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Billet de blog 28 sept. 2018

Service national universel: boycottons le projet scélérat d’embrigadement

Pour vendre sa bouffonnerie, la ministre des armées vend le vieille chanson du temps du service militaire:« brassage social »,« mixité sociale », « vivre ensemble ». Ce n’est pas dans la jeunesse, mais à l’Elysée et parmi les politiciens, qu’on vit replié sur son petit monde bling bling, fait de toutes les malversations.

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28 septembre 2018

Le SNU se décompose en deux parties : pendant un mois, pris sur le temps de vacances, la jeunesse subira un internement obligatoire (15 jours de« séjour d’intégration en hébergement collectif », puis une « période d’engagement civil ou militaire »), facultative, d’une durée de trois mois minimum.

Le gouvernement annonce un coût de 2 ou 3 milliards d’euros par an, qui sera sans doute dépassé, sur le budget de l’Education nationale, alors qu’il supprime déjà des milliers de postes d’enseignants, et que l’armée bénéficie d’un financement d’environ 36 milliards d’euros par an.

Le mois obligatoire retirera aux jeunes, nombreux à travailler sur leur temps de vacances, la rémunération qu’ils en retirent, la deuxième session de 15 jours dite « période d’engagement civil ou militaire » a pour objet de les inciter à accepter un volontariat civil ou militaire, aux dépens de leur droit à étudier, renforçant leur précarité, comme c’est déjà le cas avec « service civil », autre forme de travail au rabais. La poursuite du travail aux contraintes allégées pour l'employeur, alourdies pour l'employé.

Pour vendre sa bouffonnerie, la ministre des armées vend le vieille chanson du temps du service militaire:« brassage social »,« mixité sociale », « vivre ensemble ». Ce n’est pas dans la jeunesse, mais à l’Elysée et parmi les politiciens, qu’on vit replié sur son petit monde bling bling, fait de toutes les malversations. Le civisme de ces gens, c’est juste bon pour faire la morale aux jeunes.  A 16 ans, la jeunesse a déjà pris la mesure de cette société qui entretient les discriminations, l’exclusion, sélectionne sur une base sociale, faisant réussir les élèves issus des milieux aisés et échouer les autres, comme le fait Parcoursup.

La seconde période est une manoeuvre militariste. La ministre des armées l’avoue en présentant le SNU: « les armées sont déterminées à prendre toute leur place ». Le premier projet, du général Ménaouine, tâtait déjà le terrain avec un service fortement militarisé de 3 à 6 mois. C’est bien l’embrigadement, « l’inculcation de la discipline » voulue par Macron qui est privilégiée. Pour le rapport Ménaouine, « l'appel doit être opéré à partir de 15 ans. Idéalement, il devrait être satisfait à ces obligations durant l'année suivant celle de la classe de 3ème ».

Il est possible, par le refus collectif, de mettre en pièces ce projet scélérat. Il est  l’achèvement d’un « parcours citoyen » fait de l’imposition en histoire d’un roman national, de commémorations obligatoires, du culte des symboles nationaux, de l’invention des frontières et donc des ennemis. Déjà ce matraquage gangrène littéralement l’EMC : « faire comprendre aux élèves que l’armée sert la nation. » 

Selon le rapport du général Ménaouine, le refus de se soumettre au SNU équivaudrait à une sorte de mort civile: interdits d’inscription au bac, aux examens, et au permis de conduire. 

Le SNU n’a qu’une finalité: contraindre la jeunesse à accepter un ordre politique et social d’exploitation et d’oppression.

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