jean-marc gavanon
Dissident
Abonné·e de Mediapart

122 Billets

2 Éditions

Billet de blog 27 juin 2011

jean-marc gavanon
Dissident
Abonné·e de Mediapart

Tous socialistes

jean-marc gavanon
Dissident
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ils le sont tous. Sans avoir forcément leur carte au PS, ils n'hésitent plus à revendiquer le socialisme comme fondement de leur politique future. Le seul qui déroge à la règle, c'est Sarkozy. Tous les autres candidats, déclarés ou putatifs, à l'élection présidentielle, qu'ils soient de droite, de gauche ou du centre, présentent leur ambition sociale et socialiste comme coeur de leur projet. Même Dominique de Villepin, en se présentant comme un gaulliste social, a voulu jouer sur la fibre populaire, ce qui n'était pas évident, pour se différencier de Sarkozy.

Jean-Louis Borloo a lancé ce week-end à Epinay (comme si l'appel du pied à la mémoire de Mitterrand ne pouvait pas être plus clair), l'ARES : Alliance républicaine écologiste et sociale. Il se présente comme le spécialiste de la question sociale, des banlieues, de l'emploi, de la cohésion nationale... il prétend créer la surprise en mobilisant au-delà des clivages traditionnels grâce à sa nouvelle formation "lancée pour vingt ou trente ans". On dirait qu'il s'engouffre dans le créneau de Bayrou.

Le Modem avait aussi essayé, en son temps de mobiliser sur la question sociale. Il n'a cependant jamais réussi à convaincre à gauche tout en perdant ses soutiens à droite, miné par l'attraction des postes que proposait le sarkozysme. Bayrou, aujourd'hui, n'existe plus médiatiquement qu'en jouant le rôle de juge de moralité, un peu coincé et ridicule mais que l'on écoute sur les sujets de société, un leader sans véritable parti, qui ne parvient que rarement à être accepté dans des alliances électorales avec le PS. L'idée du ticket Bayrou-Royal de 2007 semble aujourd'hui bien loin.

Au PS aussi on fait campagne sur le social, cela semble évident, même si ce n'a pas toujours été le cas. Ségolène Royal continue de présenter son expérience régionale et cultive toujours ses slogans de 2007 (démocratie participative, ordre juste...) en espérant que la primaire et la ségosphère (très active sur Mediapart, mais ce n'est pas une critique), puisse faire naitre une surprise aux primaires. Les procès en identitaires" qui se perdent dans la carricature jusqu'à choisir un candidat "parcequ'il est ouvrier.

Mélenchon rassemble à gauche, sur le programme socialiste qu'il défend, inviquant les manes de Jaurès et des exemples puisés en Amérique latine. C'est un socialisme historique, qui se dédouane de l'évolution blairiste d'un parti du PS actuel, tendance qui fut incarnée par DSK.

Du côté d'Europe écologie les verts (seule formation importante de gauche qui ne va pas être représentée par un socialiste), Eva Joly essaie de faire valoir sa différence face à Nicolas Hulot sur la question sociale. Le socialisme, autant que l'écologie, sont au coeur du débat politique chez les anciens verts et leurs nouveaux alliés. Hulot est contraint à donner des gages de socialisme, le temps de Waechter et de la neutralité politique de l'écologie semble définitivement révolu.

Et puis si l'on se retourne et que l'on va à l'autre bout de l'échiquier politique, on trouve que Mrine Le Pen elle-même fait sa campagne sur la question sociale. Les citations de Jaurès, de De Gaulle, étaient une chose. Le lien qu'elle affirme en permannence entre socialisme et nationalisme en est une autre. Elle se place démagogiquement en rupture avec le libéralisme rejetté par la population pour promouvoir la "préférence nationale", c'est à dire l'inégalité. La reprise et la déformation de l'idée de démondialisation, chère à Montebourg, est aussi une affirmation de cette terrible méprise qu'elle tente de faire naître. En politicienne consommée, elle a bien compris que le socialisme était la grande idée de cette campagne et qu'il fallait qu'elle associe ce mot à l'idéologie nationaliste du FN, au risque de recréer une doctrine hybride et inquiétante, comme le fut le national-socialisme allemand.

