Question de représentativité

La grande plaie de notre très imparfaite démocratie française est celle du manque de représentativité des élus.

Si la nouveauté par rapport à la composition de la précédente chambre est la présence de ses seize agriculteurs, répartis il est vrai, sur deux seuls parti de droite, l’autre nouveauté consiste à constater que cette fois il n’y a plus un seul « ouvrier ». Cette profession s’est volatilisée, du moins à l’Assemblée. ! N’y aurait-il plus en France de personnes dignes de porter ce titre ?

Par contre, les CSP + (catégories socioprofessionnelles favorisées) sont, elles, toujours aussi majoritaires. Or tout le monde n’a pas la carrure de Jaurès et se trouve capable de s’identifier aux personnes vivant sous le seuil de pauvreté, de porter leur paroles, de faire connaître leurs souffrances et de risquer sa vie pour elles.

Cette question du manque de représentativité des élus devrait nous interpeller violemment, elle n’est pas anodine et explique la révolte des gilets jaunes. Non seulement personne à la tête de l’Etat n’est en mesure de les considérer dignes d’intérêt mais le Pouvoir actuellement en place ordonne de les tirer comme des lapins, les blessant à vie physiquement mais aussi citoyennement.

Cette nouvelle chambre  dont « La République en marche » avait sélectionnés les candidats en fonction de leur pedigree et de leur adhésion aux idées du Maître, vont-ils parvenir à penser par eux-mêmes et à entendre le peuple ? L’avenir pourra-t-il nous surprendre. En attendant de le savoir, il peut être intéressant de lire l’enquête du Monde sur l’identité de nos nouveaux députés.

 https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/06/26/quelles-professions-exercent-nos-deputes_5151288_4355770.html

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