jean-marie charron (avatar)

jean-marie charron

retraité

Abonné·e de Mediapart

993 Billets

0 Édition

Billet de blog 5 avril 2011

jean-marie charron (avatar)

jean-marie charron

retraité

Abonné·e de Mediapart

Laïcité

jean-marie charron (avatar)

jean-marie charron

retraité

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le grand âge a du bon. Il rime avec « Sage ». Pas une question de vertu, de mérite, ou d’une quelconque ascèse. Non, il vous tombe dessus, que vous le vouliez ou non, avec l’empilement des ans. Alors il vous oblige à renoncer à l’immortalité, celle que vous viviez à vingt ans, avec plein de projets que vous lanciez au gré de vos rencontres. A renoncer à l’immortalité de vos amours fougueux qui vous faisaient courir le monde et entretenir les braises de passions si violentes qu’elles vous brûlaient les lettres. Il vous oblige, ce grand âge, à relativiser l’importance d’une profession dont la science et la générosité devaient changer le monde.Il vous permet, ce grand âge, de considérer la passion religieuse avec plein d’indulgence.En fait, ce grand âge vous rend plus lucide et plus compréhensif.Ainsi ce grand âge me rendrait presque sympathiques ces gens qui, empêtrés dans leurs convictions religieuses, tentent de soumettre le concept de « laïcité » à leur désir de tenir à distance ceux qui ne partagent pas leur croyance.Ils sont touchants, ces gens.Et je crois les comprendre. Pour moi, ce sont de grands enfants, des adultes immatures, qui ont certes grandi en taille, et en sciences savantes, mais qui restent accrochés au sein de leur maman.Comment ne pas goûter la beauté d’un chant grégorien, ne pas se laisser éblouir par les vitraux de Chartres, ne pas humer avec délices l’encens de l’enfant de chœur, ne pas vibrer aux grondements du grand orgue s’enfuyant avec Bach !Oui, pour moi aussi, ces souvenirs me disent mon enfance, mon innocence perdue, la lumineuse vertu de mes illusions passées.Sauf que moi, je ne crois plus en Dieu.Peut-être qu’eux non plus d’ailleurs. Peut-être que ce n’est pas l’idée de Dieu qu’ils défendent, pas plus que celle du Père Noël, mais simplement le souvenir d’un doux passé, confortable et moelleux, qui ne doit, en aucun cas bouger. Ce serait les tuer.Peut-être que leur Dieu, avec ou sans la Trinité, n’est pour eux qu’un étendard qu’ils brandissent pour rassembler leur troupe et partir à l’assaut de la horde des maures.Et pourtant je comprends que l’existence de Dieu, qu’il s’appelle Jésus, Yahvé, Allah, Gamesh, soit nécessaire au désir de cohérence de l’esprit humain, une nécessité quasi cartésienne de l’existence de l’univers, selon le principe de causalité. Vient renforcer cette exigence le sentiment profondément enfoui, innommé, du tout petit « infans », non parlant, face à l’adulte immense, tout puissant, redoutable, protecteur.Si cette nécessité d’un dieu, quasi universelle, aide les humains à vivre, pourquoi pas ! Si elle aide les humains à « s’aimer les uns les autres », alors tant mieux !Mais si elle n’est que prétexte à rejeter l’autre, l’incroyant, le mécréant, l’infidèle, alors non ! Je préfère substituer à la Bible, au Coran ou autre texte ou message sacré la déclaration des Droits de l’homme, et pour la France, la loi de 1905 sur la laïcité.Tout simplement !

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.