Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

10962 Billets

0 Édition

Billet de blog 25 juil. 2021

Contre Macron et le pass sanitaire, reprenons la voie de la lutte !

Les organisations syndicales et ouvrières, doivent prendre des initiatives de regourpement, plutôt que laisser le champ libre à l'extrême droite. Les nationalistes, racistes, sexistes, homophobes prétendent défendre la liberté alors que leur projet de société est l'autoritarisme le plus brutal. Notre camp social doit se mobiliser en toute indépendance face à l'extrême droite et au gouvernement.

Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Source: AR

Le Covid-19 a déjà tué plus de 111 000 personnes en France, sans que les capacités d'accueil à l'hôpital ne soient augmentées en conséquence. Au contraire, les suppressions de lits, y compris en réanimation, ont continué. Et alors qu'un immense plan d'embauches dans la santé serait nécessaire, les démissions s'y multiplient, tant le mépris et les conditions de travail deviennent insupportables. Maintenant, le gouvernement qui était incapable de fournir des doses de vaccin en quantité suffisante lors de son arrivée, veut le rendre obligatoire. Il va rendre payants les tests PCR, alors que même vaccinée une personne peut toujours être porteuse du virus... Une manière de culpabiliser les individus, tout en se dédouanant de ses lourdes responsabilités, d'autant que 70 % du personnel soignant avait déjà reçu au moins une dose avant l'allocution de Macron du 12 juillet. Rendre la vaccination obligatoire sous peine de perte d'emploi, c'est accentuer le flicage et la répression plutôt que de garantir les moyens nécessaires à la lutte contre l'épidémie. Oui, pour y mettre fin, une vaccination massive est souhaitable et nécessaire. Mais aucune sanction, notamment économique, n'est acceptable contre nos collègues qui ont des réticences ou des incertitudes.

Mensonges, auto-satisfaction et nouvelles attaques

Macron ment lorsqu'il dit que la situation est « maîtrisée », comme lorsqu'il dit que le gouvernement a pu « préserver » les emplois.

Alors que plus de 1000 plans sociaux sont annoncés, Macron parle de « responsabiliser » ceux et celles qui sont privés d'emploi, et non les boites qui licencient malgré les profits, les fonds de réserve, les dividendes versés aux actionnaires, les aides publiques... C'était l'esprit de la réforme de l'assurance-chômage, annulée par le conseil d'État après la lutte des travailleurs et travailleuses du spectacle et de la culture au printemps. Une réforme qu'il veut remettre sur le tapis dès que possible, tout comme celle des retraites, que la grève de l'hiver 2019-2020 avait permis de repousser jusqu'à ce que le confinement la mette en suspens. Macron prétend qu'il y aurait trop d'aides sociales et qu'il faudrait travailler plus longtemps car l'espérance de vie augmente. Quel mensonge alors que la pauvreté explose ! Quelle absurdité alors que le chômage augmente !

Macron veut nous diviser pour nous faire payer la crise. Sa solution à tout, ce sont les cadeaux au patronat : aides, baisses d'impôts, exonérations de cotisations – c'est-à-dire de l'argent volé à la Sécurité sociale... Répondons par l'unité et la lutte des travailleurs et des travailleuses, avec ou sans emploi, pour augmenter les salaires, interdire les licenciements et partager le temps de travail !

C'est ce qu'ont fait les 600 salariés licenciés du géant du tourisme TUI, qui se sont se regroupés avec d'autres boites touchées par les suppressions d'emplois. Leur lutte a permis de faire annuler le plan social par la justice !

Finissons-en avec ce système mortifère !

Ce sont ces initiatives de regroupement que devraient prendre les organisations syndicales et ouvrières, plutôt que de laisser l'extrême droite prendre la tête des manifestations contre le passe sanitaire. Les nationalistes, racistes, sexistes, homophobes prétendent défendre la liberté alors que leur projet de société est l'autoritarisme le plus brutal. Notre camp social doit se mobiliser en toute indépendance de ses ennemis, qu'il s'agisse de l'extrême droite ou du gouvernement.

Nous devons compter sur nos propres forces, non seulement pour refuser de nouvelles attaques, mais même pour en finir avec tout ce système fondé sur l'exploitation et le vol des richesses par une minorité de patrons et d'actionnaires.

