jean marc descoubes (avatar)

jean marc descoubes

Avocat au Barreau de Paris

Abonné·e de Mediapart

4 Billets

0 Édition

Billet de blog 10 mars 2016

jean marc descoubes (avatar)

jean marc descoubes

Avocat au Barreau de Paris

Abonné·e de Mediapart

La Coke et le Professeur

jean marc descoubes (avatar)

jean marc descoubes

Avocat au Barreau de Paris

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Deux compères cochets étaient emprisonnés

Dans lointaine contrée.

La Cour les accusait de vouloir transporter, dans leur machine volante,

De la poudre interdite, blanche et qui donne le tournis mais beaucoup consommée.

La sentence fût sévère et nos deux compagnons,

Ne verraient plus le jour pendant un long moment.

Un savant érudit trouvant la peine sévère,

Voulut rendre justice aux tristes malandrins

Qu’il projetait d’aider à revenir chez nous,

Où la main de justice est beaucoup plus légère.

Le stratagème fût compliqué.

Il fallait affréter, avec plusieurs complices,

Sans se faire repérer par l’intraitable police,

Une sûre embarcation capable d’éloigner et de mettre à l’abri,

Les infortunés hardis.

Le plan fonctionnât cependant et l’équipée parvenait,

Au nez et à la barbe du pays outre-mer,

Au retour triomphal en contrée familière.

Le pays lointain n’avait qu’à ruminer sa colère,

Puisque notre France n’extrade aucun de ses concitoyens.

Le savant Professeur, Naudin était son nom, aurait bien pu se taire,

Et garder pour lui-même, comme un fier souvenir, sa risquée entreprise.

Il ne tenait cependant plus de faire connaître ses exploits.

Et on le vit partout, devant moult gens de presse voulant en savoir plus,

Raconter plaisamment, avec quelle vantardise sinon provocation,

Par le menu détail l’héroïque libération.

Notre homme de droit était d’ailleurs très demandé,

Puisqu’on l’attendait, à l’Université, dans le pays des pharaons,

Pour donner conférence sur l’étendue de ses connaissances,

Mal lui en a pris d’aller au bord du Nil.

Ce qui ne devait être qu’un tout simple voyage,

Devait vite tourner à son désavantage.

Le brillant légiste, trop sûr de lui, restait un peu naïf.

Il aurait dû savoir qu’Etat souverain a des oreilles et de la mémoire.

Bientôt mis aux arrêts par la garde cairote, sur lettre de cachet de Santo Domingo,

Il attend son heure, retour à l’envoyeur, pour croupir dans sombre pièce noire,

A la place de ses deux protégés.

Et comme le fabuliste, dans Le Lion et le Moucheron, l’a si bien jugé :

Qu’aux grands périls tel a pu se soustraire,

Qui périt pour la moindre affaire.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.