Nicaragua : bas les masques !

Depuis 15 jours, larrestations se multiplient au Nicaragua. Après la féroce répression du soulèvement populaire de l’été 2018 (plusieurs centaines de morts, plusieurs dizaines de milliers d’exilé.e.s), le gouvernement de Ortega-Murillo avait entretenu la légende d’un retour à la normale, renforçant son contrôle des opposants, des médias libres, et poursuivant une répression à bas bruit.

Communiqué CSPN /Collectif de Solidarité avec le Nicaragua, France Amérique Latine, Comité Nicaragua Occitanie et SOS Nicaragua France.

Surveillance, arrestations, disparitions, assassinats, perquisitions, mises en résidence surveillée, fermeture de médias et d’organisations étaient le lot quotidien de toutes les oppositions. Après avoir atteint un pic de sept cents prisonnières et prisonniers politiques, plus de cent vingt croupissent toujours dans les geôles de la dictature.

En même temps, le régime prépare les élections générales de novembre prochain en faisant voter, dès fin 2020, par un parlement aux ordres une série de lois liberticides, afin de museler toute opposition susceptible de menacer la réélection du candidat-dictateur : loi sur la cybersécurité, loi sur les « agents étrangers », et loi dite de « défense des droits du peuple ».

C’est en application de ces lois scélérates qu’ont été arrêtées depuis deux semaines des figures marquantes de l’opposition à la dictature.

Quatre candidat.e.s potentiel.le.s
et les principaux responsables de l’opposition emprisonnés

Le week-end des 5 et 6 juin étaient emprisonné.e.s pas moins de quatre candidat.e.s potentiel.le.s à la présidentielle et plusieurs personnalités, ainsi que les principaux responsables de l’opposition. Cette première vague a été suivie d’une seconde le week-end des 12 et 13 juin, qui a visé cette fois d’anciens militant.e.s et responsables de la lutte contre la dictature somoziste et de la révolution sandiniste. A ainsi été arrêtée Dora María Téllez, qui fut l’une des responsables de l’assaut du parlement somoziste en 1978, à la tête de l’un des fronts de l’insurrection, puis ministre de la Santé pendant la révolution sandiniste. Hugo Torres, autre figure historique de la guérilla et général à la retraite de l’armée sandiniste, était arrêté le même jour. Puis, Victor Hugo Tinoco, ancien vice-ministre des Affaires étrangères, a été arrêté dimanche matin.

Nous exigeons la libération immédiate de toutes les prisonnières et prisonniers politiques, l’abandon des poursuites, le rétablissement des libertés civiques et d’expression, la vérité et la justice pour les crimes commis par la dictature Ortega-Murillo. Sans ces mesures, la tenue d’élections libres sera tout simplement impossible.

  • Nous dénonçons la fuite en avant de la dictature Ortega-Murillo.
  • Face à cette répression redoublée, nous réaffirmons tout notre soutien au peuple et aux mouvements sociaux du Nicaragua.
  • Nous appelons toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la liberté et à la démocratie à apporter leur soutien aux Nicaraguayennes et aux Nicaraguayens.

Rassemblement à Paris le 19 juin 2021 à 16h  - Place de la République

En complément tous les jours la rubrique Amérique Latine et Caraïbesde la Revue de Presse Emancipation!

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