Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

10369 Billets

0 Édition

Billet de blog 13 oct. 2021

Le traitre et le néant- Bilan du n'est qu'un cas

Les auteurs racontent le pouvoir solitaire d’un homme suprêmement habile, éperdu de lui-même. Ils révèlent les dessous de la conquête de l’Élysée, puis l’exercice de la toute-puissance, et la vaine quête d’une idéologie. La trahison a enfanté le néant.

Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Merci encore une fois à Ceinna Coll pour sa remarquable compilation

Les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme publient
Le traître et le néant,
un bilan critique du quinquennat Macron.

Pour Davet et Lhomme, \"la trahison et le néant sont l'aspect primordial de Macron\" (msn.com)

vidéo

***

Politique du vide!

Gérard Davet sur Emmanuel Macron: \ (msn.com)

***

"Il me demande les tendances" :
quand Cyril Hanouna conseille Emmanuel Macron

Jérôme Sainte-Marie perçoit "une réactivation d'un imaginaire
de lutte des classes"

Jérôme Sainte-Marie perçoit "une réactivation d'un imaginaire de lutte des classes" (europe1.fr)

***

Bernard Tapie à l'Elysée en secret,
"un pacte de corruption" et la facture de Brigitte Macron :

 5 "anecdotes" du livre "Le traître et le néant" que RMC vous révèle

Bernard Tapie à l'Elysée en secret, "un pacte de corruption" et la facture de Brigitte Macron: ces 5 "anecdotes" du livre "Le traître et le néant" que RMC vous révèle (msn.com)

 Gérard Davet et Fabrice Lhomme publient mercredi,
"Le traitre et le néant",
chez Fayard. 

Une nouvelle enquête qu'ils consacrent, cette fois, à l'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron et à son quinquennat.

"Plus de 110 témoins de premier plan parlent, à visage découvert, crûment. Ils confient aussi leurs documents. Les auteurs racontent le pouvoir solitaire d’un homme suprêmement habile, éperdu de lui-même. Ils révèlent les dessous de la conquête de l’Élysée, puis l’exercice de la toute-puissance, et la vaine quête d’une idéologie. La trahison a enfanté le néant". 

PACTE DE CORRUPTION ET SURNOMS

Voici cinq anecdotes-clés : 

*** 

 Financement de la campagne d’Emmanuel Macron: le député Les Républicains Olivier Marleix dénonce un "pacte de corruption"

        Au fil de ses investigations, il a découvert qu’"il n’y a pas eu que la vente d’Alstom. Vous avez quand même, à un moment, un petit doute sur à quoi ont servi toutes ces ventes, dans quel état d’esprit elles ont été organisées. (...) Le député LR va plus loin, et affirme qu’"un tel système peut être interprété comme un pacte de corruption". Pour être bien sûr d’être compris, il précise sa pensée : "Le pacte de corruption, c’est si vous considérez que ce système est un système organisé".

***

  Pour Philippe de Villiers, Emmanuel Macron aurait tenté d’acheter le silence du chef d’État-major des armées

        Philippe de Villiers nous révèle les dessous. Selon lui, "le lendemain ou le surlendemain" de l’épisode du 14 juillet, "Macron, en fait, se ravise – sous l’in‐ fluence de qui, on ne sait pas – et il demande à voir Pierre à La Lanterne, discrètement. Il le voit, et il lui dit : 'Il faut rester.' Et, en gros, il lui dit : 'Et si vous partez, moi, je vous nomme dans un poste qui vous permettrait d’avoir, en termes d’émoluments...' Il utilise ce mot-là ! Il lui propose d’avoir une très belle retraite! Et Pierre répond: 'Monsieur le Président, ma décision était prise, mais là, vous venez de franchir la ligne rouge, parce que vous ignorez tout de ce que je suis et de ce qu’est ma famille. Nous sommes une vieille famille de chevaliers français. Et donc, là, vous venez de m’insulter...'" 

***

  Bernard Tapie en secret à l’Élysée pour conseiller le chef de l’État en pleine crise des "gilets jaunes"

       "Je l’ai vu à l’Élysée, et avec beaucoup de précautions: en cachette, etc."

