Athènes, berceau de la démocratie

Les Athéniens ont inventé la démocratie. Les Grecs modernes ont su le rappeller aux financiers du monde entier qui avaient jugé bon de ne pas se soucier de l'opinion des peuples. Papandréou s'est souvenu qu'il était socialiste, que la Grèce était une démocratie... et que ce n'était pas à Berlin de dicter à la Grèce son avenir. Quelle déconvenue pour les négociateurs de cet accord. Comme à Munich autrefois les Tchèques, on ne jugeait plus que superfulu le consentement des Grecs aux "sauvetages" imaginés pour qu'ils remboursent mieux et plus vite ce qui pouvait encore l'être.

La révolte de la rue, considérée comme accessoire, a pourtant eu raison des injonctions venues de Berlin, nouvelle capitale de l'EUROpe. De cette EUROpe de la monnaie n'en veulent plus. On leur promet l'apocalypse... mais ils la vivent déjà. On les menace de l'évasion fiscale... mais c'est déjà le cas. On leur affirme que c'est un suicide économique...leur économie est déjà morte. Vive la drachme, donc. Laissons l'Euro-mark à l'Allemagne et à ceux qui la suivent les yeux fermés, faisant fonctionner son économie d'exportation sur les déficits des partenaires européens.

Le peuple Grec a crié non. Il acrié si fort que ses gouvernants, sortant de leur posture autiste, l'ont finalement entendu. Ils ont remisé leur attitude soumise, leurs capitulations sans conditions. Enfin! celui qui doit beaucoup a un immense pouvoir sur ses créanciers. la proclamation du régime démocratique par Solon a bien été précédée d'une abolition des dettes. L'égalité politique exige un minimum d'égalité économique. La primauté du politique vient d'être réaffirmée face à la technocratie européenne, face aux financiers avides qui présentaient comme des cadeaux des rabais sur les taux qui rappellent ceux de l'usure. Fin de la partie pour les banques.

L'exemple grec va faire école : bientôt le Portugal, l'Espagne, l'Irlande, l'Italie, la Belgique. Voyant que ce n'est pas un crime que de retrouver sa souveraineté, comprenant que l'Europe c'est bien autre chose que de l'argent les Européens vont peut-être enfin reprendre leur destin en main. Crime de lèse-technocratie assumé par les Grecs, qui répond au crime de lèse-démocratie que pratique Bruxelles au quotidien.

France, capitale Berlin. tel aurait pu être le titre de l'article de Mediapart, s'inspirant de la presse grecque, sur le suivisme de Sarkozy par rapport aux diktats allemands en matière économique et monnétaire. L'exemple grec fait donc particulèrement peur à nos dirigeants. Pourquoi, puisque la France est aussi parée du titre de démocratie, n'y aurait-il pas un réferendum sur le nouveau plan d'austérité proposé par François Fillon. De quoi ont donc peur nos dirgeants, s'ils pensent que leur politqque est la bonne. le peuple est trop bête pour comprendre, il ne voit pas que son immédiat intérêt. et oui, son intérêt, pas celui des banquiers et des actionnaires. C'est aux pentacotiomedines de payer les frégates (à moins que l'on revienne aux trières).

Le peuple d'Europe, qui tire son nom des frasques de Zeus, relève enfin la tête. Qu'il se réveille et s'unisse contre ceux qui usurpent l'image de son union pour le contrôler hors de tout contrôle démocratique. Le temps de l'indignation va laisser la place à celui du changement. Attention, l'opposition socialiste ne doit manquer le wagon partout. Hollande doit choisir, il ne peut pas rester en-dehors de ce débat éternellement, sous peine de finir comme Zapatero.

 

PS : Je me suis rendu que c'était le second billet que j'intitulais ainsi. Le premier date de décembre 2010 (lien).

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