Inde: "Modi vit dans un paradis pour imbéciles" -Jacques Chastaing

C'est ainsi que s'exprime un dirigeant paysan, alors que le pays s'enfonce dans ce qui est certainement la pire catastrophe sanitaire du siècle en Inde au risque d'y entraîner le monde entier et que le gouvernement ne fait tellement rien, que face à cette incurie criminelle, la Cour suprême a du prendre en main les rennes du pays.

La Cour Suprême a exigé que les Etats de l'Haryana, de l'Uttar Pradesh dirigés par le BJP et le territoire de Delhi, fournissent de la nourriture, deux repas par jour aux travailleurs privés de leur gagne pain par le confinement, en ouvrant des cantines collectives, afin que la famine ne s'ajoute pas au covid.

Le gouvernement qu:i dit que tout est sous contrôle mais punit gravement ceux qui publient des inforamtions ou des photos sur la situation réelle et ce qu'ils voient, refuse de fournir aux scientifiques les éléments qui lui permettent de donner ses statistiques de la contamination. Tout le monde sait que les chiffres du gouvernement sont terriblement sous-estimés, ce qui en plus de minimiser les mesures la gravité de la situation ne peut que l'amplifier ne serait-ce qu'en empêchant de prendre les dispositions pour faire face à la catastrophe, savoir où elle se développe, dans quel milieu, etc....

Pour donner une idée de l'ampleur de la catastrophe, le dirigeant paysan Yogendra Yadav, a fait pour sa part un petit sondage auprès d'un certain nombre de villages de l'Uttar Pradesh où les décès ne sont pas comptabilisés dans les campagnes, (voir le lien : https://theprint.in/.../saving-rural-up-from.../657080/...) et a abouti à une estimation, rien que pour cet Etat,et si les choses restent égales et ne s'aggravent pas dans les jours qui viennent, à 700 000 morts pour les 3 mois d'avril, mai et juin. C'est-à-dire que rapporté au pays entier cela ferait environ 5 millions de morts pour les mêmes trois mois.

A cela, il faut ajouter la famine qui frappe aux portes des zones et les catégories les plus pauvres ajoutée à une forte hausse des prix tandis qu'un cyclone balaie les côtes ouest du pays et détruit des milliers de maisons.

Le soulèvement paysan a déclaré que Modi qui pendant ce temps fait construire un palais luxueux alors que les fleuves charrient des cadavres, "vit dans un paradis pour imbéciles" s'il croit en plus pouvoir stopper la colère paysanne avec le covid qu'il laisse se développer dans les campagnes en accusant la révolte paysanne d'être à l'origine de l'épidémie. C'est le contraire qui se passe, la colère ne cesse de monter contre le pouvoir et de plus en plus de voix appellent ouvertement à sa démission.

Le mouvement paysan qui construit à toute vitesse de nouvelles habitations à ses campements de Delhi parce que les paysans y affluent en nombre à son appel (10 000 sont arrivés aux campements pour la seule journée du 10 mai), a lancé une initiative "noire" pour le 26 mai, date du 6e mois d'occupation des campements de Delhi et de la 7e année de pouvoir de Modi. Il appelle ce jour-là toute la population indienne à montrer malgré les circonstances de l'épidémie galopante, sa répugnance, son aversion, son mépris et son rejet total de Modi afin de préparer une suite plus active quand les circonstances s'y prêteront, en hissant partout des drapeaux noirs dans le pays, sur les maisons, voitures, camions, trains, magasins, balcons... comme un signal au monde de ce que pense l'Inde réelle et en brûlant les effigies de Modi pour que les images des crématoires ne soient pas que celles de ses victimes, mais aussi celles de son avenir.

PHOTOS

Photo du palais que Modi continue à faire construire malgré l'épidémie ; Les paysans arrivent toujours en nombre à Delhi ;

Ici trois photos de plus

En complément tous les jours le dossier Soulèvement en Inde et la rubrique Asie/Océanie de la Revue de Presse Emancipation!

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