*** 

 Ses lunettes dévorées par le chien de François Hollande, Brigitte Macron envoie la facture à l’Élysée

       Furieuse, la future première dame. Hollande s’excuse, bien sûr, mais enfin, ce ne sont que des lunettes. Et ce n’est qu’un chien. Quelques jours plus tard, il nous l’a confirmé, Hollande recevra la facture de la paire de lunettes de Brigitte Macron. L’ex‐président soupire: 'Il faut oser, quand même...'

***

 Stéphane Bern rebaptise les ministres pour amuser le Président

      L’actuelle ministre de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, par exemple, méchamment rebaptisée Amélie "de mon machin" par Bern. Emmanuel Macron adore. "Il me dit: “Comment tu l’appelles?!” Ça le fait rire et, en même temps, il me dit : 'Tu exagères'", s’esclaffe l’animateur. 

***

"Le traître et le néant" : quatre choses à retenir du livre de Davet et Lhomme sur Emmanuel Macron

"C'est tout bénéfice pour Macron, car après avoir rendu hommage à Jeanne d'Arc quelques semaines avant, avec le Puy du Fou, il envoie un message à la droite conservatrice, souverainiste, pour pas cher." 

"On arrive à l'Assemblée, raconte Person, on était absolument arrogants, on considérait que l'Assemblée était une chambre d'enregistrement", reconnaît-il notamment, donnant ainsi raison aux critiques des différentes oppositions tout au long du mandat. Et d'ajouter : 

"Parce que je pense qu'il y a un réflexe de sur-loyauté à l'égard du président (...) Penser, à certains égards, peut être considéré comme étant déloyal."

Il pourfend également le "en même temps" qu'il a pourtant défendu publiquement. En réalité, semble-t-il avouer aujourd'hui, dès la présentation du programme présidentiel, il a eu des divergences sur le fond : "On a choisi la ligne la plus conservatrice à la ligne plus allante qui était la nôtre." Lui était pour une mouture du programme plus "disruptive" encore, avec refonte des institutions ou encore des positions sociales plus progressistes, sur la dépénalisation du cannabis notamment. Des ambitions abandonnées pour assurer la victoire du candidat. Son honnêteté est bien rare au sein de LREM, parti qu'il n'a pas quitté, pour défendre aujourd'hui une posture de "constructif".

Pas de parti, pas de survie

Aujourd'hui, les macronistes rejoignent l'opposition sur un point : l'effervescence de la campagne et l'exercice du pouvoir par Emmanuel Macron n'auront pas permis de créer un véritable parti derrière lui. Une fois les élections législatives de 2017 passées, la vie de La République en Marche a été parcourue de départs, de défaites électorales et d'un soutien aveugle à la ligne dictée par Emmanuel Macron. Le sénateur LREM et l'un des plus fidèles soutiens du président, François Patriat, l'explique très simplement : "Emmanuel n'aime pas les partis, il ne voulait pas de parti. Moi je lui dis : il faut en faire un. Mais la vision d'Emmanuel c'est : pas de parti, et une équipe autour de lui. Donc on a un mouvement qui n'a pas de réalité. (…) Pour les gens LREM c'est quoi ? C'est rien". 

François Bayrou y va également de son analyse, sans retenue envers son allié : "Un parti politique, c'est quatre choses. Un, c'est une doctrine, une philosophie, une vision du monde, une idéologie. (…) Deuxièmement, c'est une affectio societatis : 'Il est des nôtres', ça veut dire un goût pour être ensemble. Troisièmement, c'est un enracinement, un réseau. Dans chaque région, une présence, légitimée par les élections. Et, quatrièmement, c'est un leader. Si vous n'avez pas les quatre, vous tombez.Le président du Modem s'attend-t-il à une chute ?

