Le plan Macron pour "saigner" les étudiants

L'Institut Montaigne, porte-parole du CAC40 et acteur de la campagne Macron, préconise l’augmentation des frais d'inscription à 900 € en licence et 1200 € en master !

Source:  UNEF - TACLE : Tendance Action Collective et Luttes Etudiantes·

L’Institut Montaigne, un “think tank” qui se proclame “apolitique” mais qui est financé par plusieurs entreprises du CAC 40, et dont le directeur a été un acteur important de la campagne de Macron, a récemment publié un rapport sur les universités et le manque de moyens en leur sein, tout en avançant des propositions pour augmenter leur financement.

Ce rapport constate un besoin de 10 milliards d’euros pour les universités, et 20 milliards pour la recherche. Le manque de moyens flagrant dans nos universités et pour les étudiants, est en effet quelque chose que nous dénonçons fermement, depuis le début de la crise sanitaire et encore bien avant, et qui a été l’objet de plusieurs dates de mobilisation étudiante nationale ces derniers mois. Seulement, les propositions de l’Institut Montaigne ne rejoignent en rien les revendications étudiantes, et au contraire, se moquent entièrement de toutes les dénonciations de la précarité étudiante faites par les organisations de jeunesse et les étudiants mobilisés.

L’Institut Montaigne propose l’augmentation des frais d’inscription de 170 à 900 euros l’année de licence, et de 243 à 1200 euros l’année de master, ainsi que l’instauration d’un mécanisme de prêt étudiant généralisé. Ce rapport introduit plusieurs autres propositions, comme la création d’une agence qui évaluerait les universités et leur attribuerait des financements différenciés selon leur compétitivité dans la recherche, ou encore une réforme des Conseils d’Administration qui permettrait aux “personnalités extérieures" (des patron.ne.s, des hauts fonctionnaires...) d’y être majoritaires.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’annonces de réformes par le gouvernement, il est indéniable que ce rapport saurait lui en inspirer : cela a déjà été le cas au sein de l’Education nationale, et Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education, a par le passé participé à plusieurs rapports de cet Institut, et a même publié un livre à ses côtés. Ce rapport ne fait qu’aller dans le sens de ce que nous dénonçons depuis plusieurs mois : baisse des APL, annonce de l’application de la hausse des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s à Paris 3, à Lille dès la rentrée prochaine… Macron, ceux qui appliquent sa politique, et ceux qui la pensent, n’ont qu’une chose en tête : nous faire payer les conséquences de cette crise, et économiser sur notre dos, sans se priver d’engraisser les grandes entreprises - plus de 500 milliards d’argent public en leur direction depuis le début de la crise sanitaire. Nous refusons de subir cette crise dont nous n’avons pas la responsabilité, et nous refusons leur plan qui est celui d’une université élitiste, à la solde du patronat !

Dans les universités, dans l'Éducation, et dans tous les secteurs, le gouvernement et le patronat multiplient les attaques sur nos conditions de vie, d’études, de travail. Nous devons regrouper nos secteurs, nos revendications, et nos forces, pour mettre en coup d’arrêt à cette politique ! Alors que ces dernières semaines, de nombreuses luttes par secteur ont émergé ou se sont intensifiées - dans la culture, le travail social, l’éducation, les universités, EDF, contre les licenciements… -, nous devons converger et construire une riposte d’ensemble ! Le 23 avril est une première occasion : date de mobilisation contre la réforme de l’assurance chômage, appelée par les occupant.e.s de théâtre, et le 1er mai suivra cette initiative !

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