Causes de la crise 2008, et 10 ans de remèdes qui rendent la prochaine plus violente

Dix jours avant l'U d'été du NPA qui consacrera un atelier sur "La crise économique qui vient" (9:00-12:00, 28 Août, Leucate), et un autre sur "L'économie marxiste et l'analyse des crises" (14:00-17:00) l'analyse ci-dessous les causes de la crise de 2008 et la pertinence de la" loi de la baisse tendancielle du taux de profit".

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Source: NPA 33 -Titre original: De la crise de 2007-2008 à aujourd’hui

 Les causes de la crise de 2007-2008.

La lame de fond : la baisse tendancielle du taux de profit.

L’explication des racines profondes des crises du capitalisme a été élément de débat qui a traversé le marxisme, et le traverse encore aujourd’hui au sujet de la crise de 2007-2008. L’approche présentée ici est celle qui interprète la crise comme une conséquence d’une dynamique fondamentale du fonctionnement de l’économie capitaliste explicitée par Karl Marx dans Le Capital : la baisse tendancielle du taux de profit.

La concurrence pousse les capitalistes à investir dans de nouvelles technologies pour accroître la productivité, c’est-à-dire la quantité de valeurs d’usage produites rapportées à l’ensemble du temps de travail (mort et vivant) pour les produire. Pour accroître la productivité, les capitalistes sont amenés à remplacer des travailleurs par des moyens de production (machines, ordinateurs, etc.), c’est-à-dire à remplacer du travail vivant par du travail mort et ainsi augmenter la composition organique du capital (le rapport entre capital constant et capital variable). Or, comme nous l’avons vu, la source de toute valeur vient de la force de travail (vivant), les moyens de production (le travail mort) ne faisant que transférer leur valeur dans la marchandise jusqu’à leur usure technique. Sur un marché particulier, si un capitaliste applique une nouvelle innovation et augmente la productivité horaire du travail, il pourra baisser le prix des marchandises. Il gagne alors un avantage concurrentiel sur ses concurrents, et gagne des parts de marché. Mais lorsque cette innovation va être généralisée à l’ensemble des concurrents, tous les concurrents baissent leur prix pour rattraper leur retard, ce qui fait baisser le prix moyen des marchandises vendues, et donc la valeur qui sera ensuite « partagée » entre salaires et profits. Si les salaires et le volume de la production restent les mêmes, ce sont donc les taux de profit qui vont baisser.

Mais cette baisse du taux de profit est bien entendue comme « tendancielle », c’est-à-dire qu’il s’agit d’une tendance, et que le taux de profit ne baisse pas sans discontinuer. En effet, Karl Marx identifiait des contre-tendances à cette baisse tendancielle du taux de profit, qui sont l’expression de la lutte permanente que sont amenés à mener les capitalistes contre cette tendance de fond, à travers par exemple l’intensification de l’exploitation de la force de travail ou l’expansion du crédit. Pour comprendre la crise de 2007-2008, il faut analyser les enchaînements et les conséquences de la baisse tendancielle du taux de profit au moins depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Un certain nombre d’économistes marxistes ont utilisé les données rendues disponibles par la comptabilité nationale pour mesurer l’évolution du taux de profit sur le long terme, et beaucoup d’entre eux arrivent à un résultat qui permet d’identifier la tendance à la baisse du taux de profit ainsi que ses contre-tendances. Nous prenons ici la mesure du taux de profit effectuée par Esteban Maito sur l’ensemble de l’ensemble de la période (1950-2008), concernant 14 pays centraux et périphériques significatifs du point de vue de leur développement industriel, permettant de s’approcher de ce que le marxiste argentin Esteban Maito appelle un « taux de profit mondial ».

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