"On n'a pas cherché à développer une matrice idéologique", reconnaît dans le livre la députée des Yvelines Aurore Bergé. Elle poursuit : "Je sais bien qu'il n'y a pas de parti, c'est pour ça, d'ailleurs, que j'en ai quitté la direction à la rentrée 2020, parce que j'ai considéré que ça n'avait plus vraiment de sens". Impossible de créer une idéologie avec une formation constituée de personnes venant de différents courants de gauche et de droite. Encore moins quand la consigne est de soutenir aveuglément la ligne du président. Un parti, selon Pierre Person doit "ériger des sensibilités qui permettent en fait de s'affronter et de tracer une ligne" commune, "mais ça n'a jamais été une volonté" de la part du parti majoritaire. Un véritable problème à moins d'un an d'une présidentielle. "On va arriver en 2022 et idéologiquement, je pense qu'on est à poil", concède-t-il. Et Marlène Schiappa de conclure également avec lucidité sur l'avenir du macronisme : "Il n'y a personne derrière, c’est-à-dire que le jour où le président décide qu'il fait sa petite valise et qu'il va prendre une petite pause et faire le tour du monde avec sa femme… le jour où le président s'en va, il n'y a personne pour être président à sa place."

https://www.franceinter.fr/politique/le-traitre-et-le-neant-quatre-choses-a-retenir-du-livre-de-davet-et-lhomme-sur-emmanuel-macron

En complément tous les jours la rubrique Politique de la Revue de Presse Emancipation!

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

Les articles les plus lus

À la Une de Mediapart

Journal — Cinéma
Jean-Luc Godard, l’entretien impossible
À l’heure où les bouleversements politiques, écologiques et sociaux semblent marquer la fin d’une époque, Mediapart a eu envie de rendre visite à Jean-Luc Godard, dont les films sont des mises en abyme inégalées des beautés et des troubles du monde. Mais rien ne s’est passé comme prévu. 
par Ludovic Lamant et Jade Lindgaard
Journal — France
Procès des sondages de l’Élysée : le PNF requiert finalement l’incarcération de Claude Guéant
La réouverture des débats a opposé deux thèses, ce vendredi, au tribunal de Paris. L'ex-ministre de Sarkozy assure qu’il ne peut pas rembourser plus rapidement ce qu’il doit encore à l’État. Le Parquet national financier estime au contraire qu’il fait tout pour ne pas payer.
par Michel Deléan
Journal — Santé
Didier Raoult sanctionné par la chambre disciplinaire du conseil de l’ordre
La chambre disciplinaire de l’ordre des médecins a sanctionné, le 3 décembre, d’un blâme le professeur Didier Raoult. Lors de son audition devant ses pairs, il lui a été reproché d’avoir fait la promotion de l’hydroxychloroquine sans preuve de son efficacité.
par Pascale Pascariello
Journal
Des traitements à prix forts, pour des efficacités disparates
L’exécutif a dépensé autour de 100 millions d’euros pour les anticorps monoclonaux du laboratoire Lilly, non utilisables depuis l’émergence du variant Delta. Il s’est aussi rué sur le Molnupiravir de MSD, malgré un rapport bénéfices-risques controversé. En revanche, les nouveaux remèdes d’AstraZeneca et de Pfizer sont très attendus.
par Rozenn Le Saint

La sélection du Club

Billet de blog
SOS des élus en situation de handicap
Voilà maintenant 4 ans que le défenseur des droits a reconnu que le handicap était le 1er motif de discrimination en France, pourtant les situations de handicap reconnues représentent 12% de la population. Un texte cosigné par l’APHPP et l’association des élus sourds de France.
par Matthieu Annereau
Billet de blog
Précarité = Adelphité
Nous exclure, nous isoler, nous trier a toujours été admis; nous sacrifier n’a jamais été que le pas suivant déjà franchi par l’histoire, l’actualité nous a prouvé que le franchir à nouveau n’était pas une difficulté.
par Lili K.
Billet de blog
Exaspération
Rien n’est simple dans la vie. Ce serait trop facile. À commencer par la dépendance physique à perpétuité à des tiers, professionnels ou non. Peut-être la situation évoluera-t-elle un tant soit peu lorsque les écoles de formation aux métiers du médico-social et du médical introduiront la Communication NonViolente (CNV) et le travail en pleine conscience dans leurs modules ?
par Marcel Nuss
Billet de blog
Ne vous en déplaise, Madame Blanc
Plusieurs médias se sont fait l’écho des propos validistes tenus par Françoise Blanc, conseillère du 6ème arrondissement de Lyon du groupe « Droite, Centre et Indépendants » lors du Conseil municipal du 18 novembre dernier. Au-delà des positions individuelles, cet épisode lamentable permet de cliver deux approches.
par Elena Chamorro