Pour que l'accès à la vaccination soit garanti à toutes et à tous, partout dans le monde, les brevets doivent être levés et reproductibles librement. Quant aux entreprises pharmaceutiques, leurs détenteurs doivent être expropriés et elles doivent être placées sous le contrôle des travailleurs et travailleuses qui les font tourner, ainsi que de la population. Cela permettra d'en finir avec une concurrence mortifère qui empêche de mutualiser les progrès et d'agir pour la santé. Assurer la transparence dans ce secteur serait aussi un moyen de contrer certaines théories « complotistes », qui prennent notamment leur source dans le cynisme et l'opacité des entreprises capitalistes.

Pour cela, reprenons le chemin de la rue et de la grève !

En complément tous les jours la rubrique Politique de la Revue de Presse Emancipation!

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
En Inde, après l’attaque contre Rushdie, le silence éloquent des politiques
« Les Versets sataniques » ont été interdits en Inde, son pays natal, en 1988. Un an avant la fatwa prononcé par l’Iran contre Salman Rushdie, qui allait faire de sa vie un enfer. Son agression aux États-Unis en fin de semaine dernière n’a suscité aucune réaction officielle, dans un pays où les condamnations au nom du respect des croyants hindous se multiplient.
par Côme Bastin
Journal
Franquisme : des historiens démontent les thèses révisionnistes relayées par « Le Figaro »
La publication dans un hors-série du « Figaro » d’un entretien-fleuve avec l’essayiste d’extrême droite Pío Moa, pour qui les gauches sont entièrement responsables du déclenchement de la guerre civile en Espagne en 1936, suscite l’indignation de nombreux historiens. Retour sur une entreprise de « falsification ».
par Ludovic Lamant
Journal — Amérique Latine
Au Chili, la menace d’un refus plane sur la nouvelle Constitution
Face aux crispations sur certains points de la nouvelle Constitution, le gouvernement chilien prévoit déjà des réformes au texte en cas d’adoption par référendum le 4 septembre. Une position défensive qui témoigne de l’étroitesse du chemin vers la victoire du « oui ». 
par Mathieu Dejean
Journal — Amériques
Le jeu dangereux du Parti des travailleurs avec les militaires
Créé par Lula en pleine dictature, le PT, une fois au pouvoir, a malgré tout entretenu des relations cordiales avec l’armée brésilienne. Puis des tensions sont apparues, jusqu’à faire revenir officiers et généraux dans l’arène politique, en faveur de Jair Bolsonaro.
par Jean-Mathieu Albertini

La sélection du Club

Billet d’édition
Besoins, désirs, domination
[Rediffusion] Qu'arrive-t-il aux besoins des êtres humains sous le capitalisme? Alors que la doxa libérale naturalise les besoins existants en en faisant des propriétés de la «nature humaine», nous sommes aujourd'hui forcé·e·s, à l'heure des urgences écologique, sociale et démocratique, à chercher à dévoiler et donc politiser leur construction sociale.
par Dimitris Fasfalis
Billet de blog
Réflexions sur le manque (1) : De la rareté sur mesure
Pour que l’exigence de qualité et de singularité de l’individu contemporain puisse être conciliée avec ses appropriations massives, il faut que soit introduit un niveau de difficulté supplémentaire. La résistance nourrit et relance l’intérêt porté au processus global. Pour tirer le meilleur parti de ces mécanismes psycho-comportementaux, nos sociétés "gamifiées" créent de la rareté sur mesure.
par clemence.kerdaffrec@gmail.com
Billet de blog
Leur sobriété et la nôtre
[Rediffusion] Catherine MacGregor, Jean-Bernard Lévy, et Patrick Pouyanné, directrice et directeurs de Engie, EDF et TotalEnergies, ont appelé dans le JDD à la sobriété. En réponse, des professionnel·les et ingénieur·es travaillant dans l'énergie dénoncent l'hypocrisie d'un appel à l'effort par des groupes qui portent une responsabilité historique dans le réchauffement climatique. Un mea culpa eût été bienvenu, mais « difficile de demander pardon pour des erreurs dans lesquelles on continue de foncer tête baissée. »
par Les invités de Mediapart
Billet de blog
La sobriété, c'est maintenant ou jamais
Le bras de fer en cours avec la Russie autour des énergies fossiles est l’occasion d’entrer de plain-pied dans l’ère de la sobriété énergétique. Pourtant, nos gouvernants semblent lorgner vers une autre voie : celle qui consiste simplement à changer de fournisseur, au risque de perdre toute crédibilité morale et de manquer une occasion historique en faveur du climat.
par Sylvain BERMOND