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Billet de blog 14 décembre 2010

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Le divorce des Pouvoirs

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Depuis le début de l'ère Sarkozy, la société s'est modernisée. On n'avait pas connu un tel rajeunissement depuis l'élection de Giscard, c'est dire. le divorce est à l'ordre du jour, il est à la mode, c'est la tendance sociétale. Il ne s'agit pas, bien entendu, nous sommes sur Mediapart, du divorce privé. Le remplacement de Cécilia par Carla, orchestré par Séguela n'a, nous sommes bien d'accord, aucun intérêt, mis à part pour les journaux people (Nouvel-Obs ou l'Express). Non, il s'agit du divorce institutionnel.

La bagarre autour du jugement du tribunal de Bobigny sur les agissements des policiers est révélatrice sur ce sujet. Le pouvoir exécutif, au service du clan de l'hyper-président, ne s'embarrasse plus des deux autres qui n'apparaissent, au mieux, que comme des contre-pouvoirs, au pire comme des freins à l'activité débordante de Notre Président. Brice Hortefeux, confiant dans l'appui de son plus vieil ami, ne s'embarrasse plus de la Constitution, de Montesquieu, des traditions républicaines et se permet de remettre en cause publiquement les décisions de la Justice. Il met en cause le tribunal de Bobigny en évoquant la relaxe de trafiquants de drogue présumés et en l'opposant à la condamnation de policiers ayant abusé de leur pouvoir. Hors, les policiers sont bien coupables, car tel a été le jugement. Le suspect évoqué par Hortefeux est innocent, jusqu'à la preuve du contraire. Même chose lorsqu'il évoque à nouveau (dimanche soir, France-inter, émission de M. Aquili) l'affaire d'Uriage et les désaccords entre la police et la Justice. Un ministre ne peut pas remettre en cause la décision de magistrats indépendants, sinon les magistrats sont sous influence. Cette subtilité échappe à M. Hortefeux, devant les journalistes politiques, unanimement atterrés par une telle inculture politique.

L'exemple vient d'en-haut. Nicolas Sarkozy avait qualifié Dominique de Villepin de "coupable présumé". Le divorce des pouvoirs entre l'Exécutif et le Judiciaire semble donc consommé, le mépris s'affiche publiquement. L'affaire Bettencourt, l'affaire Wildenstein, l'affaire Karachi, autant de boulets politiques qui se retrouveraient moins lourds à porter avec un discrédit de l'institution judiciaire. La théorie du complot des magistrats, si souvent entonnée par Silvio Berlusconi, trouve un nouvel écho par-delà les Alpes. On veut nous faire croire que les juges sont déconnectés de la réalité et du monde. On veut réformer la Justice en donnant le pouvoir d'investigation au seul Parquet, sous l'autorité de...l'Exécutif. On veut le divorce, mais avec la garde des enfants.

Quand au troisième pouvoir, le Législatif, il peine à exister . Députés et Sénateurs tremblent de perdre la faveur du Prince qui fait les carrières et découpe les circonscriptions. Quelques Sénateurs autour de Raffarin et Mercier, tentent bien de monnayer une pseudo-indépendance, le parti qu'ils en tirent est bien maigre et surtout très provisoire. Le Présidentialisme est dans l'air du temps, tous les divorces ont consommés, vive la course effrénée vers un pouvoir sans partage et sans alternance. Fut-elle une fuite en avant.

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