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Billet de blog 15 juil. 2020

Solidarité avec la mobilisation du peuple malien

Le peuple se révolte car il est pris en otage par une minorité au pouvoir qui est en train de le tromper, le maltraiter voire de le priver de tous ses droits fondamentaux tels que la santé, l’éducation, la sécurité, la bonne justice, le bien-être socioéconomique ainsi que la paix.

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15 juillet par CADTM International , CADTM Afrique -Communiqsué de presse

Vendredi 19 juin 2020 à Bamako (Mali)

Les autorités du Mali ont reçu à plusieurs fois les louanges du Fonds monétaire international(FMI) et de la Banque mondiale. Souvenons-nous que si le FMI et la BM félicitent un pays pour ses « solides résultats », son « redressement économique », sa « politique budgétaire », ses « bonnes performances », la « bonne tenue de ses agrégats macroéconomiques », c’est que le gouvernement applique des politiques néolibérales anti populaires. Au Mali, l’ex Président de la République Amadou Toumani TOURE avait été loué par ces institutions de Breton Wood avant d’être balayé en 2012 ; Ibrahim Boubacar KEITA connait le même scénario en cette année 2020. En réalité, les félicitations du FMI et de la BM sont inversement proportionnelles au mécontentement du peuple populaires.

Ce qui intéresse le FMI et la BM, c’est que le pays concerné paie sa dette à ses créanciers internationaux. Un « bon élève » est celui qui s’acquitte de cette obligation, quel que soit le coût social induit. Les démantèlements de nos systèmes d’éducation, de santé, de transport, de sport et de culture ; les thérapies de choc subies par l’agriculture, la pêche et la fonction publique ; les privatisations prédatrices des années 80 sont les résultats directs des Plans d’ajustement structurel (PAS) du FMI mis en œuvre par les différents chefs d’États malien. Les résultats sont toujours les mêmes, partout dans le monde : augmentation des inégalités et de la pauvreté et perte de souveraineté du pays.

Aucun pays « bon élève » du FMI et de la BM n’a jamais véritablement réussi à améliorer les indicateurs de développement humain de sa population. La priorité va au remboursement régulier de la dette au profit des grands banquiers et des pays créanciers. Le Mali consacre 470 milliards CFA tous les ans au paiement de la dette alors qu’aucun ministère n’a un budget équivalent. Nous empruntons plus de 30 milliards tous les mois alors que nous payons plus de 39 milliards pour le service de cette dette sur un encours au 31 décembre 2019, de 3 768 528 000 000 francs (trois mille milliards sept cent soixante-huit millions cinq cent vingt-huit mille francs CFA). Quand le FMI et la BM félicite un gouvernement c’est qu’ils appliquent des mesures impopulaires. C’est l’illustration parfaite de la situation qui sévit au Mali. Le Président de la République du Mali Ibrahim Boubacar KEITA, son Premier Ministre et Ministre de l’Économie et des Finances à la fois, ont été félicités à maintes reprises par le FMI et la BM. Et au même moment, leur gestion est décriée par le peuple malien tout entier.

Cela a provoqué une vaste mobilisation populaire, connu sous le nom de Mouvement du 05 juin 2020 (M5/RFP), qui a exigé la démission du Président de la République et de tout son régime. C’est un mouvement qui est composé de personnalités et de citoyens-nes de différentes origines, des mouvements sociaux dont des syndicats, ainsi que des organisations politiques.

Le peuple se révolte car il est pris en otage par une minorité au pouvoir qui est en train de le tromper, le maltraiter voire de le priver de tous ses droits fondamentaux tels que la santé, l’éducation, la sécurité, la bonne justice, le bien-être socioéconomique ainsi que la paix.

Le CADTM Afrique et le réseau mondial du CADTM condamnent la répression exercée par le régime et apporte son soutien total à la résistance du peuple.

Le CADTM Afrique et le réseau mondial du CADTM soutiennent les demandes suivantes :

  • Le Mali devrait procéder à un audit de sa dette dès que possible, avec la participation des citoyens et des citoyennes, afin de répudier les dettes illégitimes, illégales et/ou odieuses.
  • L’arrêt immédiat des assassinats ciblés de manifestants (on dénombre plusieurs morts).
  • L’arrêt immédiat des interpellations irrégulières, des enlèvements de dirigeants du M5/RFP dont plusieurs se trouvent en prison voire même portés disparus ou entrés dans la clandestinité.
  • L’arrêt immédiat de l’instrumentalisation des éléments de la Police Politique du régime pour opérer des destructions de biens publics et privés (comme à l’Office de la Radio et Télévision du Mali et ailleurs) afin de discréditer la lutte pacifique du M5/RFP.

Le CADTM Afrique et le réseau mondial du CADTM :

  • rendent hommage au courage et à la détermination de la jeunesse qui paye un lourd tribut à la répression et qui refuse désormais de confier son avenir à un régime corrompu et sans avenir
  • dénoncent devant l’opinion publique nationale et internationale les dérives répressives du régime d’Ibrahim Boubacar Keita dont ils exigent le départ pur et simple.


Le CADTM Afrique et le réseau mondial du CADTM, le 15 juillet 2020

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