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Billet de blog 3 octobre 2011

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A ceux qui aiment le rugby.

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J’aime le rugby ! Devant le poste de télévision, certes, mais quand même.C’est la seule guerre que j’aime.Guerre ? Oui, je crois.Car les combattants des deux camps engagent totalement leur corps et leur intelligence. Ils libèrent une agressivité difficilement contenue, chacun désirant la victoire, mais ils respectent les règles, et aussi l’adversaire, et également l’arbitre, même si ses décisions sont parfois contestables.Il s’agit bien d’une guerre, mais celle-là n’a rien de sainte, elle est simplement saine, et autour de ce champ de bataille aux contours balisés au centimètre près, les civils ne risque que la crise cardiaque tant leur passion est grande.Oui, j’aime le rugby car sur ce terrain, la triche n’est pas de mise. Chacun donne tout ce qu’il a, rien de plus, rien de moins, et se met au service des autres sans lesquels l’individu ne pourrait pas grand-chose. C’est l’exemple parfait de la démocratie. Ni tyrannie, ni anarchie, sinon c’est le désastre.Et que le meilleur gagne !Or, ces jours, ce rugby a provoqué chez moi une grande colère.Pas le rugby lui-même, mais ses commentateurs.Je n’ai pas dépouillé toute la presse sportive, j’ai d’autres préoccupations moins vaines, mais le peu que j’en ai lu m’a fait bouillir.« Le XV de France proche du néant !...Equipe de France sans âmes…Rappelez-vous l’humiliation italienne… » et sans doute, sans avoir à chercher, des tas d’autres insultes, plus stupides les unes que les autres, qui puent la démagogie à plein nez.Car bien sûr que ces ronds de cuir mal placés pour commenter les aléas d’un cuir ovale, qui ne seraient pas foutus de courir cinquante mètres, ni d’oser entraver la course d’un de ces aurochs lancés à tout berzingue, bien sûr que ces journaleux anémiques comptent sur le chauvinisme du public pour vendre leur papier et se faire de l’argent ou peut-être même un nom.Vous êtes, messieurs les chroniqueurs ce qui se fait de pire en matière de journalisme.Vous nuisez à ce sport qui pourtant vous fait vivre. Vous en dénaturez la beauté, en brisez la noblesse. A travers vos commentaires haineux parce que « votre » équipe n’a pas satisfait votre petite ambition, vous apprenez aux jeunes à mépriser le faible, celui qui a perdu alors qu’accepter la défaite, saluer le vainqueur, est preuve d’un grand courage. Et, par la même occasion, vous insultez l’adversaire qui n’aurait pas dû gagner. Si seule compte la victoire, la victoire à tout prix, alors s’ouvre grande la porte à toutes les bassesses, et magouilles, et la perversion s’étend à toute la vie sociale.Alors oui, c’est vrai, moi aussi j’ai regretté la défaite du XV français devant les sujets de Tonga. (J’ai découvert que cet archipel était un petit royaume) Mais je n’ai pas été triste, car mon admiration pour le courage de cette équipe que les journalistes considéraient comme insignifiante l’a emporté sur le regret. Ce fut une âpre bataille, dont l’adversaire sortit de peu vainqueur, mais les perdants, pour moi, n’avaient en rien démérité.Je ne pense pas être le seul à trouver que ce XV de France est une bien belle équipe, faites de joueurs courageux, coriaces et intelligents. Peut-être ne sera-t-elle pas la championne du monde, la belle affaire ! Dans ce cas les détenteurs de la coupe pourraient se glorifier d’avoir battu cette si prestigieuse équipe et leur mérite ne serait que plus grand. Mais ça reste à voir. Les jeux ne sont pas terminés. Si votre défaite, à vous le XV de France, permet de modifier si nécessaire votre jeu, tant mieux, et je ne suis sans doute pas le seul à vous faire confiance.Mais d’ors et déjà vous avez gagné mon respect.

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