Licenciements, assurance-chômage, bas salaires : ça ne peut plus durer !

Le 2 octobre, les salariés licenciés de l'entreprise TUI, pour la plupart réintégrés suite à leur lutte et les PPG (ex-Joint français) de Bezons (95), en lutte depuis le mois d'avril, organisent une réunion nationale contre les licenciements et les suppressions d'emplois. Sud Poste 92, les Gargill, les Monoprix, le Casino d’Enghien ont déjà rejoint l’appel.

Source: AR

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Licenciements, assurance-chômage, bas salaires : ça ne peut plus durer !

Alors que plus d'un millier de plans sociaux sont toujours en cours, le gouvernement veut faire entrer en vigueur sa « réforme » de l'assurance chômage dès le 1er octobre. Au printemps dernier, la mobilisation des travailleurs et travailleuses du spectacle, précaires ou privés d'emploi avait fait reculer cette attaque. Le Conseil d'État avait fini par suspendre son application malgré la publication d'un décret le 30 mars. Mais le gouvernement est revenu à la charge le 16 septembre avec un projet quasi identique... S'il entre en application, le nouveau décret rendra plus difficile et plus court l'accès à l'indemnisation, tout en faisant baisser son montant.

Les plus grandes entreprises françaises, celles du CAC 40, ont réalisé plus de 60 milliards d'euros de profits au premier semestre 2021, soit une hausse de plus de 40 % par rapport à la même période en 2019 : les riches sont encore plus riches, les pauvres encore plus pressurisés.

L'État est lui-même un acteur majeur de la vague de suppressions d'emplois. Macron a certes renoncé à son objectif de destruction de 50 000 postes dans la fonction publique, mais il ne compte certainement pas en créer pour répondre aux besoins. Et parmi les départs remplacés, beaucoup le sont par des contrats précaires, qu'il pourra supprimer lorsque le rapport de forces le lui permettra. Bien évidemment, son pass sanitaire est une arme supplémentaire pour licencier ou couper le salaire de travailleurs et travailleuses de la santé ou de lieux publics.

La vraie préoccupation de notre camp social : ne pas payer la crise des capitalistes

Le gouvernement espère sans doute que cette année électorale soit marquée par la passivité des travailleurs et travailleuses et de la jeunesse, que nous attendions sagement le mois d'avril pour mettre le « bon » bulletin dans une urne. Mais nous avons bien conscience que tout ce que notre classe sociale compte de conquêtes a été obtenu et protégé par les grèves et les manifestations.

Des grèves ont éclaté ces dernières semaines, tant contre le pass sanitaire et les licenciements, que pour les conditions de travail, comme dans la société de transports en commun Transdev en Seine-et-Marne. Le point commun de toutes ces luttes, c'est le refus de payer la crise !

Pourtant, les directions syndicales n'ont que trop tardé à proposer des dates de mobilisation. Et quand elles en proposent enfin, ce sont des dates avec des grèves sectorielles, éparpillées comme le 23 septembre dans l'éducation, et une date interprofessionnelle n'arrivant que le 5 octobre. Cette absence de perspective de convergence de nos colères est favorable au gouvernement et aux politiciens, ou « polémistes », les plus réactionnaires qui en profitent pour imposer dans la société des débats plus absurdes et racistes les uns que les autres. Lorsque notre camp social est en lutte, ce sont bien d'autres questions qui alimentent les discussions, et l'extrême droite disparaît du paysage !

À nous d'occuper le terrain

Le 2 octobre, les salariés licenciés de l'entreprise TUI, pour la plupart réintégrés suite à leur lutte et les PPG (ex-Joint français) de Bezons (95), en lutte depuis le mois d'avril, organisent une réunion nationale contre les licenciements et les suppressions d'emplois. Sud Poste 92, les Gargill, les Monoprix, le Casino d’Enghien ont déjà rejoint l’appel. Et le 5 octobre, quels que soient nos secteurs, soyons toutes et tous en grève et dans la rue : n'attendons pas plus longtemps pour occuper le terrain et nous organiser nous-mêmes !

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