Communiqué du Comité français de soutien à Maâti Monjib, Omar Radi et Soulaiman Raissouni
Cela fait maintenant plus de deux mois que les deux journalistes emprisonnés au Maroc Soulaiman Raissouni et Omar Radi, ont été lourdement condamnés, respectivement à 5 ans et 6 ans de prison ferme, après des procès qui n’ont offert aucune garantie de procès équitables. A ce jour nous ignorons encore quelle date sera fixée pour leurs procès en appel.
Force est de constater qu’après l’acharnement judiciaire, l’acharnement pénitentiaire se poursuit.
Ils sont tous deux emprisonnés dans la même prison Oukacha de Casablanca mais n’ont le droit ni de se voir ni d’échanger entre eux. Ils sont tous deux maintenus dans une situation d’isolement sévère, ne rencontrant personne de toute la journée, et pas même lors des moments de promenade dans la cour. Ils sont privés de visites, à l’instar de l’ensemble des prisonniers, sous prétexte de Covid, alors que la distanciation physique est la règle dans les visites de prison. Ils ne reçoivent qu’une partie infime du courrier qui leur est envoyé et se voient refuser le droit d’y répondre. Le seul contact humain qu’ils ont est celui de leurs gardiens et les brefs appels téléphoniques autorisés avec leur famille proche trois fois par semaine. Rien pourtant ne justifie une telle mesure qui n’est dictée ni par les tribunaux ni par les comportements qu’ils pourraient avoir eu en prison et auraient appelé à une sanction.
Un tel isolement depuis maintenant plus d’un an constitue une forme de torture et de mauvais traitement comme le stipule la Règle Nelson Mandela n°43 dans le document établi par l’ONU et énumérant l’ensemble des règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus : « L’isolement pour une durée indéterminée ou prolongée constituant un acte de torture ou une peine ou un traitement cruel, inhumain ou dégradant, il doit être prohibé [1].»
La durée à ne pas dépasser, en cas de sanction estimée nécessaire, est en général fixée à 15 jours. Or cela fait maintenant plus d’un an qu’ils subissent ce traitement inhumain sans que la moindre justification n’ait été donnée à un tel acharnement.
Par ailleurs, cela fait maintenant un mois et demi que Soulaiman Raissouni a mis fin à une grève de la faim éprouvante de 122 jours menée précisément pour dénoncer son procès qu’il qualifie de politique et d’arbitraire.
Les informations qui nous parviennent indiquent que depuis l’arrêt de sa grève de la faim, son état de santé reste très préoccupant : sa jambe droite est comme paralysée, il ne la sent plus et elle ne répond plus ; il ne peut plus se concentrer et a des moments d’absences psychiques fréquents ; il a aussi des problèmes au niveau des yeux et n’arrive plus à fixer les choses.
C’est pourquoi le Comité français de soutien à Maâti Monjib, Omar Radi et Soulaiman Raissouni considère que :
- il est indispensable que Soulaiman Raissouni et Omar Radi sortent dans les plus brefs délais de l’isolement qui leur est imposé, puissent recevoir des visites et établir des contacts téléphoniques mais aussi épistolaires avec leur famille et leurs amis.
- Soulaiman Raissouni doit pouvoir bénéficier de conditions de vie améliorées afin de recouvrer ses forces et sa santé et d’un suivi médical approprié dans les spécialités correspondant aux troubles dont il souffre.
Le Comité français de soutien à Maâti Monjib, Omar Radi et Soulaiman Raissouni rappelle que leur procès n’a pas été équitable, que leur place n’est pas en prison et demande leur libération immédiate.
Paris, le 24 septembre 2021
En complément tous les jours la rubrique Maghreb de la Revue de Presse Emancipation!