Peuple des lumières, ne sens-tu rien venir ?

Peuple de gauche, ne sens-tu rien venir? Ne vois-tu pas s'amener à grands pas les souffleurs de bougies, les faiseurs d'ombre, n'entends-tu pas le bruit des bottes de ceux qui n'ont pour seul dessein que de nous ramener au fond des siècles obscurs? Ils sont là, nous le savons, avec leurs haleines putrides, leurs voix sans humanité, leurs postures triomphantes. Ils sont là, oui, au coin des urnes, tapis, embusqués, attendant l'heure des possibles monstrueux. Peuple de gauche, tourne ton regard, vois-les aux Amériques pubères,  mais aussi dans la sainte Russie, dans la populaire Chine, dans l'Inde mystique, au Proche et au Moyen Orient; dans le sahel africain. Où que pourront se tourner tes yeux, tu les verras, les assassins de l'humanité. Ces caricatures d'hommes, ces erzats à l'apparence humaine, ces faiseurs de misère qui ne pensent qu'au bonheur de leurs intérêts, de leurs égos, de leurs folies meurtrières!

OUI, maintes fois ce constat fut fait. OUI des flots de littérature, des fleuves de paroles ont dénoncé les faits. Et pourtant, de marche en marche, inexorablement, nous  continuons nos descentes aux enfers.

 

Peuple des lumières, je t'entends et tu m'inquiètes ! Je te sens chouinant, pas franc du collier, sans entrain, revenchard en ton sein, peu révolutionnant, éteint, soupçonneux de ton camp. Je suis terrifié à la vue de cette marche qu'encore, ensemble, nous allons devoir une fois de plus dégringoler. Sommes-nous inéluctablement condamnés au sacrifice, sommes nous prisonniers de nos peurs, de nos intelligences, sommes-nous faits pour la souffrance?

Et demain ? Car il viendra. Demain à qui ferons-nous porter la faute des maux encore plus terribles qui seront advenus. Qui endossera cette nouvelle faillite? Vous, toi, moi, l'autre peut-être, l'autre certainement !  

Alors je crie SUFFIT !! Assez de ces mots perdus, de ces balles perdues, de ces jusqu'aux boutismes stériles. Hugo en son temps, au perchoir, invectivait ses pairs de France pour dénoncer la misère " Vous vous occuperez ensuite de savoir si les boutons de la garde républicaine devront être blancs ou jaunes !"

Occupons-nous aujourd'hui de l'austérité, "Nous nous occuperons ensuite de savoir si celui-ci est parti en campagne trop tôt, trop seul ou si la députation est un sujet prioritaire, ou s'il est de bon ton de perdre une partie de son identité." Chacun a-t-il bien compris ce qu'est l'austérité? Chacun en sa conscience a-t-il bien identifié ceux qui gémissent derrière ce vocable lancé à la volée? L'AUSTERITE, ce sont ces femmes, ces hommes, ces enfants qui se déshumanisent dans leurs voitures. Ce sont ces ouvriers pauvres, ces chômeurs mis aux bancs de la société, ces errants, ces sans avenir, ces deshonorés.

Croyez-vous que ces agonisants aient à voir avec vos états d'âmes partisans ? Honte sur nous si les réactionnaires venaient à s'emparer du pouvoir. Honte sur nous car nous le savons d'oers et déjà, la rue et sa désespérance seront le futur de nos fils, de nos voisins, de nombre de nos concitoyens.

Je vous en conjure, rejoignons le rang, chacun à notre place, aucune d'entre elle n'est indigne. S'il faut des porte drapeau, il faut aussi des colleurs d'affiches, s'il faut des généraux, il faut aussi des fantassins.

Demain, car il viendra, nous pourrons alors affirmer j'étais de cette armée, celle des lumières retrouvées!!! 

 

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