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Billet de blog 13 février 2012

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L’amour est enfant de bohème

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Et voici que de nouveau vient la saint-Valentin !

Jour bienheureux dédié aux amants, oui ou non officiels.

Quelle joie de pouvoir célébrer cette merveilleuse période qu’est celle de la passion amoureuse, qui veut que l’Autre soit l’unique.

Avant que  d’être souvent l’inique.

Il faut en profiter de ce moment intense où tout est chamboulé. Où les priorités s’effacent devant une seule vraie : l’envahissement par l’autre de ce qui était sa vie.

Plus rien d’autre ne compte que l’existence de cet être tant aimé. Pas même sa propre vie. Chacun consume et consomme l’autre au sein d’une fournaise dont on sort épuisés, hébétés et perdus.

Période folle à l’intensité démesurée, unique peut-être bien, au moins jusqu’à la prochaine, jusqu’à la prochaine Saint-Valentin.

A moins que cette parenthèse ardente ne se transforme en un sage contrat devant un notaire et devant Monsieur le maire. Tout ça pour garantir la transmission des biens, dont les enfants à venir, ou présents comme témoins, puis, éventuellement, devant un dieu éternel qui garantit l’immortalité d’un contrat qui, rompu une fois sur deux par l’usure du temps, n’arrive pas à terme.

Alors la Saint-Valentin devra être, au moins pour une journée, témoignage d’affection, de tendresse, d’amitié, ou bien même occasion de faire comme si, comme si c’était encore et n’est plus qu’un souvenir, une sorte de linceul à un amour défunt. Ou même -ça s’est vu- l’occasion d’avouer à un confident patenté sa culpabilité, son manque d’amour de l’autre : « Bénissez-moi mon Père, parce que j’ai péché : Mon Père, je m’accuse de ne pas aimer ma moitié et c’est insupportable » et l’autre de répondre : Il n’est pas, mon enfant, de plus bel amour que d’aimer une personne qu’on n’aime pas ! » Le comble !

J’ai même connu un homme qui, ayant avec ses semblables quelques difficultés de communication, ne trouvait que sa chienne avec qui faire la preuve de sa virilité. Peut-être qu’à la Saint Valentin il lui offrait un bel os. Combien de cadeaux vont ainsi s’échanger pour sceller des vies de chiens ?

Guéant qui, comme chacun sait, est branché sur un cerveau annexe, ambulant, certifié philosophe, (Yves Roucaute pour l’instant) pour faire croire qu’il pense, a dit que  « toutes les civilisations ne se valent pas ». Oh quelle sage pensée ! Pour le coup, je serais bien d’accord avec lui. Effectivement, celle que Guéant, avec Sarkozy, prône, me paraît une des pires. Celle du mépris de l’Autre, de l’étranger, du pauvre, du petit, de la femme. Il tente d’installer ce que l’autre appelle « mes valeurs pour la France » une civilisation qui bafoue Droits de l’homme et valeurs de la République car soumet les humains à l’Argent

Je rêve d’une civilisation autre, qui existe, mais qui, ultra minoritaire, disparaitra sans doute bientôt, celle des Mosos, en Chine.

Est-ce que dans ces régions, le milieu de l’hiver est fêté comme chez nous, avec une St Valentin, héritière des fêtes païennes ?

Chez les Mosos, l’homme, le mâle, y a toute sa place : il veille sur sa famille, celle de sa mère, de ses sœurs, de ses nièces, et sur l’éducation des enfants. Mais il n’est le mari de personne et la femme n’est pas sa propriété comme chez nous, pas plus que les enfants. Ceux-ci appartiennent à une lignée matriarcale et peuvent y grandir harmonieusement, sans père. D’ailleurs le mot « père » n’existe pas dans le vocabulaire moso. Ça n’empêche aucunement à chacun de tisser des histoires d’amour, mais qui n’ont rien à voir avec la famille. Sans doute ont-ils une manière de St Valentin.

Voici effectivement un exemple de civilisation autre et qui, selon moi, n’est pas si mal que ça.

Alors, la saint-Valentin, ici, pourquoi pas.

Mais les amoureux, les vrais, n’ont pas besoin de ce jour pour se dire leur passion. Quant aux autres, ça peut être l’occasion de souffler sur les braises et ça réchauffe un peu, ce qui est appréciable en ces temps de grands froids et de basse politique. Quant à ceux pour qui le mot « amour » n’a pas ou plus de sens, ça permet un geste de civilité, ou bien d’hypocrisie, pour tenter de nier un  quotidien d’insultes, de mépris, voire de coups.

Et puis, ça fait marcher le petit commerce, celui des fleuristes, car allez donc me cueillir ne serait-ce qu’une rose par ces temps de grand gel.

Quant au commerce du luxe, celui de la joaillerie ou de la parfumerie ou de l’automobile ou autres futilités, il a vu ces années, en France, croître sa clientèle. Peut-être même permettra-t-il ailleurs, à un Bachar el Assad par exemple, d’offrir un luxueux parfum à sa si chère et distinguée Asma. Celle-ci appréciera alors la délicatesse de son si tendre époux qui tente de lui masquer l’odeur du sang et des corps calcinés de ses concitoyens.

Mais nous, les petits, les sans grade, avec nos cadeaux à quat’ sous, ne boudons pas notre plaisir, et vive la St Valentin !

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