Arnaud : le nettoyeur

Il dénonce des élus socialistes du PS de la fédération du Pas-de-Calais, suspects de corruption d'après les dénonciations de l'ancien maire (socialiste) de Hénin-Baumont, Gérard Dalongeville. Montebourg, comme il l'avait fait dans les Bouches-du-Rhône, faisant ainsi exploser le système Guérini, met en avant le problème éthique. Comme il l'avait fait dans le Languedoc-Roussillon en condamnant les dérives féodales du Frêchisme, dont Robert Navarro est aujourd'hui la survivance désuète utilisée par Hollande, il dénonce. Il prévient Martine Aubry que sa "gestion calamiteuse" à Marseille ne doit pas se reproduire à Liévin, comme le montre le courrier que s'est procuré le Monde (Article du Monde).

Comme lors de ses combats pour la rénovation du PS, pour le non-cuml des mandats, pour la limitation d'âge des candidats, pour les Primaires... il va continuer à s'aliéner des caciques du parti, de puissantes "fédé" plus féodales que fédérales. Montebourg s'en fout, il s'appuie sur son score aux Primaires et sur le soutien actif de militants détachés de l'appareil pour la plupart, dégoûté du système perpétué par Aubry et Hollande, ddécidément adeptes d'un clientélisme d'un autre temps.

Quel autre homme politique dénonce les turpitudes de son propre parti? Quelle pseudo-loytauté justifie la loi du silence qui fait que chacun, jusqu'à la dernière extrémité, soutient, au-delà du vraisemblable la présomption d'innocence des élus de son propre camp. Pour une politique propre, Montebourg choisit de porter sur le place publique la présomption de culpabilité qui entâche décidément l'action publique. Celle de Chirac à l'UMP autrefois, celles de Guérini ou de Kucheida au PS aujourd'hui. Parce que l'argent n'a pas d'odeur, parce que la corruption n'a pas de couleur politique.

Chevalier blanc? Peut-être. Vaut-il mieux continuer à vivre dans la perpétuelle suspicion? Doit-on voir démissionner les ministres (Woerth, Blanc, Alliot-Marie...) ou encore voir revenir d'anciens condamnés comme Juppé ou Longuet? Quel politique de l'UMP a dénoncé les dérives de ses camarades? Quel autre socialiste s'est élevé contre les pratiques douteuses et les conflits d'intérêt à l'intérieur de son propre parti?

Aubry et Hollande sont au pied du mur. Montebourg les oblige à nettoyer les écuries d'Augias.

Martine Aubry lance une commission d'enquête. Il s'agit de ne plus enterrer les dossiers : elle en est désormais publiquement responsable, qu'elle le veuille ou non. Il vaut mieux faire sortir les cadavres des placards avant qu'ils ne viennent hanter la campagne présidentielle. L'action de Montebourg est une oeuvre de salubrité politique qui, loin de salir le PS, lui rend un peu de crédibilité.

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