Tous les candidats éventuels donc (pardon si j'en ai oublié) sont assurément porteur d'un message à cononnance socialiste, plus ou moins dilué, plus ou moins détourné, plus ou moins sincère. Le socialisme semble être redevenu, en pleine crise, une idée neuve en Europe (pour paraphraser Saint-Just qui disait cela du bonheur).

Le seul finalement qui ne s'en réclame pas, finalement, c'est Sarkozy. On se demande bien pourquoi, lui, si fin politique, n'ose pas mettre en avant sa fibre sociale. La honte, peut-être?

Dans tous les cas, le candidat de la droite est clairement identifié, tous les autres font leur campagne sur le socialisme.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
À Saint-Étienne, le maire et le poison de la calomnie
Dans une enquête que Gaël Perdriau a tenté de faire censurer, Mediapart révèle que le maire de Saint-Étienne a lancé une rumeur criminelle, dont il reconnaît aujourd’hui qu’il s’agit d’une pure calomnie, contre le président de région Laurent Wauquiez. À l’hôtel de ville, des anciens collaborateurs décrivent un quotidien empoisonné par la rumeur, utilisée comme un instrument politique.
par Antton Rouget
Journal — France
L’encombrant compagnon de la ministre Pannier-Runacher
Des membres du ministère d’Agnès Pannier-Runacher sont à bout : son compagnon, Nicolas Bays, sans titre ni fonction, ne cesse d’intervenir pour donner des ordres ou mettre la pression. En outre, plusieurs collaborateurs ont confié à Mediapart avoir été victimes de gestes déplacés de sa part il y a plusieurs années à l’Assemblée nationale. Ce que l’intéressé conteste.
par Lénaïg Bredoux, Antton Rouget et Ellen Salvi
Journal
Morts aux urgences, pédiatrie sous l’eau, grève des libéraux : la santé au stade critique
Covid, grippe, bronchiolite : l’hôpital public vacillant affronte trois épidémies. En pédiatrie, dix mille soignants interpellent le président de la République. Côté adultes, les urgentistes ont décidé de compter leurs morts sur les brancards. Et au même moment, les médecins libéraux lancent une grève et promettent 80 % de cabinets fermés.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal
Un vaste mouvement social s’installe chez Arc en Ciel, sous-traitant du nettoyage
À Paris, Puteaux et Lyon, des salariés d’Arc en Ciel, une grosse entreprise de nettoyage présente dans de nombreux sites publics, sont en grève. En creux, c’est le recours à la sous-traitance dans les gares, les universités ou les hôpitaux qui est mis en cause.
par Yunnes Abzouz

La sélection du Club

Billet de blog
Le cochon n'est pas un animal
Pour nos parlementaires, un cochon séquestré sur caillebotis dans un hangar n'est pas un animal digne d'être protégé. C'est pourquoi ils proposent une loi contre la maltraitance animale qui oublie la grande majorité des animaux (sur)vivant sur notre territoire dans des conditions indignes. Ces élus, issus des plus beaux élevages politiciens, auraient-ils peur de tomber dans l'« agribashing » ?
par Yves GUILLERAULT
Billet de blog
Abattage des animaux à la ferme. Nous demandons un réel soutien de l’Etat
Solidarité avec Quand l’Abattoir Vient A la Ferme : Depuis 2019, la loi autorise les éleveurs, à titre expérimental, à abattre leurs animaux à la ferme. Ils n’ont toutefois bénéficié d’aucuns moyens dédiés et doivent tout à la fois assurer les études technique, financière, économique, sanitaire. Respecter les animaux de ferme est une exigence collective. Nous demandons un réel soutien de l’État.
par Gaignard Lise
Billet de blog
L’animal est-il un humain comme les autres ?
Je voudrais ici mettre en lumière un paradoxe inaperçu, et pour commencer le plus simple est de partir de cette célèbre citation de Deleuze tirée de son abécédaire : « J’aime pas tellement les chasseurs, mais il y a quelque chose que j’aime bien chez les chasseurs : ils ont un rapport animal avec l’animal. Le pire étant d’avoir un rapport humain avec l’animal ».
par Jean Galaad Poupon
Billet de blog
Noémie Calais, éleveuse : ne pas trahir l’animal
Noémie Calais et Clément Osé publient « Plutôt nourrir » qui aborde sans tabou et avec clarté tous les aspects de l’élevage paysan, y compris la bientraitance et la mort de l’animal. Entretien exclusif avec Noémie.
par YVES FAUCOUP