Faillite sécuritaire de Toulouse : Longuet, Guéant, Sarkozy doivent s'expliquer

Le suspect des igonbles meurtres de Montauban et Toulouse était connu des services de police et de renseignements pour avoir été appréhendé à Kandahar et avoir voyagé en Afghanistan et au Pakistan.

Comment, en France, aujourd'hui, est-il possible qu'un homme "surveillé" par la police puisse se procurer des armes de gros calibre et tuer à trois endroits diufférents avant d'être arrêté... chez lui?

Pourquoi toutes les personnes de "ce profil" n'ont-elles pas été interrogées après les premiers meurtres? Y a-t-il des milliers de Toulousains qui ont un profil terroriste?

Il ne s'agit pas de remettre en cause le sérieux et le courage des policiers qui arrêtent actuellement ce taré. C'est d'ailleurs une enquête classique qui a permis de remonter jusqu'à lui (témoignage d'un concessionnaire de scooters, adresse IP d'ordinateur) et non pas les "fiches" des services de renseignements. Gérard Longuet, tôt ce matin tentait d'ailleurs déjà d'étouffer, maladroitement, le problème en disant qu'il aurait été impossible d'empêcher la tuerie des enfants... drôle de conception de son rôle de ministre de la Défense.

Il s'agit donc de dénoncer la nullité de la politique de gestion du risque terroriste en France, celle qui est décidée par Longuet, Guéant et Sarkozy. Ce drame est une faillite de leur sécurité de façade, c'est la preuve que l'affichage a remplacé le travail de fond, même sur les sujets les plus graves.

Les services de renseignements sont-ils si occupés à espionner les journalistes qu'ils ne peuvent pas s'occuper des djihadistes? Une semaine pour arriver jusqu'à une carricature de coupable? On pensait qu'il faisait du tourisme à Kandahar? Qui, quel service devait le suivre? A quoi étaient-ils occupés après les premiers meurtres? Autant de questions auxquelles devra répondre le gouvernement. Autant de questions que posereont les familles de toutes les victimes, toutes réunies, au-delà des appartenances confessionnelles, dans la même douleur, que nous partageons tous.

Ces meutres ne sont pas ceux d'un fou imprévisibles, ils sont l'aboutissement d'une idéologie terroriste, construite lors d'un parcours connu des services de renseignement. Pourquoi avoir laissé ce parcours aller jusqu'à un tel terme?

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