Vous parlez de Hamon bashing ?

 Pauline Graule, analysant, chez Médiapart, les raisons de la solitude de Benoît Hamon à l’entrée en campagne des européennes, arrive à parler du « Hamon Bashing ». Elle est sans doute bien placée pour constater que beaucoup de chroniqueurs, de rivaux politiques, sont tout heureux de s’abandonner au subtile plaisir de la curée dès qu’une personne montre des signes de faiblesse, tentation banale en toutes situations. Mais dépassant ce constat elle essaie de comprendre la part que peut y prendre le personnage politique. Nul n’est parfait et Hamon fait, selon moi,  partie de ces rares personnes qui n’hésitent pas à reconnaître ses faiblesses, quitte même à en rajouter et donner l’impression, hors discours, de quelqu’un d’hésitant.

Ainsi j’ai cru comprendre que sous beaucoup de critiques, perçait comme un regret, une déception de risquer de voir un homme de talent et qui, chose rare, ne parle pas langue de bois, se faire éliminer de la lice politique.

Pour moi, ce serait très dommage. Je l’ai soutenu depuis les présidentielles et espère continuer à l’accompagner de mes votes, car je trouve ses idées audacieuses, inédites et claires, et je comprends qu’elles effraient les conservateurs et les frileux. Et autre qualité que je lui accorde c’est son désintéressement : Il ne me semble pas carriériste.

Autrement dit, je serais très déçu de voir éliminée des joutes politiques une des rares personnes compétentes et honnêtes.

Hier soir j’ai suivi avec beaucoup de difficulté parce que sourd et pourtant appareillé, et jusqu’à la fin, le débat sur Télé 2.

Et là, pas photo ! Ce que j’ai pu saisir des idées des personnes m’ont permis, comme par hasard d’adhérer et même de trouver sympathiques, les personnes ouvertement de gauche. Manon Aubry m’a rassuré quant à la relève dont elle me paraissait être le symbole, tout en regrettant qu’elle porte l’étendard de  J.L.Mélenchon. Le jeune homme du PC qui remplissait courageusement, avec talent et audace, la difficile mission qui lui était confiée. J’ai découvert avec un grand plaisir Raphaël Glucksmann, et j’ai retrouvé le  Benoït Hamon qui parle avec autorité.

Pour les autres divers droite, ils ont certes bravement tenu leur rôle, mais j’ai vraiment eu le sentiment qu’ils nous servaient  des plats congelés, réchauffés à la va vite.

Par contre, j’ai eu l’impression de découvrir un homme au nom connu, Yannick Jadot, mais dont j’ignorais tout de la personne. Il aurait dû m’être sympathique, bien qu’ayant perdu lors de ses pérégrinations la rigueur des objectifs à poursuivre, mais ce qui m’a heurté, ce sont les images que de temps à autre, la caméra saisissait : il avait pour les autres (et ça ce n’est que mon impression) une attitude méprisante pour certains. Pour moi, c’est rédhibitoire. J’ai mieux compris pourquoi je n’étais jamais parvenu à m’approcher de « Europe écologie-les verts » alors que leurs objectifs me semblent essentiels. L’impression que leur parti louvoyait en permanence à la suite d’apparentes incompatibilités.

Ce que ce débat m’a permis de saisir, c’est l’immense difficulté à trouver un minimum de cohésion et de cohérence d’une Europe aussi diverse, alors qu’il semble déjà si difficile de se parler à douze et dans une même langue.

Moi qui, enfant,  ai baigné dans l’eau trouble et agitée de l’après guerre de 14, qui ai, adolescent, vécu dans ma chair, et pourtant bien moins que tant d’autres, les affres d’une guerre mondiale, j’appelle de tous mes vœux une Europe enfin unie.

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