Mélenchon/Montebourg: convergences

 Les deux politiques les plus combattifs à gauche sur le thème de la crise financière sont Montebourg et Mélenchon. Issus du même courant de la gauche du PS, ils ont choisi des stratégies politiques différentes.

 

Les deux politiques les plus combattifs à gauche sur le thème de la crise financière sont Montebourg et Mélenchon. Issus du même courant de la gauche du PS, ils ont choisi des stratégies politiques différentes.
Jean-Luc Mélenchon a préféré s'éloigner du PS pour fonder un nouveau rassemblement de Gauche et a réussi à fédérer diverses tendances : des socialistes déçus de la droitisation du PS, des communistes, des déçus du NPA, la Fase, des associatifs et syndicaux... Il incarne aujourd'hui une alternative de gauche au PS.
Arnaud Montebourg, lui, n'a pas franchi le pas. initiateur du NPS, il a pourtant toujours porté l'idée d'un PS vriament de gauche, capable de réinventer la politique et non plus seulement victime de la conjoncture. Artisan des primaires, c'est à cette condition de renouveau démocratique qu'il joue aujourd'hui le jeu de la candidature présidentielle à l'intérieur du PS. Il incarne aujourd'hui la gauche du PS.
Avaec des choix politiques différents donc, il s en restent pourtant idéologiquement très proches.


Voici l'exemple de deux analyses de la Crise par Mélenchon puis Montebourg :


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Jean-Luc Mélenchon (lien sur son blog) : Article du 6 août 2011, Le roi est nu.


" je propose avec le Front de Gauche : soumettre les marchés au contrôle politique et à la volonté des parlements.
C'est possible. Comme nous le demandons depuis des mois, il faut sortir les Etats de leur dépendance financière obligée aux marchés en permettant à la BCE de leur prêter directement à un taux identique ou plus favorable que celui qu’elle accorde aux banques. Des solutions simples existent aussi pour renflouer nos finances publiques : annuler partiellement ou intégralement la dette, récupérer les centaines de milliards d'euros partis en fumée sous forme d'exonération d'impôts pour les plus riches, taxer les revenus du capital à la même hauteur que ceux du travail ; lutter sérieusement contre la fraude fiscale (entre 40 et 50 milliards d'euros dans notre pays !) ; taxer les transactions financières ; interdire les flux financiers avec les paradis fiscaux, bloquer les flux spéculatifs."


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Arnaud Montebourg (lien sur son blog) : Article du 7 août 2011: Démanteler les agences de notation privées, véritables dangers publics.

 

" L’impact des notes données par les agences de notation et la chute historique des bourses depuis une dizaine de jours montrent les dangers de marchés spéculatifs contre lesquels aucune espèce de mesure coercitive n’a été prise par aucun pays européen. Il est aujourd’hui plus nécessaire encore qu’hier que l’Europe réalise un acte fort de souveraineté et de protection des peuples contre la spéculation et la volatilité irrationnelle des marchés. Pour cela, j’ai déjà fait deux propositions que la situation rend chaque jour plus actuelles :

1- le rachat par la banque centrale européenne des dettes générées par la crise, la mutualisation de celles-ci et leur gestion par une agence européenne de la dette car chaque pays européen ne peut rien isolément contre la spéculation.

 

2- Les gouvernements européens devront enfin se décider à taxer les transactions financières pour rembourser la dette créée par la crise. La reconquête de l’indépendance financière de l’Europe est la seule condition crédible et viable pour sortir raisonnablement de la crise."


Les solutions et les diagnostics sont proches. Les deux stratégies d'accession aux responsabilités sont par contre divergeantes sur un plan purement politicien... un véritable rassemblement de la gauche passe soit par l'union des deux tendances, soit par la disparition de l'une d'entre elle au profit de l'autre. Il serait regrettable que les divergences stratégiques finissent par occulter les accointances idéologiques, que la forme l'emporte sur le fond. Le premier des deux qui fera donc une offre publique d'alliance, qui garantira à l'autre qu'il veut gouverner avec lui, sortira grandi de cette démarche logique. Que des appels soient lancés et que la dynamique d'union l'emporte sur les querelles d'ego... ne veulent-ils pas tous les deux passer à la sixième république?

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