Avis de péril maintenu sur l’exécutif

65894567-2282575518725675-8859501784767397888-n

14 Juillet - Aplutsoc

Les lendemains des élections dites européennes – elles étaient faites pour cela – ont vu l’orchestration d’un apparent rétablissement de l’exécutif macronien.

Las, le réel s’est rappelé. Le réel de la lutte des classes, de la crise au sommet et de la dérive de l’État hors du droit et contre lui, et de leur combinaison. L’évènement qui marque le retour de l’exécutif dans la pente qui avait en fait toujours été la sienne, c’est bien entendu l’affaire De Rugy.

Qu’il soit permis de se marrer cinq minutes, c’est quand même très fort. Cet individu, «écologiste» qui disait «fini le temps des manifs» pour justifier les violences policières, est donc un profiteur de bas étage et, de plus, un menteur méprisant au style d’un mauvais libertin d’ancien régime, qui ne peut pas dissimuler son énervement devant l’indignation populaire qui monte, car pour lui, et pour Macron qui, à ce jour, lui a «renouvelé sa confiance», c’est bien normal de se goinfrer aux frais, non pas de la princesse comme dit le proverbe, mais aux frais des gueux.

Du côté des gueux, la seconde victime directe du macronisme est un disparu, dans la Loire, le jeune Steve à Nantes ; les «gilets noirs» sans papiers viennent de se faire brutaliser au Panthéon ; l’exécutif est tellement fébrile pour le 14 juillet qu’on peut prendre les paris : sa police va causer des incidents dont on risque d’entendre parler … et bien sûr, le pompon, juste avant de «renouveler sa confiance» à De Rugy, Macron a qualifié les professeurs grévistes de «preneurs d’otage» et Blanquer annoncé des sanctions – des sanctions «individualisées», c’est plus moderne.

Le corps des professeurs de l’enseignement secondaire est du coup uni dans la solidarité avec ces collègues menacés et dans l’indignation envers un ministre qui a donné pour consigne d’inventer des notes au Bac. Comme l’a dit Blanquer, «Quelque chose de sacrilège a été accompli.» Difficile d’imaginer qu’il ne se rende pas compte qu’ainsi, il parle pour lui. Ou alors c’est qu’il est vrai que Jupiter rend fou tous ceux qu’il veut perdre. En d’autres termes : que la bêtise de l’exécutif, qui n’est pas une affaire de quotient intellectuel mais un phénomène politique nécessaire est à présent un facteur autonome.

Pour Macron, la seule chose importante dans tout cela est sans doute la préparation des municipales non pas en raison de l’importance en soi des municipales, mais parce que se joue là sa dernière chance de constituer à la base un «parti du président». La fuite d’une note de LREM sur comment acheter les élus PS et la crise de LR confronté à ces opérations d’une part, à celle de Mme Maréchal-Le Pen d’autre part, montrent que ce n’est pas gagné. Plus encore, les convulsions de LREM sur Lyon et sur Paris montrent que ces grandes manœuvres présidentielles produisent à leur tour des peaux de bananes pour l’exécutif.

Mais n’oublions pas le plus gros, le plus grave, le plus lourd : Mediapart n’a pas seulement informé sur les homards de De Rugy, mais également sur la provenance française des missiles du candidat «homme fort» en Libye et massacreur de migrants Haftar. Et Benalla, au fait ?

Pour la deuxième fois consécutive, le mois de juillet censé être celui de la torpeur estivale s’avère être celui du retour au réel pour l’exécutif des infatués meurtriers en apesanteur. Ils tomberont si on les fait choir !

13-07-2019.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.