La Savoie est, selon moi, l’exemple d’une droite républicaine qui, comme sous le règne de Sarkozy, ne pouvant s’exprimer, est tenue en otage.
Les citoyens qui pouvaient se dire « de droite » n’avait naguère d’autre choix que voter UMP. Ce vaste ensemble dit « Union » regroupait sous sa bannière des positions très différentes, voire opposées, allant de la droite sociale, humaniste, héritière des Marc Sangnier, aux tendances communautaristes et sectaires, très proches du FN. Ces dernières se sont révélées en fin de quinquennat, lorsque la défaite devenait probable. Sarkozy, et avec lui, son clone, Copé, exprimèrent enfin clairement une doctrine qui faisait fi des nuances. Il s’agissait d’utiliser une fois encore la peur en lançant une croisade contre les mécréants, les non-chrétiens, agnostiques et, bien sûr, musulmans, tous ces gens censés menacer la civilisation, c’est-à-dire leur sécurité et leur portefeuille.
Sarkozy dirigeait la manœuvre alors que Copé se chargeait de l’appliquer. Celui-ci, gardait la haute main sur ses députés, veillant à ce qu’ils marchent du même pas, quasiment le pas de l’oie.
Les deux compères avaient d’autant plus les coudées franches qu’ils se gardaient le premier ministre d’alors, Fillon, comme caution, comme preuve de la représentation de la droite républicaine. Ainsi celle-ci, tout comme Fillon, était, au sein de l’UMP, réduite au silence.
Or Sarkozy parti, reste l’UMP, et Copé qui s’en proclame le chef naturel et veut poursuivre le combat de son mentor, avec les mêmes armes, les arguments d’extrême-droite, et ses fidèles députés sortants.
Fillon exprime son désaccord mais peut difficilement faire plus, sous peine d’être accusé de jouer contre son camp.
Une fois encore, la droite républicaine, celle qui, comme Fillon, refuse les positions extrémistes de Copé, se voit muselée.
Va-t-elle, cette droite républicaine, devoir voter pour des représentants de l’extrême-droite ?
Ce serait choisir la facilité, même si l’enthousiasme n’y est plus. Car voter à gauche est pour la plupart impensable. Ce serait trahir une longue tradition.
Alors s’abstenir ?
Les républicains de droite, et de bonne volonté, ne vont pas avoir tâche facile !