De Rugy sorti, deux leçons

Défaite politique lourde pour Macron, donc : premier enseignement. Mais le deuxième enseignement est que ce n’est pas l’opposition, ni de gauche, ni de droite, ni d’ailleurs, qui a fait tomber M. De Rugy. Elle n’en a d’ailleurs jamais manifesté l’intention.

17 juillet 2019 - Aplutsoc

 

François De Rugy a démissionné de ses fonctions de «ministre de la transition écologique» et de numéro 2 du gouvernement Macron-Philippe ce mercredi 16 juillet à 14h 40. C’est un camouflet et une défaite politique frontale pour Emmanuel Macron.

Celui-ci et l’exécutif, malgré les hésitations croissantes dans les rangs, avaient soutenu De Rugy jusqu’au bout et d’ailleurs ils continuent, l’inénarrable Mme N’Diaye ayant clairement fait comprendre qu’il aurait bien pu rester et qu’il est une victime. Pour eux, profiter des ors de la «République» et en faire profiter son clan quand on est dans la place, c’est bien normal. Et comme ils ne sont pas sûr d’y rester très longtemps, ils en profitent encore plus.

Défaite politique lourde pour Macron, donc : premier enseignement. Mais le deuxième enseignement est que ce n’est pas l’opposition, ni de gauche, ni de droite, ni d’ailleurs, qui a fait tomber M. De Rugy. Elle n’en a d’ailleurs jamais manifesté l’intention.

C’est un organe de presse indépendant, et s’il a démissionné à 14h 40 c’était pour ne pas avoir à répondre à la nouvelle bordée de questions qu’il lui posait, portant cette fois-ci sur l’usage des fonds publics qu’il avait fait avant d’être ministre, comme député EELV. Ce personnage prétend maintenant porter plainte et la presse indépendante est clairement une cible à abattre pour le pouvoir exécutif.

De Rugy démissionné, il reste un M. Castaner, dont la «gestion du maintien de l’ordre» compte à ce jour deux morts à son actif – pardon, une morte et un disparu …. Il reste un M. Blanquer, qui a fait ordonner par écrit d’inventer des notes au Bac pour qu’il ne soit pas dit qu’une grève peut avoir des effets. Voici un an, commençait l’affaire dite Benalla, centrale par rapport aux projets de la camarilla macronesque en matières d’affaires et de violences au niveau national comme international.

De Rugy, Castaner, Blanquer, Benalla … tous ces noms renvoient à un seul et même, que porte le détenteur suprême du pouvoir exécutif. Nous écrivions dans notre précédent billet sur la France qu’ils tomberont si on les fait choir. De Rugy est tombé parce qu’un organe de presse indépendant l’a fait choir, cela par surcroit : en faisant son travail d’investigation et d’information. Il serait dans l’intérêt de la démocratie que ce pouvoir tombe, de par la volonté populaire le faisant choir, et au plus tôt, plutôt que par les prochaines affaires et convulsions qu’il ne manquera pas de provoquer tout en poursuivant la destruction des services publics et des droits sociaux et démocratiques.

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