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Billet de blog 10 août 2011

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Actionnaires contre salariés

Je poursuis en un second chapitre ma lecture du Manifeste rédigé en septembre 2010 par quatre économistes qui dénoncent l'aberration de l'omnipotence du capitalisme financier.

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Je poursuis en un second chapitre ma lecture du Manifeste rédigé en septembre 2010 par quatre économistes qui dénoncent l'aberration de l'omnipotence du capitalisme financier.

Poursuivant ma lecture du « manifeste » des économistes aterrés, j'en arrive à la deuxième fausse évidence dénoncée: non, les marchés financiers ne sont pas favorables à la puissance économique. La propriété capitaliste, unifiée et centralisée à l’échelle mondiale, a acquis une telle puissance qu’elle est désormais la seule à déterminer les normes de rentabilité qui méritent investissement. Or la norme de rentabilité étant de 15 à 25%, entreprises et salariés sont tenus de satisfaire les actionnaires, sinon ceux-ci attribuent leurs liquidités à d’autres. Auparavant les actionnaires finançaient les projets d’entreprises, à présent ce sont les salariés et les entreprises qui doivent financer les actionnaires.Auparavant les actionnaires s’intéressaient au résultat du travail des salariés, les soutenaient dans leur effort que récompensait un salaire juste, aujourd’hui, les actionnaires ne songent qu’à un profit substantiel, au détriment souvent de ceux qui travaillent.Auparavant, les patrons cherchaient à développer leur entreprise mais ne pouvaient le faire qu’en accord avec leur personnel, et en principe chacun y trouvait son compte, à présent, les patrons cherchent à tout prix le rendement de leur entreprise dans le seul but de satisfaire les actionnaires. Ainsi ils ont changé de camp, d’autant plus facilement qu’ils sont directement rémunérés par les financiers et touchent des sommes souvent faramineuses.La conséquence de ce fonctionnement fondé sur l’enrichissement des actionnaires est que seuls les projets estimés financièrement rentables sont soutenus, et ce, au détriment de tout autre projet, peut être indispensable. Salariés et politiques sont écartés des prises de décision. Les salaires diminuent, le pouvoir d’achat diminue, le chômage s’amplifie, le climat social se dégrade. Les pays anglo-saxons pallient à ces défauts en favorisant le crédit, en faisant que ménages et états s’endettent davantage et vivent au-dessus de leurs moyens. Ils en paient aujourd’hui la facture.Les EA proposent pour atténuer les effets destructeurs du système : 5. De favoriser les contrepouvoirs au sein de l’entreprise. 6. D’imposer fortement les hauts revenus. 7. De favoriser par un crédit à taux préférentiel les activités d’intérêt public, social et environnemental.Le pifomètre comme outil d’appréciation des opérateurs de marchéLes EA estiment que les marchés sont de très mauvais juges de la solvabilité des Etats Les opérateurs de marché dont le but, rappelons-le, est de faire le maximum de profit, évitent de prendre des risques inconsidérés. Aussi, avant de souscrire à un emprunt d’Etat qui serait censé leur rapporter beaucoup, ils doivent estimer la solvabilité de l’état en question. Or, bien que l’efficience des marchés soit totalement aléatoire, car déconnectée de la vie réelle, les opérateurs calculent la situation des finances publiques du pays ciblé. Cette estimation sera tenue pour aussi objective que s’ils avaient à peser au gramme près une poignée de haricots. A partir d’un ensemble de données financières, ils imaginent le destin de leur investissement. Si ce destin leur apparaît favorable, ils investiront, sinon, ils se retireront ou le feront payer très cher, telle une prime de risque.Or l’état de santé d’un Etat comporte tant de facteurs qu’il est déjà bien difficile de prévoir l’avenir, mais quand les données recueillies sont essentiellement financières, donc composées de chiffres qui rassurent de par leur apparente rigueur, l’objectivité du résultat a autant de valeur que celle recueillie dans le marc de café.De fait les opérateurs de marchés se fabriquent des fantasmes qui deviennent certitudes et vont leur permettre de prendre des décisions. Ça passe ou ça casse, mais ça les fait vibrer, peu importe les effets bénéfiques ou les dégâts causés. Vivant en vase clos, ils n’en sauront rien. « Ainsi les agences de notation financières contribuent largement à déterminer les taux d'intérêt sur les marchés obligataires en attribuant des notes empreintes d'une grande subjectivité voire d'une volonté d'alimenter l'instabilité, source de profits spéculatifs. Lorsqu'elles dégradent la notation d'un État, elles accroissent le taux d'intérêt exigé par les acteurs financiers pour acquérir les titres de la dette publique de cet État, et augmentent par là-même le risque de faillite qu'elles ont annoncé. » Les EA prônent deux mesures pour atténuer les risques d’une telle pifomètrie : 8. Limiter le pouvoir des agences de notations financières.

Mesure n°8bis : affranchir les États de la menace des marchés financiers en garantissant le rachat des titres publics par la BCE.

9. exiger la transparence de leurs calculs. Sur le Web : economistes-atterres.blogspot.com.

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