Soutien à Lilian Guelfi

Depuis quelques jours, cet étudiant de vingt ans est l’objet d’attaques en règle de la part de sa propre mouvance politique. Sa très grande faute ? Sa franchise, son implication et, sûrement aussi, sa naïveté dans sa participation aux travaux du comité électoral de La France Insoumise qui l’ont conduit à publiquement exprimer son désarroi. Avec de pareils amis politiques, pas besoin d’ennemis.

Pourtant, les précisions factuelles apportées par Lilian corroborent mes propres déductions et observations sur les fonctionnements internes de La France Insoumise. Aussi bien pour ce qui est de la mainmise du Parti de Gauche que de la bienveillance, du professionnalisme, de l’écoute et de la disponibilité de Younous Omarjee.

Sans doute parce que Vergès n’est pas Mélenchon.

Toutes proportions gardées, je fais également l’objet d’attaques en règle à chacun de mes doutes exprimés publiquement avec parfois, j’en conviens, une certaine véhémence.  J’ai même été taxé de «macroniste», moi, Insoumis depuis l’origine, lecteur assidu de penseurs communistes et révolutionnaires, qui a voté avec constance et application Mélenchon en 2012 et 2017 et aux deux tours, s’il vous plait.

Ainsi, la bureaucratie mortifère et népotique de La France Insoumise réagit avec une grande violence verbale, cherchant à discréditer celle ou celui qui a l’outrecuidance de s’attaquer à son infime parcelle de pouvoir ou de remettre en cause ce qui s’apparente – parfois – à un oukase.

Si ça n’était pas aussi pitoyable et peu Glorieux, ça en deviendrait – presque – risible.

Le plus remarquable, c’est que Lilian renouvelle malgré tout son profond attachement à ce mouvement et il a mille fois raison tant il est vrai que, depuis des décennies,  la France Insoumise représente la meilleure chance de changer le cours d’une histoire que la classe dominante pense avoir déjà écrite.

Pour y parvenir, l’avenir en commun constitue le socle sur lequel tous les progressistes ne peuvent que se retrouver. Encore faut-il que ce mouvement se débarrasse des réflexes partisans de l’ancien monde.

Dès avant que la 6ème république rende le pouvoir au peuple, l’ère des Insoumis doit – vraiment -commencer.

Si la jeunesse n’est pas un avantage mais, plutôt, un état transitoire, il reste le meilleur moment de la vie au cours duquel l’utopie est la mieux placée pour prendre le pouvoir.

Il y a trente ans, j’avais l’âge de Lilian et la génération à laquelle j’appartiens s’est laissée bercer d’illusions jusqu’à s’endormir profondément en gobant, souvent avec enthousiasme, les propos lénifiants du capitalisme qui étend sur nos vies son emprise chaque jour un peu plus.

Je porte cette négligence comme un fardeau.

Pourtant, aujourd’hui, je suis fier et rassuré de constater que Lilian, et les jeunes d’ici ou d’ailleurs sont animés d’une vraie conscience politique et d’une profonde aspiration à un monde idéal et sans défaut, souché sur le partage, la justice et l’équité.

Seule cette belle jeunesse pourra donner au mot communisme le sens qu’il n’aurait jamais dû cesser d’avoir.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres, j’ai voté contre cette liste.

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