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Billet de blog 11 août 2011

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De l’art d’enrober la pilule de la rigueur

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Je poursuis la lecture du manifeste des Economistes Atterrés que je trouve de plus en plus intéressant et qui, pour moi, profane, permet de mieux comprendre les causes, prévisibles, de la crise financière actuelle.Ainsi, les EA tordent le cou à une idée fausse qui prétend que « L'ENVOLEE DES DETTES PUBLIQUES RESULTE D'UN EXCES DE DEPENSES ». NON ! affirment les EA. Cette idée lancée par Pébereau en 2005 et reprises par la plupart des éditorialistes a permis de masquer la véritable cause d’un déficit d’état croissant. Cette explosion récente des déficits d’Etat est due, non à un excès de dépenses, mais « aux plans de sauvetage de la finance et surtout à la récession provoquée par la crise bancaire et financière qui a commencé en 2008. »Cette récession provient, selon les EA, «de l’effritement des recettes publiques, du fait de la faiblesse de la croissance économique sur la période, et de la contre-révolution fiscale menée par la plupart des gouvernements depuis 25 ans. » Contre-révolution fiscale ? C’est notamment la politique fiscale menée par Sarkozy (le fameux bouclier fiscal, la création des niches fiscales, les exonérations de cotisations sociales…) qui est, en France la cause principale de la récession.« Faute d’harmonisation fiscale, les Etats européens se sont livrés à la concurrence fiscale, baissant les impôts sur les sociétés, les hauts revenus et les patrimoines » dans l’espoir de séduire les investisseurs.Les dettes publiques ont donc bon dos. On tente en en faisant la cause du marasme actuel de culpabiliser les citoyens. Or elles sont le prétexte pour faire payer au bon peuple, au prix de sacrifices exorbitants, les cadeaux faits à ceux qui profitent du système.Aussi les EA proposent-ils (mesure N°9) de « réaliser un audit public et citoyen des dettes publiques, pour déterminer leur origine et connaître l’identité des principaux détenteurs de titres de la dette et les montants détenus. » Suit alors de la part des EA la déconstruction de la fausse évidence N°5 qui veut que : « Il faut réduire les dépenses pour réduire la dette publique ». Pour les EA : « Non, il ne faut pas réduire les dépenses pour réduire la dette publique » car dettes publiques et dépenses publiques ne sont pas soumises à la même logique.Et là, il me manque des connaissances théoriques pour suivre l’argumentation des EA, je préfère donc les citer : « La dynamique de la dette dépend en toute généralité de plusieurs facteurs : le niveau des déficits primaires, mais aussi l’écart entre le taux d’intérêt et le taux de croissance nominal de l’économie. » Je les crois sur parole. Par contre, je comprends mieux les EA lorsqu’ils expliquent que « le taux de croissance de l’économie lui-même n’est pas indépendant des dépenses publiques. » Ainsi investir dans des secteurs tels que l’éducation, la santé, la recherche, les infrastructures…c’est parier sur l’avenir et stimuler l’économie. Il existe donc de « bonnes dépenses publiques » qui favorisent la croissance. Alors que les coupes sombres budgétaires imposées drastiquement à ces secteurs non seulement détruisent des pans entiers de notre économie, mettent plus de chômeurs à la rue et compromettent l’avenir, mais de plus ces mesures destructrices ne réduisent en rien la dette publique. Le chacun pour soi des pays européens ne fait qu’aggraver la situation et seuls les investisseurs en profitent.D’où les mesures proposées:

Mesure n°10 : Maintenir le niveau des protections sociales, voire les améliorer (assurance-chômage, logement…) ; Mesure n°11 : accroître l'effort budgétaire en matière d'éducation, de recherche, d'investissements dans la reconversion écologique... pour mettre en place les conditions d'une croissance soutenable, permettant une forte baisse du chômage.

De l’art de culpabiliser les parents (modestes)Dire, comme les pouvoirs publics le chantent pour justifier leur politique, que « la dette publique reporte le prix de nos excès sur nos petits enfants » constitue pour les EA la FAUSSE EVIDENCE N° 6. Cette tromperie repose sur la confusion volontaire entre économie familiale et macroéconomie.La dette publique est en effet un mécanisme de transfert de richesse, non au détriment des générations futures, mais surtout un transfert de richesse des contribuables ordinaires vers les rentiers.En effet, c’est parce qu’une croyance (une idée donc non vérifiable) a surgi aux USA dans les années 80 et a été adoptée par les états européens selon laquelle une réduction d’impôts encouragerait la croissance économique, que l’on s’est mis à exonérer d’impôts les bénéfices des sociétés, les revenus des particuliers les plus aisés, les patrimoines, les cotisations patronales. Ce faisant, on a accru les inégalités sociales, diminué les recettes d’état, augmenté les déficits publics.Les ménages aisés ont pu alors, avec les économies permises par la réduction de leurs impôts, acheter les titres porteurs d’intérêt émis par l’Etat pour rembourser les dettes provoquées par la réduction des impôts. Autrement dit, grâce à la réduction de leurs impôts, les personnes aisées disposent d’un argent superflu qu’ils placent en bons du Trésor dont les intérêts perçus sont financés par les impôts de tous les contribuables. Cela revient à dire que la redistribution des richesses, en France, va des classes populaires vers les classes aisées.On marche sur la tête !Et là où réside le génie des politiciens est de faire croire que la dette (40 milliards d’euros par an en France) est creusée par les fonctionnaires, les retraités et les malades !D’où, ce que proposent les EA :

Mesure n°12 : redonner un caractère fortement redistributif à la fiscalité directe sur les revenus (suppression des niches, création de nouvelles tranches et augmentation des taux de l'impôt sur le revenu…) Mesure n°13 : supprimer les exonérations consenties aux entreprises sans effets suffisants sur l'emploi

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