"Je rappelle souvent Lévi-Strauss" qui disait "+l'identité n'est pas une pathologie+"
Telle est l’une des phrases savantes qu’un conseiller a glissé dans le discours que Sarkozy a prononcé récemment au Puy en Velay. Elle est bien drôle car une telle citation fait penser à celle qu’un cancre a achetée pour trois chewing-gums et a placée dans sa copie pour faire croire à l’examinateur qu’il a un jour ouvert un ouvrage de Lévi-Strauss.
En plus, cette phrase, extraite de son contexte peut tout dire et son contraire. Car si l’identité n’est pas en soi une pathologie, on ne peut nier qu’il existe des personnes qui se sont construit une identité pathologique. Sarkozy en sait quelque chose, lui qui a si peur de la folie qu’il tente de transformer les lieux de soins psychiatriques en bagne. Il aura beau faire, ce n’est pas ainsi qu’il jugulera sa propre folie.
C’est vrai qu’un malade mental peut être fascinant. La preuve, une majorité des français qui ont voté pour lui, c'est-à-dire une minorité, lui ont confié les rênes de l’Etat ! Vont-ils réitérer ? Ça n’aurait rien d’étonnant, il est si difficile de reconnaître ses erreurs. N’empêche qu’il prend peur, et ses fidèles avec lui, ils ont tant à perdre. Il prend peur de voir qu’une Marine Le Pen fait encore mieux que lui dans la haine de l’autre, de l’étranger, du musulman, du bicot.
Et cet homme qui n’a sans doute jamais tant mis les pieds dans une église que depuis qu’il est président, s’en va faire son petit pèlerinage. L’Elysée vaut bien une messe, n’est-ce pas.
Et je me suis demandé ce qu’a dû penser le gamin Sarkozy de cette petite phrase que serinaient les manuels d’Histoire : « Nos ancêtres les Gaulois ». Je suis allé sur Internet pour en trouver l’origine et suis tombé sur un ouvrage qui me paraît génial : « Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises » de François Reynaert. Les critiques, élogieuses, précisent que l’auteur tord le cou à des tas de clichés du type « Clovis, fondateur de la France chrétienne », Clovis étant considéré autant allemand que français. La lecture de ce livre devrait permettre aux plumes de Sarkozy de limiter leurs bêtises et de ne plus faire appel à Clovis pour venir à son secours, comme dans son sermon au Puy.
Je crois, avec les spécialistes, que c’est la diversité d’origines de gens qui ont au cours des siècles ont peuplé l’espace de ce qui est aujourd’hui la France qui en fait la richesse. Ce n’est donc pas le fait que Sarkozy soit un émigré de première génération, hongrois par son père et grec par sa mère, qui soit gênant, ou qu’il soit en partie d’origine juive megorach, converti au catholicisme par la suite, mais ce qui pose problème, c’est que cette diversité d’origine semble avoir causé chez le petit Nicolas de graves troubles de personnalité. Un français de souche n’éprouve pas le besoin de proclamer sans cesse : je suis français, je suis français ! et en prime, je suis chrétien. S’il en était si sûr, il n’en ferait pas sans arrêt une question nationale.
Ce qui explique sans doute davantage la fragilité de la personnalité de Sarkozy, c’est le fait que son père soit issu d’une famille qui a fricoté avec les nazis et a fuit pour cette raison l’occupation russe, mais aussi que cet homme, théoriquement sans le sou en arrivant en France, ait vécu d’expédients.
Autrement dit, Nicolas Sarkozy, mal dans sa peau, malingre, filou, sans scrupule, s’est battu, bec et ongles, pour être reconnu, vrai français, et enfin « grand » malgré sa petite taille. Quelle réussite ! Oui il peut en être fier.
Malheureusement pour lui, et surtout pour nous les français, sa petitesse ne cesse de transparaitre. Il y a eu certes le « casse-toi, pauvre con ! » qui a révélé son niveau de vocabulaire, mais aussi toute les goujateries qui surgissent au détour d’un lieu sacré, comme aux Glières, son absence de culture, ou simplement d’éducation. Mâcher du chewing-gum lors d’un entretien officiel avec le maire d’Ankara, ainsi que nous l’apprend Philippe Biger, nous, les français de souche ou d'ailleurs, ne pouvons qu'avoir honte. (Retrouvez les billets de Philippe Bilger sur son blog Justice au singulier)