440 euros d’amendes pour avoir protesté contre des violences d’agents RATP

L'affaire du gorille de l'Elysée ne suffit pas. Jeudi 19 juillet, deux jeunes femmes se font agresser, insulter et mettre un amende par des agents RATP alors qu’elles se trouvent face à un contrôle violent.

 

 

« Un homme se trouve maintenu au sol par plusieurs agents RATP qui lui font une clé de bras. Nous décidons de nous arrêter et de filmer la scène.

Cela ne plaît pas à ces agents RATP qui nous demandent de circuler. Nous refusons de partir et de fournir nos pièces d'identités sans motifs à des agents qui ne sont pas de la police. Ces agents nous filment ou nous prennent en photo et finissent par photographier nos pièces d'identité avec leurs téléphone personnels.

Un agent tente de faire tomber nos téléphones et nous ordonnent d'arrêter de filmer. Ils prétendent qu’ils vont déposer une main courante contre nous, ils profèrent des insultes sexistes (menace de filmer sous nos robes, remarques salaces comme “elle va se toucher sur moi ce soir”), et homophobes (“qui fait le le bonhomme entre vous deux ?”) pendant l'ensemble de la scène.

Les policiers arrivent et signifient après qu'on leur ait donné nos pièces d'identité et avoir appeler le central que filmer une intervention et la transmettre à des contacts par Whatsapp n'est pas un délit. Les policiers repartent et les agents RATP en profitent pour nous mettre à chacune deux contraventions « pour stationnement abusif dans un espace » soit 110 euros et refus d'obtempérer au même tarif 110 euros.

Voilà comment ça se passe dans ce pays : quand tu filmes une intervention violente pour essayer qu’elle ne dégénère pas, on trouve le moyen de te faire payer 440 euros. »

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