Inde: les paysans mettent les parlementaires sous contrôle populaire -J. Chastaing

La coordination des paysans (SKM) demande aux députés de ne pas quitter le Parlement sans avoir obtenu l'abrogation des lois anti-populaires et de rester dans le bâtiment même si le gouvernement veut clore la session parlementaire. Si les députés ne respectent pas les volontés de leurs mandants, les paysans feraient alors tout pour qu'ils perdent leurs sièges aux prochaines élections.

Dans une déclaration aujourd'hui, le SKM (Front Uni Paysan) la coordination qui anime le soulèvement paysan, a précisé sa tactique pour les jours qui viennent.

Pour la session parlementaire qui s'ouvre à Delhi le 22 juillet, le SKM demande aux parlementaires de se soumettre aux volontés de leurs électeurs qui sont à une immense majorité l'abrogation des lois anti-paysannes et anti-ouvrières promulguées par le gouvernement Modi.

Il leur demande de rendre compte de leurs interventions dans l'Assemblée aux 200 représentants des paysans qui seront à l'extérieur devant le Parlement, tandis que ceux-ci transmettront aux dizaines de milliers voire centaines de milliers de paysans qui sont en train de se masser de plus en plus nombreux chaque jour aux campements des portes de Delhi.

Le SKM demande aux députés de ne pas quitter le Parlement sans avoir obtenu l'abrogation des lois anti-populaires et de rester dans le bâtiment même si le BJP et le gouvernement voulaient clore la session parlementaire. Si les députés ne respectaient pas les volontés de leurs mandants, les paysans feraient alors tout pour qu'ils perdent leurs sièges aux prochaines élections.

Pour surveiller les parlementaires, les paysans ont donc prévu un groupe de 200 représentants paysans - pour éviter toute violence comme le 26 janvier -, qui se rendraient pacifiquement à partir du 22 juillet et chaque jour de la session parlementaire, devant le Parlement. En même temps, pour compléter et donner de la force à cette surveillance, le soulèvement paysan appelle les paysans et leurs soutiens à se masser en nombre aux campements des portes de Delhi.

Par ailleurs, pour compléter le dispositif, le SKM appelle à une marche des paysannes et des femmes sur le Parlement le 26 juillet et le dernier jour de la session le 9 août, un peu d'une certaine manière comme les "tricoteuses", les femmes de la révolution française avaient mis sous pression la Convention de 1793.

Par cette action, le soulèvement paysan s'adresse à la base populaire des partis d'opposition en leur montrant qu'il est prêt à agir à ses côtés, en mettant en même temps l'action des dirigeants de ces partis sous le regard et le contrôle de tous pour que tout un chacun puisse comparer les paroles de soutien aux paysans à leurs actions réelles.

Ainsi, en se mettant au service de toutes les classes populaires, le soulèvement paysan prend de plus en plus une place politique centrale dans le pays et apparait comme l'embryon d'un autre pouvoir possible, d'une autre société plus fraternelle et juste, obtenus par la mobilisation active de la base qu'ils engagent dans une dimension de de plus en plus politique.

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En même temps que de milliers de paysans et soutiens arrivent tous les jours aux campements de Delhi, de nombreux artistes sont venus soutenir les paysans aujourd'hui dans les campements des portes de Delhi. Sur al photo, la poétesse Suman Hooda Choudhry

Peut être une image de 4 personnes, barbe, personnes debout, personnes assises et foule

En complément tous les jours le dossier Soulèvement en Inde et la rubrique Asie/Océanie de la Revue de Presse Emancipation! 

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