L’autoritarisme révèle une absence d’autorité »

Monsieur Macron a eu très peur. Certains journaux (pour moi, « le Monde » et  la consultation d’Internet) en ont rapporté les réactions de panique. Il est vrai qu’assister en effigie à sa propre pendaison ou à son bûcher, ne pousse pas à y voir des manifestations d’affection. Mais cette haine manifeste était très minoritaire chez les Gilets jaunes. Car au départ, il s’agissait uniquement d’une demande d’écoute de leurs grandes difficultés à vivre. Si les attitudes se sont durcies, c’est à cause de la morgue et du mépris de Macron.

« L’ordre républicain sera assuré sans complaisance car j’attends de chacun ce respect indispensable à la vie en société. » dit-il dans son discours des vœux. Or son rejet des autres constitue l’essence même de sa personne à tel point qu’il ne se rend pas compte des insultes qu’il profère. « Vous cherchez du travail, dit-il aux chômeurs, il vous suffit de traverser la rue ! » L’homme n’imagine pas une seconde que c’est à lui à traverser la rue, non pour persuader les autres de la grandeur de ses projets, mais pour les écouter, d’écouter ces mots qui disent leur détresse. Il les entend sans doute mais sans que ces appels au secours, désespérés, n’atteignent son cerveau et ne touchent son cœur.

Macron, dans son discours des voeux, rappelle que seuls ses paroles et actions sont légitimes carlui, il a été élu, déniant ainsi la valeur et le poids des paroles spontanées de gens qui ne représentent qu’eux-mêmes faute d’élus vivant leur misère et défendant leur cause. Nous vivons un problème de « représentation  électorale » à tout niveau, y compris le plus élevé.

Beaucoup de citoyens à présent remettent en cause la légitimité de la dernière élection présidentielle, se rendant compte que celle-ci a été faussée par une stratégie élaborée de longue date et une tactique financée par les deniers publiques et non déclarée.

Monsieur Macron, permettez-moi de vous dire qu’entre votre parole douteuse et celle d’une seule « gilet jaune », c’est celle-là que j’entends et qui donne un sens au jour d’hui aux troubles que nous connaissons.

 

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