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Billet de blog 21 août 2017

Maduro corrompu par Odebrecht, affirme Luisa Ortega

Luisa Ortega, ancienne procureure générale du régime, et chaviste de la première heure, est arrivée en Colombie avec son mari, le député chaviste Germán Ferrer. Quelques heures auparavant, elle a accusé le président vénézuélien Nicolás Maduro d’être impliqué dans le scandale de corruption Odebrecht.

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Courrier International – 20/08/2017

C’est une évasion éclair qu’a entreprise Luisa Ortega avec son époux et de proches collaborateurs, dont un juge anticorruption, dans la journée de vendredi 18 août. 

“Elle est arrivée à Bogotá en fuyant en bateau jusqu’à l’île d’Aruba [proche des côtes du Venezuela] et de là, en prenant un vol privé pour la Colombie”, rapporte le quotidien colombien El Tiempo.

L’ancienne procureure de la République du Venezuela, Luisa Ortega, une fidèle du régime bolivarien depuis les débuts de sa carrière, avait été limogée le 5 août dernier par la nouvelle Assemblée constituante après s’être dressée contre le gouvernement de Nicolás Maduro et avoir déclaré “inconstitutionnelle” l’usurpation des pouvoirs des députés en mai dernier , rappelle El Tiempo

Elle faisait l’objet d’une interdiction de quitter le territoire. Son époux, le député chaviste Germán Ferrer, était visé par un mandat d’arrêt lancé par les autorités vénézuéliennes.

Une fuite inévitable

“La situation de Luisa Ortega était devenue intenable (…) depuis la levée de son immunité parlementaire et le procès qu’envisageait contre elle la justice au motif supposé de son implication dans un réseau d’extorsion de fonds”, explique le quotidien de Bogotá. 

Il était sans doute grand temps que la magistrate prenne le large. Quelques heures auparavant, dans un enregistrement audio diffusé au Mexique lors d’un sommet réunissant les procureurs d’Amérique latine, elle avait accusé le président vénézuélien Nicolás Maduro “d’être impliqué dans le scandale international de corruption du groupe brésilien Odebrecht”

L’affaire Odebrecht défraie la chronique au Brésil et dans nombre de pays d’Amérique latine depuis deux ans avec des révélations sur le versement de pots-de-vin aux partis et dirigeants politiques par ce groupe de construction, en contrepartie de l’attribution de grands chantiers publics.

Dans ce document cité par El Tiempo, Luisa Ortega affirme :

Nous détenons tous les détails de ces accords, de leur montage et des personnages qui se sont enrichis. Et cette enquête implique monsieur Nicolás Maduro et son entourage.”

Luisa Ortega pourrait demander l’asile à la Colombie, mais pour l’heure, précise le journal, il n’est pas certain que l’ancienne procureure envisage de rester dans ce pays.

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