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Billet de blog 25 févr. 2022

Poutine, Biden, Macron dehors ! -Jacques Chastaing

Le mois de mars doit être celui de la revolte. Comme les manifestants russes qui scandent : « la dénazifiction doit commencer ici », « Poutine dehors»,  notre meilleure solidarité est de dénazifier aussi ici, en France, de nous débarrasser de tous les fauteurs de haine et de guerre, en amplifiant les luttes actuelles.

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Les troupes russes qui ont envahi l'Ukraine vont instaurer, comme en Tchétchénie, la terreur, les bombes, les pillages, les tortures, les viols, l'épuration et les exécutions sommaires avec comme principale victime comme toujours la population civile... L'invasion militaire va faire monter un peu plus les haines nationalistes et dresser les uns contre les autres des amis, des familles qui vivaient en harmonie jusque là, ukrainiens et russophones. Nous devons exiger de toutes les manières possibles l'arrêt de l'invasion militaire et le retrait des troupes russes de l'Ukraine. Et si après les appels à la mobilisation générale en Ukraine, il y a une sorte d'autodéfense populaire qui se met en place,  nous devons d'autant plus la soutenir. 

De  nombreuses manifestations sont organisées ces jours-ci en France en soutien à l'Ukraine. Participons-y. 

En même temps les impérialismes européens et américains voudraient qu'on les soutienne contre la Russie. Nous ne le ferons pas.

Nos amis sont les peuples ukrainiens et russes qui l'un comme l'autre ne veulent pas de la guerre. Nos ennemis sont leurs gouvernements tout autant que ceux des USA ou d'Europe qui la veulent ou s'en accommodent. 

L'intervention militaire russe en Ukraine est du même type que celle de leur intervention actuelle au Kazakhstan contre les grèves ouvrières et hier en Biélorussie contre le soulèvement du peuple contre leur dictateur. Elle est du même type encore que celle de l'intervention militaire française au Mali et plus généralement en Afrique. Elle du même type toujours que celle de l'armée américaine contre les peuples dans le monde entier. Outre la rapine, les enjeux de pouvoir et de guerre économique des groupes industriels et bancaires les uns contre les autres, ces guerres servent d'avertissement aux peuples, aux classes populaires, à ceux qui se soulèvent ou qui pourraient être tentés de le faire en cette fin de covid, et de fête du capital.  

Aujourd'hui, cette guerre, outre les désastres en Ukraine, pourrait avoir des conséquences graves contre la population en Russie par une répression amplifiée, ce qui a déjà commencé, mais aussi par des restrictions économiques contre la population, si par exemple les sanctions économiques et financières envisagées par l'Occident étaient appliquées. Ce ne sont pas les dirigeants qui en pâtiront, mais la population et en premier les plus pauvres en son sein. 

Cette guerre aura aussi des conséquences en Occident si elle dure et s'amplifie par le renchérissement des prix, du gaz au pétrole en passant par le blé et bien des fermetures d'entreprises avec, encore une fois, les classes populaires qui seront aux premières lignes. Par ailleurs, comme hier avec le covid, cette guerre peut avoir des conséquences politiques en France comme partout. Macron va tout faire pour essayer d'utiliser la guerre. Comme pour le covid, en s'appuyant sur l'émotion, sur la peur, sur le sentiment d'horreur face à la guerre, il peut lancer une politique d'union nationale qu'il a déjà commencée autour de l'Otan, puis en union autour de lui-même. En faisant marteler par la presse des milliardaires, que ce n'est pas le moment de se battre entre français, il peut  tenter de prolonger la fête du capital qu'avait été la période du covid en essayant d'étouffer la vague de grèves en cours pour les salaires et détourner l'attention des questions sociales qui sont en train d'envahir la période électorale pour ne parler que de guerre, de solidarité et d'union et, au final, détruire demain le système de retraites et les protections contre la maladie et le chômage. 

Ne rentrons pas dans le jeu de Poutine, de Biden ou de Macron. 

Soutenons inconditionnellement la population d'Ukraine qui va payer par sa vie le jeu sanglant des puissances ! Soutenons la population russe qui a osé descendre dans les rues d'une cinquantaine de villes pour dénoncer l'intervention militaire russe. 

Et comme les manifestants russes qui scandaient : « la dénazifiction doit commencer ici », « Poutine dehors»,  notre meilleure solidarité est de dénazifier aussi ici, en France, de nous débarrasser de tous les fauteurs de haine et de guerre, en amplifiant les luttes actuelles.

Alors que la vague de grèves pour les salaires est en train de franchir un cap en ampleur, qu'une journée nationale de grève interprofessionnelle pour les salaires est appelée le 17 mars, que des grèves plus importantes encore que celles qui ont déjà eu lieu, sont annoncées fin mars à quelques jours des élections présidentielles comme la grève illimitée des agents de la RATP le 25 mars ou des cheminots et agents territoriaux le 31 mars, ce mois de mars sera aussi marqué par de fortes mobilisations féministes, pour le climat, antiracistes, antifascistes pour la défense des libertés ou encore pour le droit à un logement décent ! 

Nous pouvons transformer les grèves et manifestations actuelles en une vague qui dise « Macron dehors » et qui mette fin aussi à  ce système d'exploitation et d'oppression qui "engendre la guerre comme les nuées engendrent l'orage."  Cette fin février nous montre l'horreur de leur système et jusqu'où ils sont prêts à aller. Le mois de mars doit être celui de la révolte, si nous ne voulons pas être emportés par leur folie  ! Faisons entendre notre voix, la voix des classes populaires pour mettre fin à la barbarie capitaliste. Révolution sociale ou barbarie, c'est toujours à l'ordre du jour.

 En complément tous les jours la rubrique Politique de la Revue de Presse Emancipation!

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