Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

10961 Billets

0 Édition

Billet de blog 18 févr. 2022

Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

Inde: deux grands mouvements côte à côte : paysans et Anganwadi -J. Chastaing

Les luttes paysannes et ouvrières dans cette période électorale en Inde sont en train de changer le jeu politique traditionnel en Inde et cherchent à offrir des perspectives proprement prolétariennes ce qui ne s'était jamais fait en Inde.

Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

par Jacques Chastaing

Alors que la campagne électorale en Uttar Pradesh, décisive pour l'avenir du gouvernement BJP ou du mouvement paysan, a commencé il y a plus d'une semaine, elle va commencer le 20 février au Pendjab, où va se décider là, l'orientation politique du pays tout entier et du mouvement populaire pour la période à venir.

En Uttar Pradesh, un Etat vitrine et symbole du pouvoir du BJP en Inde, où le mouvement paysan a mis toutes ses forces pour y défaire le parti de Modi par une campagne massive contre lui de tous les jours dans les villages et les villes, une défaite électorale signifierait la fin de l'autorité du BJP sur tout le pays. Un succès signifierait par contre un gros recul pour le mouvement paysan et derrière lui pour l'ensemble des classes populaires.

Au Pendjab, où l'autre grand parti bourgeois avec le BJP, le parti du Congrès, dirige l'Etat, une défaite du parti du congrès contre qui le mouvement paysan se bat également, signifierait la fin de l'alternance traditionnelle BJP/Parti du Congrès, qui permet à la bourgeoisie de maintenir son pouvoir quel que soit le gagnant. Cela signifierait une victoire du mouvement social, de la lutte contre le piège électoral dans ce système, un changement de fond pour toute la vie politique indienne et pour le mouvement contestataire.

En même temps, les Anganwadi, sortes d'assistantes maternelles et sociales dans le monde rural qui y jouent un rôle important, qui ont toujours combattu et dés le début aux côtés des paysans, mènent une grève massive depuis 70 jours pour leurs salaires et un meilleur statut dans tout le pays, mais tout particulièrement en Haryana et dans le Pendjab, l'épicentre de la révolte paysanne, tout à la fois contre un gouvernement du BJP dans un cas et un gouvernement du Congrès dans l'autre. Elles complètent ainsi par une grève ouvrière et féminine importante, le même combat social et politique que les paysans, alors que les grandes organisations syndicales ouvrières soutiennent traditionnellement le parti du Congrès et stoppent les luttes contre lui en période électorale.

Les luttes paysannes et ouvrières dans cette période électorale en Inde sont en train de changer le jeu politique traditionnel en Inde et cherchent à offrir des perspectives proprement prolétariennes ce qui ne s'était jamais fait en Inde.

PHOTOS

Manifestation paysanne ce 18 février au Pendjab et manifestation d'Anganwadi en Haryana

En complément tous les jours le dossier Soulèvement en Inde et la rubrique Asie/Océanie de la Revue de Presse Emancipation!

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

À la Une de Mediapart

Journal
Immigration : le discours de Borne entre « fermeté » et « humanité » ne trompe personne
Les députés et le gouvernement ont débattu mardi soir, sans voter, des orientations du futur projet de loi sur l’asile et l’immigration, annoncé pour le début 2023. Un texte « équilibré », a vanté la première ministre, sans convaincre les oppositions. Profondément divisées.
par Nejma Brahim
Journal
Projet de loi immigration : « Nous sommes sur des propositions racistes »
Le projet de loi immigration, porté par Gérald Darmanin, est discuté mardi 6 décembre à l’Assemblée nationale. L’occasion notamment de revenir sur les chiffres de « la délinquance des étrangers » avancés par le chef de l’État et le ministre de l’intérieur. 
par À l’air libre
Journal — Politique économique
Comment la Macronie a tourné le dos à la rationalité économique
Alors qu’en 2017, Emmanuel Macron se présentait comme le champion de « l’évaluation des réformes », il fait fi des évaluations scientifiques négatives sur sa politique économique. Désormais, sa seule boussole est sa politique en faveur du capital.
par Romaric Godin et Mathias Thépot
Journal — Fil d'actualités
Allemagne : un réseau d’extrême droite voulait attaquer le Parlement
Une vaste opération de la police allemande au sein de groupuscules d’extrême droite et complotistes a conduit mercredi matin au démantèlement d’une cellule projetant des attentats, et qui visait notamment le Bundestag, la chambre basse du Parlement.
par Agence France-Presse

La sélection du Club

Billet de blog
L'amour trouvera un chemin
Dans la sainte trinité du jazz, et sa confrérie du souffle, on comptait le Père (John Coltrane), le Fils (Pharoah Sanders) et le Saint-Esprit (Albert Ayler). Il est peu dire que le décès de Pharoah Sanders, le 24 septembre dernier, est une grande perte. L'impact de son jeu, du son qu'il a développé, de ses compositions et de sa quête vers la vérité, est immense.
par Arnaud Simetiere
Billet de blog
Anne Sylvestre : manège ré-enchanté
Tournicoti-tournicota ! On savait l'artiste Anne Sylvestre facétieuse, y compris à l'égard de ses jeunes auditeurs, fabulettement grandis au rythme de ses chansons, alors qu'elle ne cessa pas de s'adresser aussi aux adultes irrésolus que nous demeurons. Presque au point de la croire ressuscitée, grâce à l'initiative de la publication d'un ultime mini album.
par Denys Laboutière
Billet de blog
Rap et théorie postcoloniale : sur « Identité remarquable » de Younès Boucif
« Un Arabe qui fait du rap y’a pas grand-chose d’original », rappait Younès dans « J’me rappelle ». Mais quid d’un Arabe qui rappe, joue (au cinéma, au théâtre), écrit des romans, manage et se fait parfois, à ses heures perdues, documentariste ? À l'occasion de la sortie de son album, retour sur la trajectoire d'un artiste aux talents multiples.
par Matti Leprêtre
Billet d’édition
2. B.B. King et la légende de Lucille
Il suffit d’avoir admiré son jeu tout en finesse et en agressivité contenue, d’avoir vécu l’émotion provenant du vibrato magique de sa guitare, d’avoir profité de sa bonhomie joviale et communicative sur scène, de son humilité, et de sa gentillesse, pour comprendre qu’il n’a pas usurpé le titre de King of the Blues.
par Zantrop