Inde: Modi sème le chaos sanitaire et cherche le coup de force -J. Chastaing

Le soulèvement paysan prépare l'affrontement et marche vers la revolution.

La seconde phase de covid qui frappe l'Inde a montré que le gouvernement de Modi, n'avait rien fait, rien prévu, rien préparé sinon détruire un peu plus l'hôpital public qui est en ruines, en manque de lits, de personnel, de respirateurs, d'oxygène. Aussi Modi - qui ne sait faire appel qu'au privé médical dans cette crise pourtant totalement dépassé - accuse tout le monde de la situation, les gens eux-mêmes de n'avoir pas respecté les gestes barrières, les Etats régionaux (en particulier ceux dirigés par des partis concurrents du BJP) de ne pas avoir fait ce qu'il fallait et surtout, le soulèvement paysan d'être responsable de la propagation de la contamination et de bloquer sur les routes le matériel médical et notamment l'oxygène qui manque aux hôpitaux.

Et Modi se lance dans une politique agressive de fuite en avant, interdisant les rassemblements (sauf ceux de son parti et des religieux hindous) et avertissant les paysans qu'il allait nettoyer leurs campements.

En même temps , bien qu'il annonce qu'il ne confinera pas nationalement, les confinements et couvre-feux locaux et régionaux se multiplient, ce qui amène les travailleurs dits migrants (qui sont nés à la campagne et travaillent en ville) des petits métiers à fuir par millions les villes pour retourner dans leurs villages afin de survivre, parce que soit ils ne peuvent plus travailler soit ils craignent un confinement total et la fermeture des transports qui les obligerait à partir à pied demain, dans des conditions dramatiques comme l'an passé où ils avaient été nombreux à mourir sur les routes.

Le chaos est donc en train de s'installer en Inde dont Modi, visiblement, espère tirer profit pour réprimer le soulèvement paysan.

Mais c'est bien l'inverse qui pourrait se produire.

Autant, c'est la panique dans la société indienne, avec un Modi de plus en plus critiqué de tous côtés, autant les paysans paraissent le seul secteur politique qui fait face, qui tient bon et qui face à l'incurie du pouvoir transforme les lieux de mobilisation en lieu de soins et vaccination, accueille, héberge et nourrit les travailleurs "migrants" en déshérence, et plus encore, semble arriver à mobiliser plus qu'hier ses propres troupes contre un éventuel coup de force de Modi.

Le lion paysan rugit encore plus fort, comme le disent les militants.

Ainsi tandis que la période des récoltes qui les avait un peu paralysés, tend à prendre fin, 10 000 à 15 000 paysans sont partis hier du Pendjab pour arriver à partir d'aujourd'hui dans les campements paysans de Delhi pour les renforcer contre Modi mais aussi pour faire face à l'afflux de réfugiés du covid. Et beaucoup plus encore devraient partir de tout le pays le 24 avril en intégrant dans leurs caravanes des équipes médicales à même à aider la population.

Même s'ils ont de faibles moyens par rapport au pouvoir, leur courage, leur détermination et leur désir de faire tout ce qu'ils peuvent pour aider la population, sont visibles par tous malgré la propagande haineuse du gouvernement et ses médias.

Et dans cette crise du covid, le soulèvement paysan pourrait bien engranger une sympathie encore plus large et surtout plus active de la part de la population qui n'en peut plus de l'incurie du pouvoir. La cristallisation de toutes les colères pourrait bien se cristalliser lors de la marche sur le Parlement à laquelle le soulèvement paysan appelle dans la première quinzaine de mai, et faire alors passer le soulèvement paysan dans une dimension bien plus importante, posant de fait la question générale du pouvoir.

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Partie du Pendjab le 21 avril, la marche des paysans commence à arriver à Delhi et le nombre de paysans augmente dans les campements pour contrer un coup de force de Modi ; la police tente d'évacuer les paysans du péage d'Asoda sur le périphérique Ouest de Delhi au prétexte qu'ils empêcheraient les véhicules médicaux de passer, ce qui est faux, mais les paysans ne se sont pas laissés faire et ont fait reculer les policiers à coups de bâtons; la marche des paysans sur Delhi partie hier du Pendjab ; convoi de paysans qui reviennent en force sur Delhi après les récoltes ; bien que protégé par la police, les paysans ont arrêté un dirigeant du BJP à Patiala dans le Pendjab ; les paysans arrivés à Delhi au Pendjab ;convoi paysan montant sur Delhi depuis des districts de Gurdaspur et de Hoshiarpur du Pendjab pour s'opposer au coup de force de Modi ; des paysans bloquent la route sous la pluie ; la queue des travailleurs "migrants" pour manger aux campements paysans de Delhi que le couvre-feu et le confinement privent de leur travail ; 2 photos du meeting aujourd'hui des paysans à un des campements de Delhi

Ici 6 photos de plus

En complément tous les jours le dossier Soulèvement en Inde et la rubrique Asie/Océanie de la Revue de Presse Emancipation!

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