Dire NON maintenant aux licenciements du 15 septembre !

Oui à la vaccination et Non aux licenciements. Non au coup du 15 septembre qui est programmé comme le premier avant le coup du 1° octobre contre l’Assurance chômage, puis contre les retraites. Et qui sera un coup contre le droit du travail et contre le statut de la Fonction publique, un précédent gravissime.

Source:  aplutsoc

Pendant que les responsables syndicaux sont en vacances, ou combattent valeureusement le « complotisme » sur les réseaux sociaux, il se passe quelque chose en profondeur parmi les professions de santé que Macron, lundi dernier, a voué à la détestation publique car pas assez vaccinées, après quoi Véran a menacé de « pas de travail, pas de salaire » si elles ne le sont pas au 15 septembre.

Des groupes formés sur les réseaux sociaux, avec des dizaines de milliers de participants, voient éclater la colère des métiers les plus mal payés et les plus féminins de la santé. Les aides-soignantes d’Ehpad en particulier, et les femmes de ménage, les infirmières, se rappellent. Elles se rappellent que leurs grèves de masse début 2018, amorce de la vraie contre-attaque sociale contre Macron, avaient la sympathie du public. Elles se rappellent avoir, souvent, participé aux Gilets jaunes. Puis elles se rappellent les journées infernales du Covid, quand, pas vaccinées, parfois elles-mêmes atteintes du Covid, il fallait quand même travailler, avec pour prime les applaudissements aux balcons. Elles se rappellent ensuite d’un truc appelé « Ségur ». Elles cherchent encore qu’est-ce que cela est censé leur avoir rapporté. Elles se rappellent que celles qui se sont fait vacciner et ont eu de la fièvre à la première dose, la seconde ou les deux, ont vu leur salaire prélevé : « journée de carence » ! Elles se rappellent qu’elles travaillent masquées depuis bientôt deux ans, que le gel a gercé leurs doigts et que leurs pensionnaires sont tous vaccinés, car elles y ont donné la main. Elles sont ulcérées d’être désignées comme bouc émissaire. Elles voudraient bien savoir où sont les études démontrant que la contagion, c’est elles. Et les vaccinées parmi elles ne sont pas les moins en colère. Elles se demandent d’ailleurs comment il serait possible de perdre leurs collègues non vaccinées au 15 septembre, déjà qu’on n’y arrive pas …

Alors, certes, dans une totale rationalité, elles devraient déjouer la manœuvre en finissant de se faire toutes vacciner. Mais nous ne sommes pas dans un monde rationnel. Nous sommes dans la société capitaliste globale, qui chauffe la biosphère, sème la misère, trouble les esprits. Bien sûr, bien sûr, toutes les légendes complotistes circulent sur ces groupes. Le contraire serait étonnant. La faute à qui ?

La plus grande clarté est nécessaire : oui, ce mouvement de fond existe, et non, ce mouvement de fond n’est pas dans son contenu essentiel complotiste ou obscurantiste. Il s’agit de la dignité, dignité de prolétaires, dignité de soignants, dignité, le plus souvent, de femmes. Quand une aide-soignante à 1575 euros nets en fin de carrière envisage de démissionner alors qu’elle a des enfants et qu’elle aime ses malades et pensionnaires, parce que premièrement, le métier est épuisant et mal payé et que deuxièmement, on l’insulte à présent en la présentant comme vecteur de contagion, ce n’est pas du complotisme. C’est un réflexe de dignité bafouée que tout partisan de l’émancipation humaine doit comprendre..

« Alors donc il faudrait aller dans les manifs antivaxx » nous dit alors le militant sûr de lui et plein de bonne conscience. Nous lui répondons que la question première au moment présent n’est pas celle-là. Si les manifs antivaxx ou antipass, dans une confusion totale qui permet pour l’instant, bien plus qu’aux débuts des Gilets jaunes, à des groupes ultra-réactionnaires, souvent de la mouvance Quanon, d’y tenir la barre, ont un relatif succès, c’est parce que le terrain de la défense des libertés publiques est honteusement déserté.

Personne ne demande aux directions syndicales de cautionner les manifs antivaxx, mais ce qu’elles devraient faire est très simple : se réunir maintenant, et pas le 30 août, pour dire publiquement qu’on ne laissera pas faire le coup du 15 septembre. Pour dire Oui à la vaccination et Non aux licenciements. Non au coup du 15 septembre qui est programmé comme le premier avant le coup du 1° octobre contre l’Assurance chômage, puis contre les retraites. Et qui sera un coup contre le droit du travail et contre le statut de la Fonction publique, un précédent gravissime.

Des dignitaires syndicaux doctes et surs d’eux expliquent que des obligations vaccinales existent déjà dans des professions, que CDI et statuts ne sont pas mis en cause pour l’instant, et que ce serait démagogique que d’alerter. Quelle honte ! Véran a bien dit : « vous ne pourrez plus travailler et vous ne serez plus payé ». Oui ou non ? Faire croire qu’il s’agit de rodomontades et qu’il faut faire comme si de rien n’était c’est désarmer les travailleurs et livrer certains d’entre eux aux complotistes antivaxx que l’on prétend combattre, et dont on fait le jeu en faisant celui de Macron !

Et ce n’est pas « sanitaire » : il n’est pas « sanitaire » de désigner des métiers à la vindicte, surtout quand ces métiers sont ceux des « premières lignes » !

Dirigeants CGT, FO, FSU et Solidaires, n’attendez pas : dénoncez les licenciements annoncés pour le 15 septembre, dénoncez les menaces contre le droit du travail et le statut de la Fonction publique – réaffirmez l’exigence d’abrogation des lois El Khomri, des ordonnances Macron et de la loi « de transformation de la Fonction publique » -, et exigez la vaccination pour toutes et pour tous car il n’y là aucune contradiction !

Militants ouvriers, militants révolutionnaires, soyez avec votre classe : solidarité avec les infirmières, aides-soignantes, AESH, maintenant !

En complément tous les jours la rubrique Politique de la Revue de Presse Emancipation!

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