Le Front de Gauche se rallierait à Montebourg dès le premier tour...

2012 - Un accord Mélenchon/Montebourg dès le 1er tour? © Nic TEL
2012 - Un accord Mélenchon/Montebourg dès le 1er tour? © Nic TEL

 

C'est Jean-Luc Mélenchon qui le disait lui-même dès le mois de mai sur France 5.

Il le répète encore dans Le Monde comme le note l'article de Médiapart (ici) en qualifiant la résistance d'Arnaud Montebourg au PS de préciseuse. Il faut dire, et Jean-Luc Mélenchon le reconnait, que les convergences d'idées sont nombreuses (ici sur la dette) entre les deux hommes. Une entente de premier tour entre le Front de Gauche et un PS représenté Arnaud Montebourg serait donc un gage de présence et ferait reculer définitivement le spectre d'un nouveau 21 avril qui permettrait à coup sur la réelection de Nicolas Sarkozy. Même si l'on préfère rejetter ce scénario au Front de Gauche, il reste toutefois assez plausible pour inquiéter, au moins officieusement. Il serait d'ailleurs politiquement suicidaire d'apparaitre comme les irréductibles diviseurs de la gauche, un NPA bis. De plus en plus de militants de gauche, déçus de ce sectarisme, se retrouvent d'ailleurs dans les différents mouvements fédérés par le Front de Gauche (GU, Fase...) autour du PG de Jean-Luc Mélenchon. Y ajouter l'aile gauche du PS serait fédérer de nouveaux soutiens, appréciables en termes d'élus et de crédibilité électorale. C'est en cela qu'Arnaud Montebourg peut être précieux à Jean-Luc Mélenchon.

Les appels du pied du tribun candidat à la présidence de la République au député socialiste sont assez répétés pour que l'on ne s'y trompe pas. Inversement, ce soutien et ces bons rapports avec le Front de Gauche sont un atout pour Arnaud Montebourg dans la primaire socialiste, car il peut ainsi se poser en rassembleur de toute la gauche, au-delà du PS. L'alliance du Front de Gauche serait assurée si Montebourg était le candidat du PS, peut-être même dès le premier tour de l'élection présidentielle.

Dans ces conditions, tout semble gagnant-gagnant pour l'instant dans la relation qui unit les deux hommes. Sauf peut-être l'épineuse question de savoir qui serait le candidat à la Présidentielle. On imagine mal le PS, ayant désigné son candidat aux primaires, renoncer à présenter l'un de ses membres devant les Français. On a vu quelle douleur cela avait été pour le PCF, alors que les communistes sont très loin d'avoir les ambitions socialistes à la présidentielle. Arnaud Montebourg donc, mais qui devrait négocier avec le Front de Gauche pour que celui-ci soit doté s'un véritable poids parlementaire et que Jean-Luc Mélenchon accepte d'être le premier ministre ou ministre d'Etat de Montebourg... postes d'ailleurs centraux afin de sortir la France de la crise et instaurer assez rpidement la VI° république (lien) au programme des deux hommes.

La division de la gauche n'est donc qu'une vue de l'esprit, c'est la division des socialistes et leur refus de s'engager trop à gauche qui induit la scission avec le Front de Gauche. Une telle alliance pourrait redonner tout leur poids politique à des personnalités respectés mais marginalisés par la droitisation du PS (Henri emmanuelli et Ségolène Royal) ou encore des responsabilités gouvernementales aux différentes formations du Front de Gauche dans un gouvernement d'union nationale (Autain, Picquet, Laurent...)

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