Inde: ces femmes et hommes invisibles qui font l'histoire et l'espoir du monde

Le variant indien c'est surtout le soulèvement populaire dont les autorités du monde craignent la contagion.

par Jacques Chastaing

Alors qu'une seconde vague de covid frappe durement le pays, le gouvernement de Modi veut en profiter pour tenter de casser le soulèvement paysan.

Il mène et fait mener par ses médias une immense campagne de haine contre les paysans les accusant par leurs rassemblements et campements de propager le virus. Il a donc menacé de "nettoyer" les campements paysans et d'interdire tout rassemblement de leur part comme de tous ceux qui sont hostiles à son gouvernement. En même temps, lui-même et son parti, sont en train de mener une campagne électorale dans le Bengale occidental et dans 5 Etats avec des rassemblements de masse sans aucune protection sanitaire. De la même manière, il autorise sans problème des rassemblements religieux hindous de centaines de milliers de personnes là aussi sans aucune protection sanitaire.

Il tente de profiter également de la période actuelle de récolte qui a éloigné de nombreux paysans des campements de Delhi ou des manifestations.

Enfin, il essaie d'utiliser le mauvais temps et les tempêtes de ces derniers jours qui ont détruit en partie les campements paysans de Delhi pour jouer son va-tout, car la période des récoltes va finir dans une dizaine de jours et le soulèvement paysan est en train de préparer une gigantesque marche sur le Parlement début mai, qui devrait entraîner les classes populaire bien au delà du monde paysan, menaçant sérieusement le pouvoir.

Le soulèvement paysan tout en reconstruisant avec un immense courage sous les intempéries les campements de Delhi, continue par ailleurs ses manifestations et actions, en poursuivant par exemple l'occupation jour et nuit des péages autoroutiers (depuis 120 ou 130 jours).

Mais il a surtout appelé à ne pas céder au chantage de Modi.

Pour faire face au Covid, les paysans organisent une contre-campagne demandant au gouvernement de céder immédiatement aux revendications paysannes, ce qui mettrait fin aux rassemblements, d'aménager des centres de vaccinations dans les campements paysans qui sont fréquentés par des centaines de milliers de personnes, de cesser ses campagnes électorales s'il croit à ce qu'il dit, de mettre tous les moyens du pays pour les hôpitaux, les centres de santé qui sont en plein délabrement et qui manquent de tout et enfin d'ouvrir des centres de vaccination partout.

Par ailleurs, pour faire face à la menace de nettoyer les campements paysans de Delhi, alors qu'une marche de paysans avec leurs tracteurs doit partir du Pendjab pour rejoindre Delhi le 21 avril, le soulèvement a appelé les paysans à monter encore plus rapidement sur Delhi pour protéger les campements d'une attaque peut-être imminente des voyous fascistes de Modi et de sa police.

La colère paysanne ne cesse pas.

Bien au contraire. Faute de moyens et d'infrastructures de la part de l'Etat, une partie des récoltes de blé des paysans est en train d'être trempée par les fortes pluies actuelles et est perdue. Seules, les organisations paysannes tentent de venir en aide aux paysans en fournissant des bâches pour protéger les stocks de blé exposés aux intempéries. Mais déjà, de nouvelles révoltes ont commencé, des paysans bloquent les routes face à cette nouvelle impéritie du gouvernement qui laisse perdre les récoltes.

Nous mourrons peut-être du covid, disent les paysans, mais nous sommes sûrs de mourir de faim si nous ne nous battons pas maintenant contre ce gouvernement au service des grandes firmes agro-alimentaires et des capitalistes en général.

PHOTOS HOMMAGES A CES INVISIBLES QUI FONT L'HISTOIRE

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En complément tous les jours le dossier Soulèvement en Inde et la rubrique Asie/Océanie de la Revue de Presse Emancipation!

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