Inde: paysans massés aux portes de Delhi prêts pour le prochain affrontement...

...tandis que le bateau Modi commence à faire naufrage.

par Jacques Chastaing

Alors que le covid continue à faire des ravages en Inde et en particulier dans les campagnes dépourvues de moyens de santé, de nombreux Etats indiens, dont ceux de Delhi, du Maharashtra et du Rajasthan, ont fermé un grand nombre de leurs centres de vaccination jeudi 13 mai en raison de la pénurie de vaccins dans le pays.

Modi n'a rien prévu, rien organisé. Il n'a pratiquement conclu aucun accord contraignant pour fournir des vaccins en quantités. Il a passé une maigre commande de 11 millions de doses au SII jusqu'en janvier, puis de 120 millions de doses en mars, au moment même où la deuxième vague montait. Et maintenant, quand il n'y a pas de capacité de production supplémentaire et que la deuxième vague est lancée, plutôt que de se démener pour augmenter la production en supprimant les licences et en laissant les sept entreprises publiques de fabrication de vaccins combler le vide, il a opté pour le marché libre des vaccins !

Or la situation de pénurie est bonne pour les capitalistes puisqu'elle fait monter les prix. Et comme le gouvernement autorise les capitalistes à en fixer eux-mêmes les prix, ils font ainsi un argent fou en vendant des vaccins en nombre insuffisant mais aux prix les plus élevés du monde. Champagne !

C'est la politique du crime organisé.

Mais dans le monde des criminels, on trouve toujours pire et c'est ce qui arrive à Modi...

Après les paysans et les travailleurs, puis les classes moyennes urbaines, ce sont maintenant des capitalistes qui le lâchent. Car si la politique gouvernementale de Modi promet des super-profits... ce ne sont que des promesses. Et les capitalistes préfèrent tenir que courir.

Ainsi, sentant un possible déraillement du scénario de Modi avec des révoltes en masse, l'un des fabricants privés les plus importants de vaccins a quitté le pays pour un pays étranger où il paie des millions à titre de loyer pour un manoir. Il a annoncé à partir de cette sécurité là qu'il y avait trop de pression sur lui en Inde. Il avait demandé des millions au gouvernement pour accélérer la production de son vaccin en Inde. Il a pris l'argent et est parti à l'étranger pour y créer avec cet argent une unité de production de vaccins mais pas pour les indiens.

A gangster, gangster et demi !

La colère monte de partout contre Modi d'autant qu'il s'obstine au vu de tous à faire construire un palais luxueux pour le Parlement plutôt que d'investir dans la santé. Et s'il y a encore des journaux pour suivre le gouvernement en tentant de faire croire que c'est le soulèvement paysan qui est responsable de l'épidémie, le brouillard qu'ils tentent de diffuser dans les esprits, s'estompe de plus en plus, pour faire apparaître Modi tel qu'il est : un criminel.

Et comme les paysans n'ont pas d'autre choix de se battre pour survivre, ils sont en train d'arriver de plus en plus nombreux aux campements paysans des portes de Delhi pour montrer leur détermination et qu'ils se battront jusqu'à la chute de Modi.

On peut donc s'attendre à ce que celle-ci soit inéluctable ; il ne reste plus que la date qui reste encore inconnue.

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Après les récoltes, les paysans réoccupent en nombre les campements des portes de Delhi et se préparent à l'affrontement

En complément tous les jours le dossier Soulèvement en Inde et la rubrique Asie/Océanie de la Revue de Presse Emancipation!

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