Bilan du 24 juillet et perspectives -par Jacques Chastaing

Il est clair maintenant que tout le monde doit participer à ces manifestations qui ne touchent pas qu'au pass sanitaire et à l'obligation vaccinale mais à la société dans laquelle nous voulons vivre. NON AU PASS SANITAIRE. MACRON DÉMISSION.

Peut être une image de 3 personnes, personnes debout, plein air et foule

L'ampleur de la participation et l'intensification de la détermination lors de cette 4e journée de mobilisation (5e dans certaines villes) en 10 jours et au plein cœur de l'été contre le pass sanitaire, l'obligation vaccinale, la société de contrôle, la casse du code du travail et du statut de la fonction publique, ancre la mobilisation en profondeur et dans la durée et donne son orientation générale.

Des centaines de milliers de personnes, surtout dans les villes moyennes comme au début des Gilets Jaunes, étaient dans la rue. La police a compté 161 000 manifestants contre 114 000 le 17 juillet, très en dessous de la réalité, mais rappelons-nous qu'elle en n'avait compté que 130 000 le 1er décembre 2018, le jour où les Gilets Jaunes avaient fait trembler l’Élysée.

Après les hésitations d'une partie de la population qui s'est trouvée prise dans le piège de Macron du 12 juillet dissimulant la destruction des libertés et des acquis sociaux derrière le désir d'en finir avec l'épidémie par la vaccination, l'amplification de la participation ce 24 juillet montre que la population ne marche plus dans la propagande gouvernementale et médiatique confondant vaccination et obligation vaccinale et que ce basculement fait en seulement 10 jours va s'amplifier dans la période à venir.

Parallèlement, avec l'amplification de la mobilisation, la proportion d'anti vaccins et de militants d’extrême droite a diminué. A Paris le rassemblement de Philippot n'était pas comparable à l'ampleur de la "vraie manifestation" populaire partie de Bastille. Partout les questions de liberté, de critique de la société de contrôle, de destruction des acquis sociaux sur fond encore modeste mais germant et croissant de slogans anti-capitalistes et anti-fascistes comme à Toulouse, Lille ou Nantes... donnaient la tonalité générale et la tendance en cours pour la période qui vient.

Bien que les principales confédérations syndicales étaient absentes, et n'aient pas appelé à ces manifestations, bien des militants syndicalistes, des sections syndicales et parfois des Union Locales ou départementales y appelaient, contribuant ainsi à l'évolution de la tonalité politique générale. Plusieurs sections syndicales d'hôpitaux comme à Lyon, Montélimar, en Martinique ont appelé à la grève illimitée et bien d'autres sont en train de prendre le même chemin tandis que les différentes fédérations syndicales de pompiers ont menacé d'entrer à leur tour en action. Sous la pression du mouvement et de leur propres bases, les directions syndicales nationales on commencé à infléchir leurs positions contre le pass sanitaire et l'obligation vaccinale. Cela ne va pas encore bien loin mais témoigne toutefois dans quel sens se fait la poussée, contrairement à ce qui s'était passé au début des Gilets Jaunes où les principales directions syndicales avaient dénoncé le mouvement des Gilet Jaunes, organisant un fossé entre la base syndicale et le mouvement.

Autant le mouvement né du 14 juillet était hésitant les premiers jours dans sa détermination, autant la reprise des Champs-Elysées témoigne d'une "giletjaunisation" du mouvement, démontrant que le mouvement se gonfle et va se gonfler de toutes les colères sociales en cours, à commencer par les secteurs les plus concernés, c'est-à-dire, ceux qu'on appelait les "premières lignes", mais aussi tous ceux qui subissent aujourd'hui les attaques sociales du gouvernement et du Medef.

Ces mobilisations vont rapidement trouver un autre vecteur d'unité comme cela s'entendait déjà dans bien des manifestations et comme cela s'était fait avec les Gilets Jaunes, autour de l'exigence de la démission de Macron, tout de suite, avant 2022. Ainsi à Poitiers des manifestants sont entrés dans l'hôtel de ville, ont décroché et l'ont jeté par la fenêtre. C'est le vote populaire dans la rue donnant toute sa signification à l'énorme abstention des élections régionales et départementales et combien le gouvernement des 3% est isolé.

D'ores et déjà de nouveaux appels ont été lancé pour le prochain samedi 31 juillet et le dimanche 1er août, date de l'entrée en vigueur du pass sanitaire dans les commerces, bars et restaurants, deux jours donc continus de mobilisation prolongeant d'autres mobilisations durant la semaine selon les villes ou autour des mobilisations hospitalières.

Il est clair maintenant que tout le monde doit participer à ces manifestations qui ne touchent pas qu'au pass sanitaire et à l'obligation vaccinale mais à la société dans laquelle nous voulons vivre.

NON AU PASS SANITAIRE

MACRON DÉMISSION

En complément tous les jours la rubrique Politique de la Revue de Presse Emancipation!

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.