; Mahpanchayat à Pipar City Jodhpur dans l'Etat du Rajasthan ; comité d'accueil pour empêcher un député BJP Aseem Goyal, d'accéder à un village à Ambala dans l'Haryana ; manifestation entraînée par les paysans à Calcutta "ne votez pas BJP" ; une des affiches des paysans pour appeler à ne pas voter BJP ; meeting au campement paysan de la porte Tikri à Delhi après qu'une tempête ait partiellement détruit le camp et que les paysans l'aient reconstruit dans la foulée ; 2 photos du meeting commun paysans, employés, ouvriers à Patiala dans le Pendjab ; 2 photos du meeting commun paysans et ouvriers agricoles à Muthada Kalan, Jalandhar dans l'Etat du Pendjab ; affiche du meeting commun ouvriers et paysans demain 13 mars au campement de la porte Tikri de Delhi ; il quitte la police pour rejoindre le soulèvement paysan ; le campement paysan de Tikri après la tempête, reconstruit aujourd'hui ; manifestation des ouvriers de l'aciérie Vizag dans l'Andhra Pradesh ; meeting au campement paysan de la porte Singhu de Delhi : meeting de dentistes en soutien aux paysans ; les manifestations "ne votez pas BJP" prennent de l'ampleur

Ici 14 photos de plus

En complément tous les jours le dossier Soulèvement en Inde et la rubrique Asie/Océanie de la nouvelle Revue de Presse Emancipation!

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Énergies
Régulation de l’énergie : la politique du pire
En excluant la période de spéculation débridée fin décembre sur le marché de gros de l’électricité, la commission de régulation de l’énergie aurait pu limiter la hausse des tarifs régulés à 20 % au lieu de 44 %. Elle a préféré faire les poches d’EDF et transférer l’addition aux consommateurs après l’élection présidentielle.
par Martine Orange
Journal
Laurent Joly : « Zemmour a une capacité à inverser la réalité des faits »
Ce soir, deux historiens répondent aux falsifications de l’histoire du candidat Éric Zemmour. Laurent Joly, spécialiste de l’antisémitisme et du régime de Vichy et auteur de « La Falsification de l’Histoire », est notre invité. Entretien également avec Serge Klarsfeld, cofondateur de l’association « Fils et filles de déportés juifs de France ».
par à l’air libre
Journal
L’action des policiers a causé la mort de Cédric Chouviat
D’après l’expertise médicale ordonnée par le juge d’instruction, la clé d’étranglement et le plaquage ventral pratiqués par les policiers sur Cédric Chouviat, alors que celui-ci portait encore son casque de scooter, ont provoqué l’arrêt cardiaque qui a entraîné sa mort en janvier 2020.
par Camille Polloni
Journal
Julian Assange garde un espoir de pouvoir contester son extradition
La Haute Cour de justice de Londres a autorisé les avocats du fondateur de WikiLeaks à déposer un recours devant la Cour suprême contre la décision des juges d’appel qui avaient autorisé son extradition vers les États-Unis.
par Jérôme Hourdeaux

La sélection du Club

Billet de blog
« Violences génocidaires » et « risque sérieux de génocide »
La reconnaissance des violences génocidaires contre les populations ouïghoures a fait l’objet d’une résolution parlementaire historique ce 20 janvier. C'était un très grand moment. Or, il n'y a pas une mais deux résolutions condamnant les crimes perpétrés par l’État chinois. Derrière des objets relativement similaires, se trouve une certaine dissemblance juridique. Explications.
par Cloé Drieu
Billet de blog
Génocide. Au-delà de l'émotion symbolique
Le vote de la motion de l'Assemblée Nationale sur le génocide contre les ouïghours en Chine a esquivé les questions de fond et servira comme d'habitude d'excuse à l'inaction à venir.
par dominic77
Billet de blog
Agir pour faire reconnaître le génocide ouïghour. Interview d'Alim Omer
[Rediffusion] l’Assemblée Nationale pourrait voter la reconnaissance du caractère génocidaire des violences exercées sur les ouïghour.es par la Chine. Alim Omer, président de l’Association des Ouïghours de France, réfugié en France, revient sur les aspects industriels, sanitaires, culturels et environnementaux de ce génocide.
par Jeanne Guien
Billet de blog
Stratégies de désinformation et de diversion de Pékin sur la question ouïghoure
[Rediffusion] Alors que de nombreux universitaires sonnent l’alarme quant au risque génocidaire en cours dans la région ouïghoure, Pékin s’évertue à disqualifier tout discours alternatif et n’hésite pas à mobiliser ses réseaux informels en Europe pour diviser les opinions et couper court à tout débat sur la question ouïghoure. Une stratégie de diversion négationniste bien familière. Par Vanessa Frangville.
par Carta Academica