Enfants, avec Pierre, mon copain, nous couvrions des feuilles et des feuilles à dessiner des indiens, et dans les histoires que nous jouions, nous nous battions bien sûr au côté des indiens, les opprimés. Pierre a continué à dessiner et peindre, il est devenu un artiste apprécié, Pierre Jacquot, et moi, je suis resté au côté des indiens.En consultant Wikipédia, j’ai appris que « Géronimo » est entré en révolte après le meurtre de sa mère, de sa femme et de ses trois enfants par les militaires mexicains, et qu’ensuite il a continué le combat contre les troupes américaines qui déportaient ses congénères. Il se révéla habile stratège et courageux combattant.Je ne sais ce qui nous a poussés, enfants, à prendre avec passion fait et cause pour les indiens, mais notre choix était sage, découvrant par la suite que les anglais, sous le commandement de Lord Jeffery Amherst avait organisé la première guerre bactériologique en distribuant aux populations indiennes des couvertures contaminées par la variole. C’est ce même général, anobli pour ses faits d’armes, qui ordonna à un de ses soldats, hésitant, d’embrocher un nourrisson, car : « les lentes donnent des poux ! ». Cette violence reprise par les troupes américaines s’organisa en un génocide des peuples indiens.Alors quelle idée a poussé les autorités américaines à désigner leur cible Ben Laden du nom de Géronimo ?Est-ce par hommage, pour saluer l’habileté et le courage du stratège ? Ou n’est-ce pas plutôt parce que, pour l’américain moyen, l’indien reste un être méprisable, un sous-homme, un peu comme l’arabe ou le noir pour bon nombre de français aujourd’hui. Ou, comme lorsque j’étais enfant, l’apache était synonyme de voyou. Ce qu’on appelle aujourd’hui la racaille ? Quant à moi, je suis choqué que Ben Laden, qui utilise sa religion comme vecteur de haine, puisse être comparé à Géronimo. Touchez pas à mon pote !
Billet de blog 9 mai 2011
Géronimo
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