Normal Sup est une de ces « grandes écoles » qui permettent aux personnes qui ont eu la chance, et aussi le courage, de gravir depuis toute petites les échelons du savoir, d’aller plus loin encore dans la connaissance. Il leur est offert de poursuivre leur recherche avec des chercheur-enseignants censés leur communiquer la passion de leur spécialité.
Les jeunes gens qui sont admis en ce lieu se voient chargés de l’exigent devoir de travailler dur pour contribuer à leur tour à enrichir le monde de la connaissance, et à se préparer à prendre diverses responsabilités. Ils sont donc soumis à une forte pression qu’il leur faut libérer de temps en temps sous peine d’exploser, d’où la légitime part de détente qu’ils prennent, et l’existence d’associations organisant les loisirs.
Or, un article de Renaud Février paru ces jours dans « rue 89 » sous le titre de « Sexisme, homophobie, racisme ou paillardise à Normale Sup ? » soulève une énorme question : celle de la moralité des élèves. Si les critères d’intelligence théorique semblent respectés car vérifiés plus ou moins justement depuis la maternelle, ceux de la moralité ne sont pas pris en compte. Et c’est très bien comme ça. Le flicage des « bien-pensants » est largement suffisant.
Et donc parmi les 1.000 élèves que compte l’institution, le lot de voleurs, violeurs, pédophiles, escrocs, haineux, pervers… doit représenter le même pourcentage que celui de la population globale, mais ici ils s’éclatent.
Car comme ces déviants n’ont pas les mêmes scrupules que les personnes normales, il leur est plus facile de profiter des lieux de détente, loin des yeux de leurs censeurs, pour exercer leurs vices et les imposer aux autres. Le récit de ce qui se passe lors de « fêtes » que fait le journaliste est effrayant, et surtout expose des faits d’une débilité incroyable.
Certes, ces violences inadmissibles ne datent pas d’aujourd’hui et sont considérées comme erreurs de jeunesse. Ainsi Madelin, Longuet, Novelli, Goasquen et bien d’autres militants d’extrême droite, ont été condamnés, sans que ça ne les empêche de prendre des responsabilités politiques.
Ça n’est pas une raison pour considérer comme normal le comportement de ces voyous d’aujourd’hui. Certes chacun de ces malades, pris individuellement, est peut-être inoffensif, ayant, pour exprimer sa misère, besoin du groupe et de l’alcool, ce qu’il trouve là, et n’aura plus ailleurs, mais savoir que chacun intégrera bientôt en catimini un milieu en tant que responsable et sans avoir colmaté ses failles fait un peu froid dans le dos.